Pourquoi je viens en loge : une quête de liberté et d’émancipation

Claude VASAMILLET

 

UGS : 2025006 Catégorie : Étiquette :

Description

Je suis franc-maçon parce que, comme le disait Léo Campion :« La Maçonnerie est la seule association à laquelle puisse adhérer celui qui n’adhère à rien ». Et croyez-moi, j’ai essayé d’adhérer à différentes structures… Rien à faire, à chaque fois, je me suis senti coincé, comme un lapin dans un terrier trop étroit et j’ai vite compris que ce n’était pas pour moi.

Je ne me suis jamais senti à l’aise dans aucun groupe, qu’il soit politique, religieux ou idéologique. La raison en est simple : ces organisations tendent à imposer des dogmes ou ce qu’ils pensent être des certitudes. Elles prescrivent  des croyances qui enferment la pensée, étouffent la réflexion personnelle et originale à laquelle je suis attaché, découragent le questionnement et nous somment de marcher au pas. Elles proposent une vision du monde qui exige l’adhésion inconditionnelle et refusent l’examen critique.

Et puis, soyons honnêtes, questionner ? Réfléchir librement ? Autant demander à un éléphant de sauter à la corde. Dans ces cercles, on préfère largement les certitudes bétonnées aux idées qui dérangent, et moi, je n’ai jamais su me contenter d’une pensée préfabriquée. Sept années de pensionnat chez les Frères des écoles chrétiennes à Malonne m’ont vacciné à tout jamais. Alors non, très peu pour moi les itinéraires à suivre comme des moutons ; je préfère le vaste champ de la réflexion personnelle, où l’on peut gambader librement et, surtout, poser des questions qui fâchent.

La religion ? N’en parlons pas, ou plutôt, parlons-en juste assez pour dire à quel point elle me paraît incongrue, dépassée. Les récents scandales, comme ceux impliquant l’abbé Pierre et des curés pédophiles sont significatifs et ne font qu’illustrer l’hypocrisie de ces systèmes qui prêchent l’amour, la paix et la compassion, tout en laissant derrière eux des siècles de manipulation, de violences physiques et morales, d’abus de pouvoir et de crimes.

Le comble, c’est que ces enseignements, censés apporter la sérénité, sont bien souvent détournés par leurs propres adeptes. Au lieu de nous apprendre à vivre pleinement et dans la joie, ils exaltent la souffrance comme un chemin méritoire vers un hypothétique paradis. Comme si l’on devait passer par la douleur pour mériter une récompense. Et pendant ce temps, moi, en épicurien, je vois le paradis dans la beauté de la nature, les liens humains, la quête de connaissances et dans les Ève bien réelles et non les houris virtuelles. Alors pourquoi devrions-nous nous flageller pour une vie soi-disant meilleure dans un monde, quand on pourrait tout simplement la construire ici et maintenant ?

À mes yeux, la religion s’est trop souvent égarée, transformant des principes spirituels en outils de contrôle, et des promesses d’épanouissement en chaînes qui nous empêchent de profiter de la liberté et de la joie de vivre. Voilà pourquoi je préfère chercher mes réponses ailleurs, loin des certitudes et en cultivant le doute, en dehors du confessionnal, dans des espaces où réfléchir, vivre librement et désirer sans fin ne sont pas des péchés, mais des vertus.

La politique ? C’est un peu comme une mauvaise téléréalité où les candidats rivalisent d’hypocrisie et de fausse modestie. On les voit s’indigner à grands gestes, la main sur le cœur, en affirmant qu’ils ne vivent que pour le bien commun, alors qu’ils ne rêvent que de fauteuils en cuir, de grosses cylindrées, de privilèges et de selfies flatteurs. Et tout ça, avec un sérieux qui ferait rougir un comédien chevronné.

Mon prof de philo, Robert Joly[1], avait une maxime implacable pour nous ramener les pieds sur terre : « Si tu ne t’occupes pas de la politique, elle, elle s’occupe de toi ». Autrement dit, que tu participes ou non, tu finis toujours figurant dans leur pièce, souvent réduit à applaudir ou à payer l’addition.

C’est pour cela que je viens en loge. Pas pour uniquement pour fuir ce spectacle de marionnettes, mais pour chercher un autre scénario où les dialogues ne sont pas écrits d’avance par des spin doctors[2]. Ici, on parle d’idées émancipatrices, de vivre pleinement, au lieu de survivre dans une société qui nous voit comme des machines à consommer. Parce qu’avouons-le, il y a mieux à faire que de survivre dans une société où l’on nous réduit à de simples suiveurs dociles et obéissants

En loge, il n’y a pas de quête de notoriété ou de privilèges. Pas de promesses creuses, juste une réflexion collective pour bâtir quelque chose de durable. Un vrai bol d’air frais, loin des discours formatés, des ego surdimensionnés et des phrases qu’on oublie avant qu’elles ne finissent. Bref, ici, on bosse pour un monde où on peut vivre libres et éclairés et non cachés… et sans avoir à voter pour un slogan.

C’est précisément pour cela que je viens en loge : pour échapper aux emprises de la religion et de la politique politicienne et pour m’affranchir de leurs versions toxiques, celles des manipulations, des petits calculs et des grandes hypocrisies Ici, on ne cherche pas à consommer des idées prémâchées ou à se soumettre à des dictats. On cherche plutôt à construire quelque chose de radicalement différent : des idées émancipatrices qui nous aident à nous autogérer et à vivre pleinement.

En loge, on apprend se remettre en question, à penser par soi-même, et à rêver d’un monde attrayant plutôt que d’être des robots programmés pour remplir des caddies. Et ça, franchement, ça fait du bien.

Je ne peux pas me contenter d’idées prédigérées ou d’un cadre rigide qui prétend détenir la vérité. Ce type de fonctionnement reproduit souvent les travers qu’il prétend combattre : l’autoritarisme, l’exclusion des pensées divergentes, et une hiérarchie qui confisque la parole plutôt que de l’enrichir.

La franc-maçonnerie, au contraire, offre un espace de liberté absolue où chacun peut cheminer à sa manière sans se prendre au sérieux et même en s’autocritiquant joyeusement et en faisant preuve d’autodérision. Je m’y sens à l’aise, car j’ai besoin de liberté intellectuelle, d’un espace où je peux explorer, douter et remettre tout en question, y compris mes propres certitudes.

C’est précisément pour cela que je me sens chez moi en loge. Là, il n’y a ni vérité imposée ni directives intangibles. Chacun est invité à chercher son propre éclairage des faits, à réfléchir par lui-même, à partager ses réflexions, accepter la critique et à participer à une quête collective où le doute et la remise en question ne sont pas des faiblesses, mais des forces. C’est un espace où l’on avance ensemble, librement, sans avoir à sacrifier sa singularité sur l’autel des dogmes ou des idéologies.

Dans la loge, pas de hiérarchie rigide, pas de « grand chef » autoproclamé qui monte sur un piédestal pour mieux nous assommer de ses vérités indiscutables. Ici, les plateaux tournent et celui qui préfère rester apprenti à vie est aussi bien vu que celui qui se rêve vénérable maître – bien que, soyons honnêtes, certains « venés » finissent par croire qu’ils sont des pharaons réincarnés. Heureusement, on les ramène vite à la réalité avec une bonne dose de taquinerie fraternelle.

Comme l’a dit un illustre penseur, André Gide paraît-il : « Si tu me dis que tu as trouvé la vérité, je te fuis ; si tu me dis que tu la cherches, je te suis ». Eh bien, la Maçonnerie, c’est exactement ça : un espace où on peut explorer, se tromper, poser des questions existentielles tout en rigolant de nos maladresses et de nos petits ego. Ici, on a le droit de ne pas se prendre au sérieux. Mieux, c’est presque obligatoire.

La franc-maçonnerie, c’est aussi l’art subtil de l’autodérision. Un lieu où ne se prend pas toujours au sérieux, où l’on s’échappe des rôles composés par la vie en société que critiquait Guy Debord. Parce qu’après tout, se réunir en tablier et gants blancs pour discuter de symboles millénaires entre les colonnes, sous une voûte étoilée et autour d’un pavé mosaïque tout en attendant les agapes, ça demande une bonne dose d’humour, non ? On avance, on apprend, on rit (parfois de nous-mêmes), et on essaie de ne pas trop trébucher sur notre quête d’un monde meilleur.

En résumé, je suis franc-maçon parce que c’est la seule place où on peut cheminer librement, être pris au sérieux sans jamais se prendre soi-même au sérieux, et où la vérité reste un joli concept qu’on cherche sans jamais prétendre la posséder. Et franchement, rien que pour ça, ça vaut bien un tablier un peu froissé, une accolade, une poignée de main et une tape amicale dans le dos, incomprise du monde profane !

Quand je viens en loge, ce n’est pas pour me contenter de réciter des phrases toutes faites, balancées mécaniquement comme un disque rayé. Non, je viens chercher ce qu’il y a au-delà des mots creux, de ces déclarations pompeuses qui évitent soigneusement de regarder les véritables efforts à entreprendre – ou devrais-je dire, les sacrifices – que cela implique vraiment. Parce que, oui, polir sa pierre brute et travailler au bien-être de l’humanité, ça demande autre chose qu’un discours de motivation digne d’un séminaire d’entreprise.

Ce travail symbolique, pour moi, ce n’est pas juste une introspection nombriliste où l’on se félicite d’être « en chemin ». Non, c’est un véritable engagement pour essayer, à ma modeste échelle, de contribuer à un monde qui ne ressemble pas à une dystopie Netflix. Mon arme de choix ? L’éducation, pour que chacun puisse développer un esprit critique et arrêter de gober tout cru les manipulations politiques, religieuses ou idéologiques qui nous transforment en pantins dociles. Pour permettre à chacun de développer un esprit critique affûté, capable de renvoyer dans les cordes les manipulations qui nous transforment en marionnettes dociles. Cette attitude est particulièrement indispensable de nos jours où les GAFAM et les extrémistes de tous bords rêvent de nous subordonner et agissent en conséquence.

Et soyons clairs : cette posture n’est pas un luxe, c’est une urgence absolue. Nous vivons à une époque où Elon Musk et consorts rêvent de transformer nos cerveaux biologiques en simples supports pour des implants artificiels, connectés en permanence à leurs réseaux délétères. Pendant ce temps, les extrémistes, de tous bords, fantasment de nous enfermer sous une cloche idéologique hermétique. Alors oui, je viens en loge pour échapper à ce délire technologique et idéologique, pour tailler, réfléchir et bâtir quelque chose qui ne soit ni une connexion forcée ni un dogme imposé. Parce je préfère polir ma pierre brute que de finir comme un processeur sous licence Neuralink.

Lorsque je viens en loge, ce n’est pas pour m’arrêter à des paroles prononcées comme un mantra mécanique, sans jamais mesurer les véritables efforts, les sacrifices qu’elles demandent ou impliquent. Non, je viens pour aller au-delà des apparences. Ce travail symbolique n’est pas seulement un acte introspectif où l’on se félicite d’avoir de bonnes intentions. Non, il s’agit de mettre les mains dans le cambouis du monde réel et d’essayer, à ma petite échelle, de contribuer à l’édification d’un monde un peu moins dysfonctionnel parce qu’aujourd’hui, soyons honnêtes, il y a urgence. Entre les GAFAM qui veulent brancher nos cerveaux à leurs serveurs et les extrémistes de tout poil qui rêvent de nous enchaîner à leurs dogmes, il y a de quoi s’inquiéter et la liberté de penser devient une denrée rare. Et moi, je ne suis pas prêt à troquer mon cerveau biologique contre une mise à jour sponsorisée par la Silicon Valley.

Alors, en loge, je viens chercher autre chose : un espace où réfléchir, construire, et peut-être même rêver d’un monde où l’on peut vivre libre, épanoui, et capable de rire de tout – même de soi-même. Et si, au passage, je peux contribuer à planter quelques graines d’émancipation, eh bien, je me dis que ça vaut bien un peu de sueur sur ma pierre brute. Après tout, l’humanité mérite mieux qu’un avenir sous licence.

Quand je viens en loge, ce n’est pas pour réciter des belles paroles sans me demander ce qu’elles signifient vraiment ou les efforts qu’elles demandent (et parfois, croyez-moi, c’est du sport !). Non, je viens pour contribuer à rendre ce monde un peu moins bancal.

Mon objectif ? Je le répète : aider chacun à développer un esprit critique aiguisé, capable de renvoyer dans les cordes les manipulations politiques, religieuses et idéologiques. Parce qu’entre les GAFAM qui veulent transformer nos cerveaux en terrains publicitaires et les extrémistes de tous poils qui rêvent de nous mettre au pas, mieux vaut être bien armé intellectuellement pour rester libre et épanoui.

En résumé, je viens en loge pour éviter de finir comme un zombie numérique ou un mouton idéologique. Et si, au passage, on peut bâtir un monde meilleur, eh bien, autant que ce soit avec style et réflexion.

La loge est aussi un lieu où je rencontre des Frères et des Sœurs d’horizons que je n’aurais jamais croisés autrement. Cet univers cosmopolite et fraternel m’ouvre à des mondes nouveaux, tout en nourrissant ma réflexion et en enrichissant ma vision de l’humanité. Ces échanges me rappellent que, malgré nos différences, nous partageons un idéal commun de progrès et d’harmonie.

Nos amis, nous les choisissons selon certaines affinités qui nous rapprochent, nos amis ne sont pas nombreux tandis que nos Frères, nous ne les choisissons pas, ils s’imposent en quelque sorte en fonction des loges que nous fréquentons, ils sont nombreux (et nombreuses) et ne partagent pas nécessairement nos opinions, mais nos valeurs. La franc-maçonnerie, c’est aussi la diversité que nous ne rencontrerions pas ailleurs. Ayant été initié à Paris rue Cadet, dans l’atelier « Les Clés de l’Amitié – Les Copains d’abord », j’y ai côtoyé des Africains, des Arabes, des Juifs, des musulmans et, bien sûr, des catholiques… et aussi des homosexuels décomplexés, des flics, des commissaires de police, un croque-mort, un président de Région, un ténor d’opéra, des musiciens, des peintres, des médecins de différentes spécialités, des commerçants, des patrons de bistrot, des directeurs de musée, etc. Et tous, au-delà de leurs croyances personnelles, plaçaient nos valeurs maçonniques.

Et c’est ça être Maçon, c’est dépasser toutes les divergences qui nous séparent dans la vie profane – qu’elles soient sociales, culturelles, religieuses, idéologiques ou autres – pour s’unir dans un consensus qui transcende ces différences. C’est se reconnaître avant tout comme des êtres humains, égaux et fraternels, engagés dans une quête commune, où l’on cherche non pas à avoir raison, mais à avancer ensemble vers plus de compréhension, de convivialité et de vérité. Être Maçon, c’est cultiver l’écoute, la tolérance et le respect, en mettant de côté les étiquettes et les préjugés, pour construire une harmonie où chacun trouve sa place dans une recherche collective et perpétuelle de sens.

Lorsque je franchis les colonnes d’un temple, je le fais avec une intention claire et une humilité sincère. Je viens en loge pour me dépouiller des artifices du monde profane, pour me retrouver face à moi-même, face à mes Frères et Sœurs, dans la lumière de la quête initiatique. Ici, je ne cherche ni pouvoir, ni gloire, ni reconnaissance. Je viens chercher des outils pour me construire, pour m’élever et pour contribuer, à ma mesure, à l’édification d’un monde plus juste et plus harmonieux afin que mes enfants et tous ceux qui suivront puissent jouir de la vie[3].

En loge, je viens d’abord apprendre. Chaque mot, chaque geste, chaque symbole est une porte ouverte sur un enseignement profond. Je viens écouter, observer, m’imprégner des richesses transmises par mes Frères et Sœurs, mais aussi par les rituels qui nous relient à une sagesse intemporelle et nous plongent dans un univers qui nous relie au passé, au présent et au futur. Être en loge, c’est me rappeler que je suis un apprenti éternel, toujours prêt à remettre en question mes certitudes pour mieux comprendre le monde et moi-même.

Je viens également travailler. Non pas effectuer un travail matériel (quoiqu’en certaines circonstances…), mais un travail intérieur, minutieux, exigeant. En loge, je m’efforce d’enlever les aspérités de mes préjugés, de mes faiblesses, de mes erreurs. Chaque tenue est une occasion de progresser sur le chemin de la vertu, de cultiver la tolérance, la patience, et l’amour fraternel.

Je suis franc-maçon pour répandre les Lumières. Ce concept va bien au-delà d’une époque ou d’une tradition philosophique. Répandre les Lumières signifie combattre l’obscurantisme, l’ignorance et les superstitions, pour promouvoir la raison, la connaissance et la compréhension. Cela implique aussi de rejeter l’idée que la souffrance est rédemptrice ou que le matériel et le spirituel s’opposent, pour célébrer une vision plus équilibrée et joyeuse de l’existence.

En loge, je me sens libre de questionner, de grandir et de me construire tout en contribuant à une œuvre collective. Je veux participer à l’émancipation de chacun, célébrer les beautés de la nature, cultiver ma soif de savoir et faire de l’éthique un pilier central de ma vie. Être franc-maçon, c’est accepter de ne jamais cesser de réfléchir, d’apprendre à douter continuellement et à se dépasser. Je viens en loge pour m’inscrire dans une tradition humaniste et éclairée, portée par des penseurs comme Montaigne, Rabelais, Spinoza, Voltaire, Diderot, Rousseau, Kant et Vaneigem, qui ont défendu la raison, la liberté et l’éducation comme des outils d’émancipation. Dans ce lieu je retrouve une fraternité chaleureuse, une quête partagée, et un engagement pour transmettre, par l’exemple, les valeurs qui nous animent : la liberté, l’égalité et la fraternité.

En tant que franc-maçon, je suis un bâtisseur d’humanité, travaillant pour que chaque individu trouve sa place dans un monde plus éclairé et plus juste, actuellement mis en péril par une intelligence artificielle au service de l’inhumanité et du transhumanisme utopique et outrancier qui nous asservi alors qu’elle pourrait être un outil d’émancipation et de culture.

Je viens en loge pour trouver la paix. Dans ce lieu sacré (pas tellement, car, en fait, pour moi rien n’est sacré, tout peut se tout dire ça dépend à qui on le dit !), je me libère du tumulte du monde extérieur, des exigences du quotidien, des angoisses et des conflits. Ici, je me recentre sur l’essentiel, sur les valeurs qui me guident et sur la lumière qui éclaire mon chemin. La loge est un refuge, mais aussi un point de départ. Car à chaque fois que j’en sors, je me sens renforcé, réarmé pour affronter les épreuves de la vie avec courage et intégrité.

Venir en loge, c’est donc, pour moi, un acte d’engagement et de transformation. C’est une démarche profonde, personnelle et collective, vers un idéal de sagesse et d’humanité. C’est un chemin que je suis fier de parcourir, avec mes Frères et sœurs à mes côtés, dans l’espoir de devenir, un jour, un Maçon accompli et un être humain meilleur.

Et enfin, last but not least, je viens en loge pour partager les agapes, fraternellement, en prolongation des tenues, ce moment où la quête de spiritualité rencontre – ou du moins devrait rencontrer – l’art de bien manger. J’espère toujours qu’elles seront à la hauteur de nos échanges d’idées, mais soyons honnêtes, dans certaines loges, on devrait y mettre autant d’efforts que dans nos réflexions. Après tout, si nourrir l’esprit, c’est bien, nourrir le corps, ce n’est pas plus mal – surtout si c’est avec autre chose qu’un plat qui ressemble à une planche symbolique oubliée au frigo.

C’est aussi une formidable occasion de découvrir les cultures des Frères et Sœurs, parce qu’un bon repas parle souvent mieux que mille discours. Chez nous, en Belgique, on partage fièrement nos croquettes aux crevettes, nos boulets à la liégeoise, notre stoemp et, bien sûr, quelques bières pour rafraîchir tout ça. Et franchement, on n’est jamais contre une petite démonstration culinaire de nos amis français avec leurs quiches, des Sœurs africaines avec un bon mafé, ou un thiéboudiène et de nos Frères suisses, champions des fondues, raclettes, double crème de gruyère et autres merveilles fromagères.

Pour moi, être Maçon, c’est aussi ça : voyager et découvrir d’autres loges, partager des réflexions profondes et des spécialités locales, en France, en Afrique, en Suisse ou ailleurs. Parce qu’au fond, quoi de mieux que de célébrer la fraternité autour d’une table bien appétissante, avec des idées qui nourrissent l’âme et des plats qui font chanter l’estomac ? Le vrai secret de la Maçonnerie, c’est peut-être là : une spiritualité à la fois bien réfléchie et… bien mijotée.

[1] Robert JOLY, Dieu vous interpelle ? Moi, il m’évite…, Anvers, Éd. EPO, 2000.

[2] Un spin doctor est un conseiller en communication ou en relations publiques, souvent spécialisé dans la politique. Son rôle est de présenter les actions ou discours de son client sous un jour favorable, en « tournant » les faits pour influencer l’opinion publique. Il est maître dans l’art de manipuler l’information et de créer des narratifs qui servent un agenda spécifique, souvent aux dépens de la vérité brute.

[3] Raoul VANEIGEM, « Nous avons un monde de plaisirs à gagner. Le règne de la liberté commence dès que s’effondrent les murs du vieux monde et qu’apparaît la splendeur d’une vie à réinventer », Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations, Paris, Gallimard, 1967.

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Année

2025

Auteurs / Invités

Thématiques

Éducation, Esprit critique, Franc-maçonnerie, Humanisme, Introspection, Liberté de pensée, Questions et options philosophiques, politiques, idéologiques ou religieuses, Symbolisme, Transhumanisme, Critique des institutions, Émancipation individuelle, Engagement citoyen, Fraternité, GAFAM, Mixité sociale

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