Pouvoir, autorité, hiérarchies : quelles limites ?

Michèle MIGNON

 

UGS : 2022009 Catégorie : Étiquette :

Description

« Chaque être est le meilleur qu’il peut être à ce moment, il doit vivre jusqu’à ce qu’il change et personne n’y pourra rien sauf lui »

Richard Bach, Un pont sur l’infini.

Il y a des siècles, dans la Grèce antique, Épictète disait : « Ce ne sont pas les choses qui troublent les hommes, mais l’opinion qu’ils en ont » et selon moi cette sentence s’applique fort bien aux trois termes que nous allons évoquer.

Pouvoir, autorité, hiérarchies… mots sulfureux qui vous donnent des boutons… ou… vocables cadrants qui vous rassurent ?

« Les mots n’ont pas de sens ; ce sont les êtres qui le leur donnent », dit Peter Gray.

Que faisons-nous des mots ?

Et les mots sont-ils faits pour dire la réalité ou est-ce notre incapacité à mettre le mot juste sur chaque chose qui crée les malentendus ?

Et j’y ajoute la réflexion de Boris Cyrulnik : « Tout mot possède un halo de significations différentes qui provoquent en nous des sentiments différents ».

Alors…

Pouvoir : mot complexe suscitant dans nos imaginaires bien des fantasmes au-delà de sa simple définition. Simple, vraiment ?

Autorité : terme malmené, car lui associant obéissance, voire soumission, il entraîne bien souvent agressivité et révolte.

Hiérarchies : concept tiré de vocables grecs soit hieros (« sacré ») et archos (« commencement », ou « ce qui est premier ») soit plus certainement arkhê (« pouvoir », ou « commandement ») le terme s’applique à plusieurs domaines, physiques, administratifs ou moraux.

Voilà ! Trois mots qui n’ont rien de banal, car leur signification entraîne bien des émotions sur le plan relationnel. Et c’est sur cet aspect relationnel que je vais vous exprimer mes réflexions.

La problématique du pouvoir comme de l’autorité démarre dès l’enfance, dès la naissance.

En effet, le bébé du fait de son immaturité est totalement dépendant de son entourage et l’adulte parental dispose du pouvoir absolu de satisfaire ou non ses besoins, de le stimuler, de le gratifier et de lui donner la bonne dose d’amour comme de frustrations nécessaires à l’élaboration de sa personnalité, laissant naître ainsi en lui l’ébauche de sa vie fantasmatique.

À deux ans, l’enfant accède à une plus grande autonomie – moi, tout seul dira-t-il souvent – et surtout découvre la puissance du non. Cette apparition du non, bien crispante pour les jeunes parents, est qualifiée plutôt négativement en termes de première crise d’opposition alors qu’en positif elle est recherche de différenciation pour trouver son individualité, de distanciation de la fusion pour oser être soi.

Cet affrontement avec les détenteurs de la loi que sont les parents aura un impact conséquent sur son caractère, non seulement selon l’usage que ceux-ci feront des instruments éducatifs que sont punitions et récompenses, mais surtout par la manière dont ils répondront – haro sur le laxisme et l’autoritarisme –.

N’oublions pas que le processus de socialisation dépend de la qualité des agents de socialisation !

Mettre des limites tout en acceptant l’éventuelle colère qui pointe le désaccord est la porte d’accès au principe de réalité et donnera des repères pour un vivre ensemble ce si la communication par l’adulte reste claire et si possible suffisamment sereine, tant il est vrai que ces colères d’enfant sont parfois extrêmement violentes et déboussolantes pour des parents et… comme chacun garde des traces de son enfance, sachons nous rappeler que la perception que nous avons du pouvoir passe par notre genèse singulière…

L’agencement personnel des quatre axes communicationnels donner/recevoir et demander/refuser débute dans cette fabuleuse période (deux à cinq ans) et se poursuivra.

Qui ne connaît un adulte incapable d’accepter un compliment, un cadeau ? Et selon le contexte ou l’interlocuteur, la capacité d’oser dire non reste un travail ardu pour la plupart d’entre nous.

Demander ne se confond pas avec exigence, c’est formuler son besoin réel avec un maximum de clarté tout en acceptant l’idée d’un éventuel refus sans obligatoirement et univoquement l’interpréter comme du rejet.

Quant à « donner », posons-nous la question : quand je donne, qu’est-ce que je me donne ? ». Savoir regarder honnêtement la part accordée à notre narcissisme et vérifier s’il n’y a pas peu ou prou besoin d’emprise…

Bref, le rapport au pouvoir est présent et s’insinue subrepticement dans nos échanges.

Mais qu’est-ce que le pouvoir ? Qu’est-ce qui le différencie de l’autorité ? Qu’est-ce que l’autorité ? Et face à eux, qu’en est-il de l’obéissance ou de la transgression ? Faut-il nécessairement s’insurger ? Faut-il automatiquement se soumettre ?

Cette dialectique entre autorité, pouvoir, contraintes, obéissance va se jouer en permanence.

« L’autorité est une position d’influence asymétrique et normative », nous définit le psychologue René Muchielli. « Elle peut prendre des formes autres que hiérarchiques. Elle peut exister sans pouvoirs ni moyens d’obligations. » Telles sont l’autorité morale ou de référence – celle du Sage –, l’autorité de compétences – celle de l’expert –, l’autorité singulière d’une personnalité charismatique (c’est-à-dire doté d’un fort ascendant).

La définition simple et courante du terme est « le pouvoir de commander, d’être obéi », mais plus subtilement Barnard nous dit : « Caractère d’une communication qui fait qu’elle est acceptée par celui qui la reçoit comme devant diriger sa conduite ». Dans cette deuxième définition apparaissent les risques de distorsion entre message explicite et implicite et nous y reviendrons.

La définition simple utilisant déjà le mot pouvoir exprime clairement un assujettissement d’un sujet à un autre et pouvoir comme autorité dans ce cas signifient tous deux rapports de force.

Pouvoir donc !?

Pouvoir, mot compliqué puisqu’il peut être verbe ou nom et par cette propriété acquérir bien des sens.

Pouvoir mot embrouillé évoquant selon le contexte et son origine latine non seulement celui des possibles comme celui des capacités, mais aussi celui de la puissance voire de l’omnipotence et… de la permission. Autrement dit : Pouvoir « potentia » ou pouvoir » potestas » ?

Je le répète : mon exposé se limite au contexte des relations individuelles et laissera à d’autres les problématiques du pouvoir politique, du pouvoir économique, du pouvoir religieux, du pouvoir judiciaire, du quatrième pouvoir – celui des médias – et tous les autres encore…

Dans un premier aspect, le pouvoir désigne l’agir, en ce sens qu’il signifie avoir la capacité ou avoir la possibilité de faire. C’est le « je peux » avec en implicite deux autres aspects » personne ne m’en empêche » et » aucune crainte quant aux conséquences ».

Autrement dit, si l’on n’a pas la capacité, on ne peut pas et on ne peut que si personne ne nous entrave le chemin. Mais si on est paralysé par la peur on est dans l’impossibilité.

Il y a donc un ensemble de conditions pour avoir ce pouvoir que l’on pourrait en fait aussi appeler maîtrise ; de l’enfant à l’adulte acquérir maîtrise sur soi, ensuite progressivement sur l’environnement.

Définie ainsi, la notion est plutôt neutre, opérationnelle, fonctionnelle.

Et n’est-ce pas ce pouvoir-là qu’il nous faut travailler tout au long de notre vie.

Le deuxième aspect relate celui lié aux relations interpersonnelles, celui de la confrontation de soi avec soi – notre libre arbitre (faculté de se déterminer sans autre cause que la volonté !) – ou avec l’autre sachant qu’avec celui-ci, la relation se structure autour de trois axes principaux : la distance (proximité et dépendance), les échanges (apports et attentes) et évidemment le pouvoir (domination/prépondérance et subordination/obéissance).

Avoir le pouvoir, prendre le pouvoir, se disputer le pouvoir sont des expressions révélant rapport de force ; c’est l’ascendant, l’emprise, la domination qui sont exercés sur une personne ou un groupe d’individus. Il peut être physique, moral ou psychologique. Il permet à un individu ou à un groupe d’appliquer, de faire exécuter ou éventuellement d’imposer par la force, des décisions dans des domaines très variés (culture, économie, politique…). Il n’y a donc pas nécessairement consensus, mais il y a assurément sujétion.

C’est donc « une puissance brute » qui peut exister sans légitimité.

C’est pourquoi, trop facilement, elle est synonyme d’abus, de menace, de destruction, car y entrent jeux de pouvoir et manipulations.

À mes yeux, cette puissance est une énergie qui prend la couleur de l’intention de celui qui l’utilise ; c’est pourquoi si nous avons à repérer d’éventuels jeux de pouvoir afin de les déjouer, il y a surtout à cerner les intentions pour comprendre.

Mais qu’est-ce qu’un jeu de pouvoir ?

J.-J. Crèvecœur nous dit que ce jeu consiste à adopter des attitudes qui créent une emprise sur l’autre ce contre son gré ou à son insu.

C’est ce que d’autres dénomment la manipulation égocentrique où la personne utilise et détourne certaines règles et normes sociales partagées pour son profit personnel. Elle est à différencier de la manipulation malveillante, expression d’une personnalité pathologique (pervers narcissique : deux à trois pour cent de la population).

Le terme « manipuler » vient de deux mots latins : mani et pulare dont la traduction directe est « tenir en mains ». Autrement dit, le manipulateur est l’acteur détenant le pouvoir et qui par un ensemble de tentatives obscures ou occultes fausse ou oriente la perception de la réalité de son interlocuteur.

Le but du manipulateur est d’obtenir quelque chose sans que le manipulé ne s’en aperçoive, en utilisant divers moyens pour obtenir un consentement.

Il existe des degrés divers de manipulation ; distinguons toutefois l’influence de la manipulation. L’influence vise aussi à infléchir le désir d’autrui, mais c’est de manière visible et non à son insu. L’interlocuteur garde un choix même si cela lui est difficile.

Séduire et manipuler se ressemblent aussi, mais le but de la séduction est de conduire l’autre vers soi pour le plaisir de se voir attractif dans le regard de l’autre et/ou vivre joyeuse connivence quoique… il est vrai que la séduction est aussi utilisée par un manipulateur avec alors une intention bien différente…

Si à la question de bonne foi, la réponse n’est pas négative, influence et séduction laissent alors l’autre en position de sujet.

« Manipuler, c’est prendre l’autre comme objet », c’est l’instrumentaliser ; c’est un jeu de pouvoir, car il y a un projet ou des attentes implicites sur l’autre sans respect de son altérité.

Souvent c’est la distorsion entre les messages explicites et implicites qui permet à quelqu’un d’exercer une pression et donc de manipuler, mais… il faut être au moins deux, il faut un ou des complice(s). N’est pas manipulé qui ne veut pas ! N’est pas manipulé celui qui sait contacter son intuition ! « Son intuition et non ses peurs ! » Généralement le manipulé à un moment donné, ressent en lui-même un malaise qu’il lui faudra identifier. L’intuition sert à identifier la peur derrière le trouble afin de la maîtriser.

En effet, le jeu de pouvoir ne s’établit que s’il y a dépendance qui est liée à des peurs empêchant l’expression du refus… peur de la confrontation, voire du conflit et de la rupture, peur de la perte de contrôle, peur du changement, peur de la différence, peur d’oser être soi, d’exprimer sa propre réalité, peur de ne plus être aimé, peur de se découvrir avec ses besoins, ses désirs et ses propres limites.

Et d’une peur à l’autre remonter à la fondamentale, à ce que les philosophes dénomment l’angoisse existentielle, angoisse de vivre masquant l’ultime… la peur de la mort.

Aucun pouvoir sur la mort ! La mort est notre destin, mais faire face à la grande faucheuse est une autre histoire…

Les jeux de pouvoir sont-ils peu ou prou en rapport avec le combat d’Éros et Thanatos en chacun de nous reste une question à laquelle chacun de nous se doit de répondre dans l’intimité de son être afin de mieux comprendre sa relation au pouvoir et à l’autorité. Mieux cerner notre attitude face à l’expression d’un pouvoir passe par la compréhension de notre genèse personnelle.

Alors si l’autorité est le pouvoir de commander, d’être obéi, comment un leader usera-t-il de ce pouvoir ?

La différence fondamentale entre autorité et pouvoir apparaît dans l’objectif. L’autorité a pour but l’épanouissement des membres du groupe et la réalisation des tâches communes.

Les pouvoirs du chef sont légitimés et limités. Il a à faire respecter la ou les règles tout en s’y soumettant lui aussi.

Lorsque l’autorité devient autoritarisme, c’est alors l’exercice des pouvoirs sans devoirs et l’arbitraire devient règle.

« L’autorité », dit R. Muchielli, « est avant tout une propriété et un phénomène psychosocial lié au processus d’organisation d’un groupe en vue d’atteindre ses objectifs ». C’est la capacité à obtenir quelque chose sans faire appel à la force, à la coercition et sans aucune nécessité de justification. Elle exige une obéissance en somme irraisonnée et irréfléchie dans la mesure où la confiance est réciproque vu valeurs et objectifs communs.

Ainsi définie, l’autorité est un pouvoir institutionnalisé où le chef est inscrit dans un rôle reconnu et accepté, c’est-à-dire légitimé. Dès lors, l’autorité du leader est à la fois vers les autres un droit d’exiger une conformité et envers lui-même une obligation de représenter les valeurs du groupe. L’un et les autres sont en dépendance réciproque ; est-ce à dire que l’un et les autres sont aussi dans l’obéissance ?

Obéir vient du latin oboedire. L’obodiens est « celui qui écoute ».

Écouter, c’est ouvrir un espace d’accueil pour non seulement entendre l’autre, mais aussi s’entendre soi-même, c’est-à-dire contacter la parole de l’autre en soi, sentir sa résonnance. Entendre, c’est cultiver l’empathie, c’est activer sa compréhension.

Dans un échange, le but est d’être compris et le sens de la communication se trouve dans la réponse que l’on obtient. Déchiffrer la réaction de notre interlocuteur devient la clé pour dissiper les malentendus. Ce qui est signifiant pour comprendre, c’est le sens que votre interlocuteur a incorporé.

Néanmoins n’entend pas qui veut et comprendre n’est point admettre.

Recevoir les dires de l’autre et écouter calmement notre ressenti permettrait « d’apposer » nos points de vue s’ils différent et non d’agresser ou de culpabiliser.

Envisager que l’expression de nos ressentis, c’est-à-dire notre langage émotionnel est parfois maladroit.

Se rappeler de voir les comportements comme des choix, conscients ou inconscients, et se dire que nous pouvons vivre d’autres options si nous le décidons.

Prendre ce temps d’écoute et rester dans la bienveillance comme dans la bientraitance…

Évidemment prendre le parti d’écouter c’est prendre le risque d’éventuellement se perdre…

André de Peretti dans son ouvrage, Liberté et relations humaines, écrit ceci : « Toute personne parce qu’elle est autre, altère au sens où le mot latin alter dénomme l’autre : le fait de subir la présence de l’autre entraîne une transformation de nous-mêmes ».

Nous sommes des êtres de relation et nous avons tous besoin de lien. Outre l’époque et la culture qui nous façonnent, la communauté ou la famille qui nous détermine tout autant, « comment du mieux que nous pouvons », ce afin d’évoluer, grandir, tenter de créer une relation vraie grâce à une communication où respect et empathie pour autrui comme authenticité et assertivité pour soi ordonnent le relationnel…

C’est par le contact avec les autres que nous pouvons arriver à découvrir ces « portions de nous-mêmes inconnues pointées par la fenêtre Johari ».

 CONNU DE SOIINCONNU DE SOI
CONNU DE L’AUTRE

AIRE LIBRE

Zone publique/Moi ouvert

AIRE AVEUGLE/Moi aveugle

Image qu’ont les autres de nous, mais que nous ne connaissons pas.

INCONU DE L’AUTRE

AIRE SECRÈTE – Moi caché

Zone cachée : notre jardin secret

AIRE INCONNUE/INCONSCIENTE

Moi inconnu

Talents/potentiel inexploité, désirs et besoins enfouis en nous non arrivés à la conscience

Le tableau se construit de la manière suivante : on prend d’une part soi-même et autrui, d’autre part l’étendue de la connaissance en mode binaire et antagoniste, nous obtenons quatre quadrants fluctuants dans le temps et variant aussi selon notre degré d’intimité avec notre interlocuteur (largeur et hauteur des quatre rectangles ne sont pas égaux, mais variables). Tout changement dans l’un des quadrants se répercute sur les trois autres. Notre fenêtre de Johari varie selon l’intimité et la relation que nous avons avec les gens.

Et l’une de ces « portions de nous-mêmes inconnues » ne serait-elle pas ce trait profondément conditionné depuis l’enfance qu’est l’obéissance à l’autorité ?

C’est ce que les expériences de Milgram ont tenté de démontrer (1960-1963).

Elles consistaient à tester le comportement d’obéissance d’un sujet dénommé « le moniteur » face à un ordre émanant d’une personne supposée compétente (autorité scientifique) en acceptant dans le cadre d’une expérience d’apprentissage de punir les erreurs d’un présumé élève en lui administrant des décharges électriques de plus en plus fortes avec l’augmentation de « mauvaises réponses » sans autre raison que « d’étudier les effets de la punition sur le processus d’apprentissage. ».

L’expérience était construite pour qu’il y ait approximativement trois mauvaises réponses pour une exacte. C’est dire si l’intensité du voltage (débutant à quinze volts) arrivait rapidement à un niveau de volts où l’élève puni pouvait exprimer » sa douleur » et refuser de répondre.

À ce moment le sujet/moniteur recevait des renforcements de plus en plus contraignants de la part de l’autorité scientifique pour poursuivre l’expérience malgré les protestations entendues.

Et Milgram de constater que seulement trente-cinq pour cent des sujets/moniteurs refusèrent d’obtempérer.

Par contre soixante pour cent des sujets obéissaient sous une tension extrême eu égard à l’aspect cruel de la punition.

Pour Milgram, la question était où finit la soumission à l’autorité et où commence la responsabilité de l’individu.

Selon Erich Frömm, philosophe et psychanalyste, cette expérience met surtout en évidence : « Cette particularité dramatique de l’homme qu’est sa difficulté à faire face à ses conflits internes. La pulsion de ne pas obéir ou de ne pas se soumettre constitue pour beaucoup une menace intérieure contre laquelle ils se défendent en accomplissant l’acte demandé. »

Rappelons-nous l’histoire d’Abraham dans la Bible : n’avait-il pas accepté de sacrifier son fils par obéissance à Yahvé ? Obéissance aveugle à une autorité charismatique et absolue… divine…

Heureusement pour Abraham, Dieu arrêta son geste !

N’empêche, l’histoire a valeur de mythe sur la problématique du pouvoir, de l’autorité et de l’obéissance.

Nous ne sommes point des dieux…

Par contre nous savons que nulle tyrannie n’est possible sans la faiblesse et la soumission des exécutants ; nul ne peut se soustraire à sa part de responsabilité dans les jugements sur les êtres et les choses, l’impact du jugement induisant conséquences sur le relationnel.

Hanna Arendt affirme : « L’autorité vraie implique une obéissance dans laquelle les hommes gardent leur liberté ». Et le philosophe Pierre-Henri Tavoillot d’ajouter : « La bonne autorité est celle qui fait grandir à la fois celui qui l’exerce et celui qui s’y soumet ».

Comment peut-on régler responsabilité et liberté dans nos actions et nos rencontres ?

Pour moi, il s’agit d’être simplement vrai, authentique, osant être soi, capable d’affirmer ses opinions de manière sereine et constructive, suffisamment lucide sur nos propres zones d’ombre.

Développer notre force vitale, c’est-à-dire notre capacité d’autonomie en devenant ce que l’on est, assumant nos émotions, notre vulnérabilité, car plus on se protège de nos émotions et sentiments authentiques, plus on se trahit, plus on est clivé.

Oser saine confrontation, parler de soi, parler à autre et non sur l’autre. Se rappeler que chacune de nos expériences possède de multiples significations. Elles prennent le sens que nous leur donnons.

Retenir que nos actes nous engagent !

Exalter l’ouverture, ne plus mettre de serrures…

« On n’est libre que si l’on dispose de soi, si l’on agit et non si l’on subit. Le vrai pouvoir commence là !
Le pouvoir c’est d’abord la maîtrise de soi. »

Jean Mourgues

Alors…

…ne pas abuser de son autorité, savoir parfois désobéir, savoir lâcher prise ou relativiser, savoir rire, refuser attitudes manichéennes comme jugements absolus et rester dans la bientraitance sans abdiquer, vivre debout son engagement et assumer ses choix, c’est assurément, comme disait Montaigne, « vivre à propos et c’est là notre grand et glorieux chef d’œuvre ».

 

Informations complémentaires

Année

2022

Auteurs / Invités

Michèle Mignon

Thématiques

Psy…, Qualité de la vie / Bien-être, Questions et options philosophiques, politiques, idéologiques ou religieuses

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