Pour les islams des cultures… contre quelques dévoiements : al-Qaradawi, le Qatar et d’autres

Olivier Abdessalam RALET

 

UGS : 2018004 Catégorie : Étiquette :

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« Tariq Ramadan n’est plus le bienvenu au Qatar. »

Cette information, parue dans la presse fin janvier 2018, a rappelé les liens anciens et récents qu’il a noué, avec le plus connu et influent des ulémas (savants musulmans) de la planète, Youssef al-Qaradawi, principal présentant du courant de pensée des Frères musulmans, vivant au Qatar (où il est notamment « télécoraniste » d’al-Jazeera et conseiller spirituel de l’émir), et la concrétisation de ces liens par des affiliations institutionnelles. Tentons une approche qui n’a pas été faite depuis le déclenchement de « l’affaire » : situer ce courant par ses alliances et ses stratégies plutôt que par l’affaire elle-même ou par l’analyse de la pensée d’un seul de ses protagonistes.

Cela permet :
– d’appréhender la version de l’islam propagée par ce courant, opposée aux cultures musulmanes hospitalières ;
– de situer ce courant au niveau éthique et politique ;
– de présenter un échantillon des stratégies qu’il met en œuvre, tant à l’égard de la planète (dimension géopolitique) que du monde musulman (dimension de l’islam politique), avec une spécificité dans son efficace à l’égard des personnes issues des deuxièmes et troisièmes générations de l’immigration de pays musulmans vers l’Europe (que nous appelons plus bas « la double rupture »).

De cette dimension d’analyse peut découler des prises de position. Le malaise provoqué par « l’affaire Tariq Ramadan » parmi les musulmans européens et les non-musulmans qui l’ont soutenu peut constituer une occasion de se repositionner sur ces enjeux.

Une forme d’islam contre les cultures

Situons d’abord brièvement la conception de l’islam soutenue par le courant de pensée auquel appartient Tariq Ramadan.

En 2005, lors d’un colloque à Bruxelles, intervenait une assistante sociale belge d’origine marocaine qui travaillait depuis de longues années auprès des personnes infectées par le VIH, dans le sens d’une solidarité, d’une générosité et d’une bienveillance que l’on trouve souvent chez des femmes héritières de la culture islamique populaire marocaine. Elle a dit : « Ces prédicateurs, comme Tariq Ramadan, qui disent aux jeunes de deuxième génération de l’immigration que leurs parents confondent leurs coutumes avec le [soi-disant] ‘vrai islam’, ils fabriquent des bombes à retardement ».

Dans son œuvre prolifique, un trait reste durable : la version de l’islam qu’il défend se situe contre les cultures musulmanes populaires (considérées dans la pensée réformiste et « frériste » comme « bid’a », innovations blâmables). Il est vrai que, né à Genève, il n’a rien connu de l’intelligence collective et de la « fabrique d’amour » si vivantes dans le culte des saints en Égypte comme dans tous les pays musulmans (au Maroc par exemple). Ces cultures sont le plus souvent hospitalières, paisibles, ouvertes à la diversité des appartenances et des convictions.

Sa vision de la « citoyenneté musulmane moderne » s’inscrit dans les discours fondamentalistes qui veulent revenir aux sources sans la tradition historique. Leurs formes normatives (salafistes) ou politiques (des Frères musulmans), qui prétendent revenir à l’islam authentique des origines, sont exclusivistes, hégémoniques et suprématistes – de nombreuses études sociologiques le montrent.

Sa formation à Genève confère à Tariq Ramadan un génie, celui d’une rhétorique philosophique habile à faire passer l’islam politique, qu’il soutient, comme compatible avec les grands principes universalistes modernes, même de gauche – et c’est ainsi qu’il a floué Edgar Morin  et bien d’autres.

Elle lui a permis aussi de tenir tête aux plus grandes gueules du paysage audiovisuel français, vengeant ainsi l’humiliation ressentie par beaucoup de jeunes et moins jeunes musulmans du fait de la domination du monde islamique par l’Occident depuis la chute de l’empire ottoman.

Détricoter cette rhétorique est parfaitement faisable, mais requiert un long travail. Un moyen beaucoup plus direct de saisir son idéologie et du rôle qu’elle joue dans un dispositif plus vaste est de passer par ses appartenances et ses affiliations. Pas par ses appartenances héritées, de son grand-père et de son père, dont il n’est pas responsable, mais par ses appartenances choisies, ses alliances délibérées.

LUnion mondiale des savants musulmans

En 2012, il a annoncé lui-même sur son site qu’il était désormais membre de l’Union mondiale des savants musulmans (acronyme Iums en anglais, site iumsonline.org/fr/), fondée par al-Qaradawi, coutumier de la création d’organes où se déploie le courant de pensée des Frères musulmans (et où les oulémas qui n’appartiennent pas à ce courant ne sont pas considérés comme de « vrais savants »).

Mais  nul  besoin  de  ce  lien  institutionnel  et  de  ceux  mentionnés plus loin pour se convaincre de la proximité de Tariq Ramadan avec al- Qaradawi : il suffit d’entrer leurs deux noms sur Youtube pour trouver de multiples vidéos où Ramadan met lui-même en valeur ces liens.

Revenons sur ce personnage qui marque le monde musulman de son empreinte depuis soixante ans.

Qui est Youssef al-Qaradawi ?

Pour ceux qui connaîtraient mal Youssef al-Qaradawi, rappelons quelques-uns de ses traits saillants. Voici le portrait que j’en ai fait dans un article récent.

« Un père Frère musulman du radicalisme violent »

Le plus célèbre des ulémas à l’échelle mondiale est sans doute Youssef al- Qaradawi, égyptien d’origine, membre de la Confrérie des Frères musulmans, réfugié au Qatar (dont il est conseiller spirituel de l’émir). Il a publié en 1961 Le Licite et l’illicite en islam, traduit en de nombreuses langues et livre islamique le plus vendu après le Coran. Il fait le prêche du vendredi chaque semaine sur al-Jazeera depuis des lustres avec une audience estimée à soixante millions de personnes, et a fondé de nombreuses associations comme le Conseil européen de la fatwa et de la recherche et l’Union mondiale des savants musulmans […]. Des centaines de sites internet propagent ses idées.

Il prône notamment :
– la peine de mort pour les homosexuels (actifs comme passifs) ;
– l’obligation pour tous les musulmans de djihad contre les Juifs (hommes, femmes et enfants, « tous potentiellement soldats de Tsahal ») ;
– les attentats-suicides y compris par des femmes [serait-ce là une manifestation « frériste » du féminisme musulman ?]…

Intervenant sur la chaîne al-Jazeera le 30 janvier 2009, al-Qaradawi tient ces propos :

« Tout au long de l’histoire, Allah a imposé aux [Juifs] des personnes qui les puniraient de leur corruption. Le dernier châtiment a été administré par Hitler. Avec tout ce qu’il leur a fait – et bien qu’ils [les Juifs] aient exagéré les faits –, il a réussi à les remettre à leur place. C’était un châtiment divin. Si Allah veut, la prochaine fois, ce sera par la main des croyants. »

Il se situe donc en droite ligne de ce qu’il n’est pas exagéré de qualifier d’islamo-nazisme, inauguré par Amin al-Husseini.

Pourtant, il passe pour modéré aux yeux de beaucoup de musulmans. Mais l’on peut dire sans hésiter que les pratiques de l’EI et des radicaux islamiques violents en général, loin d’être en rupture avec la forme d’islam qu’il prône, en sont la réalisation.

En 2014, al-Qaradawi a déclaré que Recep Tayyip Erdoğan était son candidat pour être le prochain calife de l’islam :

« […] le califat doit être instauré à Istanbul, car elle est la capitale du califat […] Recep Tayyip Erdoğan […] C’est le dirigeant qui connaît son dieu, qui se connaît, qui connaît son peuple, qui connaît la Oumma, qui connaît le monde. Vous avez le devoir de le soutenir, de lui prêter allégeance […] ». L’axe [frériste] Qatar-Turquie est ainsi ‘géo-théo-politisé’. »

L’axe Qatar-Turquie des Frères musulmans

Recep Tayyip Erdoğan incarne la théologie politique des Frères musulmans, confrérie fondée juste après l’écroulement de l’empire ottoman dans le but de rétablir le califat. La référence par al-Qaradawi à Istanbul, ancienne capitale du califat, plutôt qu’à Ankara, capitale actuelle de la Turquie, est donc cohérente avec la visée première des Frères.

Sur le site www.havredesavoir.fr (19 juillet 2016), on peut lire : « Le président de l’Union mondiale des savants musulmans, cheikh Yûsuf Al- Qaradawi, adresse une lettre au président turc Recep Tayyip Erdogan : ‘Allah est avec toi. Les peuples arabes et musulmans sont avec toi. Tous les êtres libres du monde sont avec toi. Et nous, les savants musulmans à l’Est et à l’Ouest, sommes avec toi, ainsi que l’ange Gabriel et les vertueux d’entre les croyants, et les anges sont par surcroît un soutien. […]’ ». Sidna Jibril (l’archange Gabriel) et les autres anges ainsi convoqués ont-ils été consultés ?

Si le soutien de Tariq Ramadan à Recep Tayyip Erdoğan est plus nuancé (il parle de « l’exemple turc » tout en condamnant la négation du génocide des Arméniens), son appartenance à l’Union mondiale des savants musulmans le met du côté des « vertueux » et des « anges » qui sont avec lui.

Les enjeux géopolitiques liant le Qatar à la Turquie d’Erdoğan ne se résument bien sûr pas à des questions religieuses et impliquent surtout des questions de pouvoir (entre les zones d’influence de l’Iran et de l’Arabie saoudite) et d’argent (pétrodollars et « gazo-dollars »), mais, comme c’est toujours le cas avec l’islam politique, ils mettent la foi populaire au service de leurs desseins.

Razzia sur la crainte de Dieu

Youssef al-Qaradawi, Recep Tayyip Erdoğan et Tariq Ramadan sont sans doute les trois personnes les plus habiles à pratiquer la « razzia sur la crainte de Dieu », consistant à faire appel à la légitime fierté des gens du peuple d’appartenir à une culture et à la civilisation musulmanes, et à leur amour sincère pour leur prophète, pour les corrompre en orgueil suprématiste et en exclusivisme conquérant, refusant l’hospitalité à la différence et à la diversité.

Ils sont en cela des extrémistes de l’islam suprématiste (donc opposés à l’hospitalité des cultures musulmanes), tout en réussissant à passer pour modérés – cela grâce notamment à la propagande largement financée par l’Arabie saoudite depuis cinquante ans, époque où elle abritait les Frères fuyant l’Égypte de Nasser, aujourd’hui relayée par le Qatar.

La « mission divine » d’Hitler

La référence par al-Qaradawi à Hitler, figure humaine communément considérée la plus proche de Satan, comme missionné par Dieu pour punir les Juifs, et son vœu que les musulmans prennent son relais, ainsi que toutes les joyeusetés du même acabit mentionnées plus haut (et il y en a bien d’autres), devraient autoriser à parler de « ruse satanique » à son propos.

Selon France Info : « Le président islamo-conservateur turc, Recep Tayyip Erdogan, a évoqué l’Allemagne nazie d’Adolf Hitler pour défendre le système présidentiel fort qu’il veut instaurer en Turquie. ‘Dans un système unitaire [comme la Turquie], un système présidentiel peut parfaitement exister. Il y a actuellement des exemples dans le monde et aussi des exemples dans l’histoire. Vous en verrez l’exemple dans l’Allemagne d’Hitler’, a-t-il dit à des journalistes jeudi 31 décembre, de retour d’une visite de travail en Arabie saoudite, cité par les journaux. » (www.francetvinfo.fr, 1er janvier 2016).

Tariq Ramadan est bien sûr plus discret sur cette question. Cela se comprend vu la grande amitié et la collaboration constante entre son grand-père Hassan al-Banna et Amin al-Husseini, qui écrivait à Hitler que « la finalité commune de l’islam et du nazisme est la solution définitive au problème juif », ni le fait que son propre père, Saïd Ramadan, ait nommé al-Husseini chef des Frères musulmans à Jérusalem en 1945, il est vrai dans un contexte de colonisation.

Oxford vendu au Qatar

Revenons à l’échantillon de stratégies d’enrôlement qui a été mis en lumière par « l’affaire ». Conférer un prestigieux titre universitaire occidental à l’un des protagonistes de cette stratégie contribue bien évidemment à renforcer sa crédibilité.

Après le déclenchement de « l’affaire », on a appris que le Qatar avait littéralement acheté la chaire de Tariq Ramadan à Oxford, à coups et au coût de millions de « gazo-dollars » pour restaurer les bâtiments et payer le salaire et les frais du « professeur » (qu’Oxford se soit ainsi « vendu » a dû faire se retourner Winston Churchill dans sa tombe).

LInstitut islamique de formation à l’éthique

Tariq Ramadan est cofondateur avec al-Qaradawi et directeur de l’Institut islamique de formation à l’éthique (Iife, Cile en anglais), inauguré le 15 janvier 2012 à Doha au Qatar. Sur le site du Cile  en français (www. cilecenter.org/fr/), on découvre que le directeur adjoint est… belge (Chauki Lazhar) et que la coordinatrice événementielle (Mona Jassim al-Emadi) porte le niqab.

Sur le site, consulté ce 16 mars 2018, l’internaute est cordialement invité à la cinquième conférence annuelle internationale du Cile  à Doha, le 17 mars, sur le thème « Discours religieux dans l’espace public : Principes et réalités ». Dans la rubrique « Message du directeur », c’est bien Tariq Ramadan qui apparaît, mais dans le programme son nom n’est pas dans la liste des conférenciers (on se doute pour quelles raisons).

Son antenne parisienne (https://iife.tariqramadan.com) propose des formations en trois ans, avec Tariq Ramadan comme professeur principal en « présentiel » (huit journées d’étude par an : 315 €).

Ramadan, al-Qaradawi et le Qatar agissent donc pour propager leur conception de l’éthique islamique…

Le Qatar « vertueux » ? Appel à prise de position…

Si Tariq Ramadan n’est plus le bienvenu au Qatar (bien qu’il apparaisse encore sur la page d’accueil du site du Cile), c’est du fait, peut-on supposer, du manque de doutes sur ses adultères (pour le moins) que laissent les nombreux témoignages, peu compatibles avec la fidélité conjugale promue par la morale islamique qu’il défend si bien dans ses prêches et conférences – qui en feraient un prédicateur prévaricateur.

Mais Youssef al-Qaradawi, lui, y reste un savant respecté, et rien n’indique qu’il ne soit plus conseiller spirituel de l’émir. Ce qui précède n’indique-t-il pas que sa doctrine n’a rien de très éthique non plus, transgressant les valeurs les mieux partagées de refus du racisme, du nazisme, des attentats-suicides, de l’homophobie, du suprématisme ? Sa version de l’islam, promue et financée par le Qatar, n’est-elle pas l’exact contraire de ce que les musulmans de toutes les tendances hospitalières, de ce que les non-musulmans qui soutiennent l’hospitalité mutuelle des convictions, bref les gens de bien, considèrent comme « éthique » ?

N’est-il pas temps de faire savoir au Qatar que cette version de l’islam fait un tort considérable à l’ensemble des cultures musulmanes et à l’humanité entière ? Ne faudrait-il pas en exiger qu’il mette fin à ses méfaits, par une « défrérisation radicale » de l’émirat et de sa chaine de télévision, et une mise en résidence surveillée du Cheikh Youssef al-Qaradawi (tenant compte de son grand âge) et de sa garde rapprochée ?

La stratégie de la double rupture à destination des personnes issues des deuxièmes et troisièmes générations de l’immigration en Europe

Ce qui précède montre que les personnes et les pays cités mènent une vaste opération de capture de la piété, de mainmise sur le sentiment religieux et sur les appartenances qui lui sont attachées.

Cette stratégie s’est jusqu’ici montrée particulièrement performante sur les jeunes et les moins jeunes issus de l’immigration en Europe, car elle procède à une double rupture : avec l’islam des parents, du pays d’origine, disqualifié comme « confusion avec les coutumes », et avec les sociétés d’accueil, accusées de ne pas accepter l’islam, d’être « islamophobes », terme qui globalise, homogénéise et « victimise » les musulmans en un seul mot. Elle joue sur la transmission parcellaire des cultures d’origine et sur la difficulté d’articuler cet héritage partiel aux sociétés européennes, et s’insinue dans l’interstice en flattant l’ego des deuxième et troisième générations de l’immigration qui se considèrent supérieures du point de vue islamique à la première, car « nous, nous avons accès aux textes », donc au « vrai islam » ou du moins ce qui se prétend tel, revendiquant l’orthodoxie de ce qui n’est qu’une version dévoyée de l’islam.

Une crise est une occasion de changement

Il n’y a pas de honte pour ces personnes des deuxième et troisième générations à s’être laissé bluffer par le discours diablement malin d’un Tariq Ramadan – et elles sont loin d’être les seules à être tombées sous son charme. Mais la crise actuelle, comme disent les thérapeutes systémiques, peut devenir pour elles une occasion de changement, une libération de son enjôlement.

Elles peuvent se libérer de l’emprise de ce discours et se tourner vers leurs parents, grands-parents et arrière-grands-parents pour tenter de combler les manques dans la transmission : même (ou peut-être surtout) si ceux-ci sont des paysans peu scolarisés, leurs formes de compréhension de l’islam, héritières de siècles d’intelligence et de ferveur collectives, dépassent de loin en spiritualité, en beauté et en éthique celle, suprématiste, exclusiviste et hégémonique, concoctée à Doha.

Elles peuvent en extraire ce qu’elles ont de plus précieux, comme leurs trésors de culture orale et d’ouverture aux autres, en les tamisant pour les séparer de ce qu’elles ont de moins bien, comme les excès patriarcaux qui n’y sont pas rares. Elles peuvent tenter d’articuler ce qu’elles recueillent de mieux dans leur tamis à ce que les sociétés d’accueil offrent de meilleur, sur base de valeurs partagées comme l’hospitalité mutuelle des convictions.

C’est ainsi que ces personnes issues de l’immigration musulmane en Europe pourront relever avec ceux qui les soutiennent le défi de promouvoir les cultures de paix (contre les cultures de guerre), l’inclusion (contre le refus de l’autre), le dialogue « interconvictionnel » (dans l’émulation et non la confrontation), les formes d’islams ouverts (contre le fanatisme).

Agencer l’héritage des cultures musulmanes au monde contemporain pluriel

Cela fait cinquante ans que les formes normatives (wahhabo-salafistes) et politiques (fréristes) de l’islam empoisonnent le monde en général et le monde musulman en particulier. Elles forment ensemble le ventre d’où est sortie la bête immonde du fanatisme islamiste violent. Le rôle de l’Arabie saoudite, de sa propagande et de ses stratégies institutionnelles est désormais connu de tous. « L’affaire Tariq Ramadan » jette une lumière crue sur celui joué par le Qatar (qui soutient « théologiquement » la dictature islamiste d’Erdoğan en Turquie). Le malaise, ou trouble ou crise, provoqué par cette affaire peut être l’occasion d’une désintoxication, une « dé-fréro-salafisation » en profondeur.

C’est ainsi que musulmans et non-musulmans pourront renouer avec la part lumineuse de leurs héritages culturels respectifs pour l’agencer, par la rencontre et l’apprentissage mutuel, à la pluralité du monde contemporain. Pour prendre soin les uns des autres, du vivant et de la planète. Pour œuvrer ensemble au partage des passions joyeuses, au réenchantement du monde par l’émerveillement devant la beauté, l’amour, l’intelligence. Pour construire un monde commun, juste, divers et en paix.

Informations complémentaires

Auteurs / Invités

Olivier Abdessalam Ralet

Thématiques

Frères musulmans, Islam, Lutte contre les intégrismes, radicalisation, Nazisme, Qatar, Questions et options philosophiques, politiques, idéologiques ou religieuses, Suprémacisme, Tariq Ramadan, Tayyip Erdogan, Turquie, Youssef al-Qaradawi

Année

2018