Rêveries d’un promeneur solidaire. Vagabondages imaginaires autour d’un nouveau siècle

Jean CORNIL

 

UGS : 2006041 Catégorie : Étiquette :

Description

« Deviens ce que tu es »

Longtemps j’ai hésité à replonger… à reprendre la plume… à laisser des traces, aussi fugaces et légères soient-elles, à transmettre bien humblement des pensées qui me traversent, des notes de livres dix fois rouverts, des mots d’auteur qui me bouleversent, des impressions, denses ou d’écume, qui se sont logées bien au fond d’un coin de mémoire.

Penser sa vie et vivre sa pensée, ainsi qu’André Comte-Sponville définit le cheminement philosophique. Exercice infini et exaltant, au risque des lieux communs, des platitudes ou de la sécheresse d’un slogan, au risque aussi, peut-être si les cieux me sont favorables, par-ci d’une idée moins prosaïque, d’une émotion bien mise en relief, d’une analyse avec quelque profondeur, par-là d’une indignation trop sincère ou d’un émerveillement adolescent… Vagabondages dans les imaginaires d’un nouveau siècle, à l’orée d’un millénaire… et à l’ombre du précepte ambivalent de Pindare sur le devenir de chacun.

« Cosmopolitiques pour sans-papiers »

Froid sec et ensoleillé d’un samedi bruxellois entre Nord et Midi. Sans cesse, sans fin ?, la cause des sans-papiers, ces damnés de la terre, sans droits ni lois, habitants des souterrains d’une société opulente et satisfaite d’elle-même. Mémoire de ces mois de l’hiver 2000 où une loi providentielle, celle du 22 décembre 1999, permettait la « régularisation de certaines catégories d’étrangers ». Mémoire de ces hommes, de ces femmes et de ces enfants, meurtris par des souffrances parfois inouïes, tremblant dans l’ombre de nos rues quand pointe un gyrophare, qui ont pu recouvrer un peu de sérénité et d’avenir. Générosité d’une démocratie accomplie. Puissent ces moments d’intense fraternité revenir ! C’est pour ce faire que j’ai déposé en 2001, puis en 2003, des propositions de loi, complétées et amplifiées par d’autres parlementaires de gauche, qui visent à déterminer comme critères pour régulariser les étrangers en séjour illégal la jurisprudence de la Commission instituée en 1999. Pour limiter le pouvoir discrétionnaire de l’Office des Étrangers. Pour garantir un traitement équilibré, fin, complexe, avec toutes les nuances nécessaires à la prise en compte de ces détresses humaines. Pour supprimer le délit de solidarité avec les sans-papiers.

Je relis les beaux passages de l’ouvrage de Christian Delacampagne La philosophie politique aujourd’hui sur le droit cosmopolitique imaginé par Emmanuel Kant en 1784 où il érige un statut de simple citoyen du monde qui permettrait aux immigrants de jouir d’un droit à l’hospitalité, « en vertu du droit de la commune possession de la surface de la terre ». Les hommes collectivement propriétaires de notre modeste planète, dont plus que jamais aujourd’hui les limites et « la finitude » des ressources constituent les contraintes déterminantes de notre horizon. Fulgurantes prémonitions du philosophe des Lumières qui, déjà, rêvait d’un droit international capable d’instaurer « une paix perpétuelle ».

Et Jacques Derrida, dans un petit livre publié en 1997, Cosmopolites de tous les pays, encore un effort ! d’appeler à ouvrir des « villes-refuges » partout dans le monde. Droit et devoir d’hospitalité. Attribuer des droits aux êtres humains, simplement parce qu’ils sont des êtres humains, et non sur base d’une nationalité, d’une origine ou d’une ascendance. Ébauche d’un vrai droit cosmopolitique face à tant de frontières, mentales et physiques, à abattre. Le chemin, et les combats, comme le prouve aujourd’hui la situation des sans-papiers dans notre petit royaume, en sont à leurs balbutiements.

Abdelmalek Sayad enfin. Le penseur, disparu, qui m’a le plus marqué dans les milliers de pages que j’ai lues sur l’altérité. « Immigration et pensée d’État », article vertigineux paru dans les Actes de la recherche en sciences sociales. Directeur : Pierre Bourdieu. « La présence immigrée est toujours une présence marquée d’incomplétude, présence fautive et coupable en elle-même ». Elle est, au fond, une délinquance en soi, une faute première du seul fait de sa présence en terre d’immigration ». Elle perturbe l’ordre national qui marque nos catégories mentales. Saurons-nous un jour nous arracher à « cette forme d’intégrisme, universellement connu et universellement cultivé et magnifié, l’intégrisme national » ?

« Deux jours à Bucarest »

Premiers émois de la Roumanie. Combattre les clichés, dus à ma méconnaissance de l’Europe orientale, d’un peuple rude et ombrageux. Certes les aphorismes tranchants d’Émile Cioran, les chants de George Enesco ou les mythes déconstruits par Mircea Eliade accompagnent depuis longtemps mes humeurs au gré des jours. Mais quand même, je suis resté trop figé sur Vlad « Dracul » l’Empaleur, les corps d’Élena et de Nicolas fusillés « à la va-vite », voire les carcasses fiévreuses des migrateurs à l’embouchure du Danube. Sans cesse me défaire de mes préjugés. De mes images trop simples qui voilent un pays, un peuple, une culture. De ces stéréotypes, souvent proches de la xénophobie, qui me rassurent et me cachent la complexité du réel.

Air sec et ciel lumineux par moins dix degrés. Hommes et femmes, parlant parfois admirablement le français. Désir émouvant et détermination farouche de rejoindre l’Union européenne l’an prochain. D’en finir avec un passé d’autocrate mégalomane drapé dans l’avenir radieux. De goûter à la saveur de la prospérité capitaliste du consommateur tout-puissant. L’oppression et tant de privations, juste de l’autre côté de ce rideau de fer dissout, font oublier si vite les principes premiers du marxisme et les rêves d’égalité. Le grand soir s’appelle Bruxelles et la libre circulation. Au nom de quelles valeurs leur refuserait-on de croire à la voie royale de l’enrichissement indéfini ? Et, en Commission des relations extérieures du Sénat, Monsieur l’Ambassadeur évoquait ses grands-parents qui avaient attendu toute leur vie les Anglo-Américains ! Cela mérite bien de lutter sérieusement contre la corruption ou d’offrir un peu de dignité aux Roms. Et puis, la mer Noire qui gèle… ou les sonates pour violon et piano de Robert Schumann à l’Opéra de Bucarest…

« Facilitateur active chômeur point com »

Il y a deux années, les pouvoirs publics entendaient « accompagner » et, le cas échéant, sanctionner les demandeurs d’emploi qui ne manifestaient pas assez d’ardeur dans leur volonté de réintégrer la sphère du travail. Un pas supplémentaire vers l’horreur économique et la marchandisation du monde. L’État se devait d’être actif ! Comme si, en deux siècles d’âpres luttes du mouvement ouvrier pour bâtir une sécurité sociale, devenue presque un modèle chez nous en regard des abyssales inégalités qui minent les autres continents, il avait été passif ! Impitoyable avancée de la pensée libérale qui contractualise la solidarité et fait peser la responsabilité du chômeur de plus en plus sur ses frêles épaules. Le couperet tranche José Garcia.

Mais ouf ! Je me rassure. « L’activation » par les « facilitateurs » ne serait pas devenue la grande épuration tant redoutée. « deux pour cent des chômeurs sont punis » et « les deux tiers des sans-emploi cherchent activement un job » titre un quotidien. Augmente-t-on pour autant les chances de trouver un emploi ? Jean-Claude Guillebaud dans son livre La trahison des Lumières – Enquête sur le désarroi contemporain cite la formule « claire et nette » de Denis Olivennes, au milieu des années nonante : « le chômage n’est pas un problème, c’est une solution ». Ce fut – c’est ? – un choix « délibéré et collectivement assumé ». Un consensus inégalitaire. La France connaît ce paradoxe : le chômage s’accroît vite, mais les salaires réels plus vite encore. Réguler la crise par l’emploi plutôt que par les revenus ? Et en particulier les hauts revenus. Fraude sociale versus fraude fiscale ?

En ce long hiver, un petit matin où s’arracher de son lit demande un véritable effort physique, je lis, encore endormi, à la une de mon journal – la prière de l’homme moderne selon Hegel – les résultats financiers des grandes banques belges. Le réveil est brutal. Longue vie au capitalisme ! Longue vie aux facilitateurs !

« Vingt-quatre ans après à Varsovie »

En avril 1982, quelques mois après la prise de pouvoir autoritaire du général Jaruselski, je découvre Varsovie. Images glacées des chars autour de l’aéroport et aux embranchements autoroutiers. Pas question de prononcer le nom du « petit » électricien de Gdansk. Couvre-feu. Après 22 heures, seules les patrouilles militaires paradent autour du Palais de la Culture, offert par Joseph Staline. Grandes avenues sobres et sombres, démesure des statues à la gloire du paysan et du prolétaire. Vieille ville admirablement restaurée, bordant une Vistule, ligne symbolique du drame polonais, nation-martyr, quatre fois déchirée par les impérialismes voraces des Allemands et des Russes. Après, il y aura Cracovie la merveilleuse et surtout Auschwitz, avec des survivants belges du camp. L’horreur indicible, où le sens des mots se perd devant la barbarie absolue.

Vingt-quatre ans après, en mission parlementaire, j’arpente à nouveau Varsovie. Les hauts-parleurs de l’aéroport nous charment toujours d’une nocturne de Frédéric Chopin et le recueillement devant le monument à la mémoire des victimes de l’insurrection du ghetto me serre toujours la gorge. Mais le Palais de la Culture disparaît derrière les immeubles des grandes banques internationales. Partout, enseignes, lumières, publicités agressives, néons impudiques. Le capitalisme dévore le pays du socialisme « réel ». La ville brille sous l’énergie. Ici, c’est l’argent et la consommation en règles existentielles. Se dire socialiste provoque instantanément un regard inquiet. Même si bien des gens modestes regrettent le temps d’avant. Une Pologne alignée sur l’Amérique, une autre de nostalgie où chacun pouvait se loger et s’éduquer. Un autre partage. Moins douloureux ?

Le plaidoyer pour supprimer toute restriction à la libre circulation des travailleurs au 1er mai – journée emblème des prolétaires ! – au sein de l’Union européenne se veut déterminé, vibrant, presque lyrique ! Pas de morgue condescendante des anciens du Marché commun (l’Europe c’est d’abord un marché !) envers les dix nouveaux entrants ! Un léger sentiment de supériorité de cet Ouest prospère vis-à-vis de ces « orientaux » sortis enfin de la glaciation communiste ? Mais non ! Bien sûr le « plombier polonais » – encore un mythe tenace et ravageur qui fit son œuvre un certain 29 mai 2005 – inquiète nos « concitoyens », le taux de chômage reste plus que préoccupant, vous savez, de l’autre côté de l’Oder-Neisse, ce n’est pas l’Eldorado, contrairement à ce que croient les habitants des quatre cinquièmes de la planète !

Mais vous avez compté les plaques minéralogiques de Pologne, de Hongrie ou de Tchéquie dans les avenues de Bruxelles, Madrid ou Rome ? Vous les avez observés dans les grandes surfaces à scruter, détailler, soupeser, goûter tous ces produits cosmétiques, ces sauces, ces dentifrices, ces chocolats – quelle diversité ! – Vous les avez remarqués entasser, victuailles, alcools, bières, électroménager, dans leurs vieilles camionnettes où ils dorment à six avant de gagner dès l’aube – et par n’importe quel temps ! – le chantier le plus proche. Mais, bon sang, comment peut-on être Polonais ?

« Géographismes »

Ma géographie personnelle relève de la bibliothèque. Mes racines plongent dans des textes, pas dans des sols. À l’inverse du temps et de l’espace, du moins à l’échelle humaine, les mots, donc la pensée et l’imaginaire, sont sans fin, sans limites, sans frontières. Plus que tout j’aime la liberté de l’esprit, ce continent où le soleil ne se couche jamais comme l’écrit Lucien Jerphagnon à propos de l’ancien stoïcisme. Là où vivent les livres, je suis chez moi. Symboliquement. Dévoreur boulimique de récits, d’essais, de romans, de pamphlets, ouverts, fermés, rouverts, repris dix ans après, décevants ou exaltants, je livre ici quatre enthousiasmes littéraires d’un promeneur solidaire.

Tzvetan Todorov, Les aventuriers de l’absolu. Comment vivre l’absolu ? Trois récits biographiques – ceux d’Oscar Wilde, de Rainer Maria Rilke et de Marina Tsvetaeva – de l’historien d’origine bulgare, qui entrecroise les destins de trois artistes sublimes tentés de faire de leurs vies une œuvre d’art. Follement revigorant à l’heure de l’homme moyen des démocraties-marchés et de son temps de cerveau disponible.

Dominique Fernandez, Dictionnaire amoureux de la Russie. Passionnante balade dans les infinies richesses d’une culture inquiétante, grandiloquente ou lumineuse. Pages admirables sur Leningrad résistant au prix de souffrances atroces à l’oppression nazie avant de redevenir Saint-Petersbourg. Sur Serge Prokofiev – dont je ne me lasse jamais d’écouter Alexandre Nevsky et surtout sur Dmitri Chostakovitch, à l’âme trop slave pour émigrer à l’Ouest et sanctionné en 1952 pour absence de portrait de Staline au mur de son bureau. Et Dostoïevski, Raspoutine ou Lou Andréas-Salomé… mes pas m’y guideront en mai prochain.

Jean-François Deniau Survivre. Quoi ? Un homme de droite, membre de l’Académie française, ministre de Giscard ! Et bien oui, un écrivain d’une rare subtilité – La lune et le miroir , petit bijou de malice et d’empathie – un vivant aux vies multiples, Mémoires des sept vies nous le raconte : ministre, marin, aventurier, écrivain, militant des causes humanitaires – bravant préjugés, pesanteurs et autocrates pour extraire qui d’une prison qui des griffes de fanatiques sauvages. Sa complicité avec Santiago Carillo à la mort de Franco en 1975 est stupéfiante. Et fait voler en éclats les clivages qui ensommeillent notre pensée si paresseuse. Rescapé sans cesse de la vie, je vois en lui du Marc-Aurèle, cet empereur stoïcien, guerrier le jour, philosophe la nuit, défenseur acharné des « limes » de l’Empire et se retirant dans sa citadelle intérieure pour tout simplement réfléchir loin des modes, des honneurs et du poids insupportables du quotidien.

Pour un nouvel imaginaire politique. Edgar Morin, René Passet, Patrick Viveret, Ricardo Petrella, Mireille Delmas-Marty, pour un ouvrage collectif d’une folle altitude en ces temps où la politique, réduite au « techno-économique », se limite « au pilotage de l’économie, rivée sur le taux de croissance, sorte de potion magique censée résoudre le problème de l’emploi… (…) les lois de l’histoire ne sont plus sur des rails, ni le progrès inéluctable ». J’y reviendrai, on s’en doute ! Penser le changement ou changer le pansement ?

« Et si l’aventure humaine devait échouer » (Théodore Monod)

Je tiens, et je l’espère à tort, la question du développement durable pour l’enjeu crucial de notre nouveau millénaire. Il s’agit tout simplement de la survie de la planète et donc de celle de notre espèce. « Répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs », selon la définition classique du Rapport Brundtland. Le défi le plus gigantesque, vertigineux au sens propre du terme, auquel nous soyons confrontés depuis notre apparition sur terre, il y a six millions d’années. Destin apocalyptique de l’humanité ? « Le pire n’est plus à venir, mais déjà advenu, et ce que nous considérons comme impossible est désormais certain » écrit Jean-Pierre Dupuy. « Pour un catastrophisme éclairé ». Telle est la loi de Denis Gabor : « Tout ce qui peut être fait le sera, quelles qu’en soient les conséquences ».

Bref, notre modèle de développement, fondé sur une consommation énergivore impossible à étendre à l’ensemble des humains – la fameuse empreinte écologique qui nécessite plusieurs terres pour assouvir nos besoins – doit être fondamentalement remis en question. Mon rêve d’une social-démocratie mondiale qui donnerait à chacun notre « niveau » de vie s’envole ! L’accélération fulgurante des techniques en regard du temps et du rythme des cycles biologiques produit un décalage chaque jour plus inquiétant. Edwin Zaccaï l’illustre bien dans son livre : Le développement durable. Dynamique et constitution d’un projet : « La population mondiale a été multipliée par 80 par rapport à la haute Antiquité (…) la production industrielle par 4 800, (…) la vitesse des déplacements par 35 – par terre – et par 300 – par air – (…) la consommation d’énergie fossile a été multipliée par 1000 entre 1800 et 1990… ».

Impensable de conserver cette cadence exponentielle et encore moins de la faire partager par les Chinois ou les Indiens… La planète n’y survivrait pas… Et malgré les cris d’alarme de plus en plus pressants des scientifiques… la prise de conscience est beaucoup trop lente… Comme l’indique Dominique Bourg – Les scénarios de l’écologie – le caractère planétaire des atteintes à la biosphère et la non visibilité immédiate des problèmes environnementaux modernes entretiennent l’indifférence des citoyens. Au fond, la nature s’est totalement humanisée, pour reprendre les superbes analyses d’Alain Finkielkraut – Nous autres, modernes – « Le monde n’est plus un mystère, mais un miroir ».

Face à ces constats, où tout de plus en plus nous échappe contrairement à ce que bien des responsables essaient de nous faire croire, deux réponses – je les caricature ici, car mille nuances s’y expriment – s’élaborent. L’une, prométhéenne, issu du souffle des Lumières et de la Raison, parie sur le génie créateur de l’homme qui par l’inventivité infinie des sciences et des techniques produira des solutions au réchauffement, aux trous d’ozone, à la pénurie des énergies fossiles, à la démographie incontrôlée. L’autre, précautionneux, parfois réactionnaire voire intégriste – la Deep Ecology des Anglo-saxons – parfois d’une lucidité magnifique – Le principe responsabilité de Hans Jonas – parfois encore novatrice et complexe – toutes les œuvres de Edgar Morin, André Gorz, Ivan Illich – nous engagent à penser et à agir hors de la voie royale du progrès et de l’espérance. Le panorama se veut évidemment mille fois plus varié et dense. Les débats, passionnants – entre anthropocentrisme et biocentrisme, nature objet, nature sujet, nature projet dont François Ost dresse l’état des lieux dans La nature hors la loi. L’écologie à l’épreuve du droit, écocapitalisme ou scénario autoritaire – sont les débats cardinaux du siècle qui s’ouvre. Penser hors des contraintes environnementales, hors des rapports de l’homme à la biosphère, me paraît une cécité intellectuelle majeure.

En juillet 2005, j’ai proposé une révision de la Constitution pour y inclure le développement durable comme principe général apte à inspirer toutes les politiques du pays. Le Sénat organise auditions et débats sur cette proposition. Puisse-t-on dépasser un futur de la politique qui s’arrête aux prochaines élections et un espace du politique qui transcende nos frontières, tant l’État-nation me paraît de moins en moins le référent territorial susceptible de relever les enjeux cruciaux de la modernité. Car il est plus que temps de réagir ! Hubert Reeves – Chroniques du ciel et de la vie – démontre dans une série d’articles courts et percutants – sur le cycle du carbone, de l’azote, de l’ozone… – combien l’activité humaine est trop rapide en regard du temps des phénomènes naturels et combien la première priorité doit être la réduction des émissions de gaz carbonique dans l’atmosphère. Et d’insister sur le premier pas que représente Kyoto ! « Pour freiner le réchauffement, il faudrait réduire ces émissions de plus de 60 pour cent ». On en est à 6 pour cent ! Un tout petit pas, bien trop hésitant ! Mais qui ira annoncer à nos contemporains des pays industrialisés, la nécessité vitale d’une économie de la frugalité, d’un « toujours moins », voire d’une décroissance équitable, sélective et durable… bref, d’une diminution majeure de notre empreinte écologique… pour permettre aussi l’augmentation de l’indice de développement humain (IDH) des peuples du Sud qui sombrent… ? Qui ?

« Un monde d’hommes »

Ingrid est détenue depuis quatre années…, mais Michèle arrive à Santiago…

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Informations complémentaires

Année

2006

Auteurs / Invités

Jean Cornil

Thématiques

Développement, Écologie, Immigrations / Migrations, Lutte contre la pauvreté, Travail / Emploi / Chômage

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