Politique, franc-maçonnerie : des formes différentes d’engagement ?

Jean-Michel Quillardet

 

UGS : 2015034 Catégorie : Étiquette :

Description

Mon itinéraire pourra, peut-être, permettre de poser la problématique de l’engagement.

J’ai, dans la vie, deux engagements. D’abord un engagement professionnel comme avocat. Aujourd’hui, nous avons un ministre, monsieur Macron, qui veut détruire la profession d’avocat. On veut marchandiser des professions qui sont des professions tout à fait particulières, des professions d’auxiliaires de justice, mais qui sont aussi des professions profondément humanistes. Parce que l’avocat c’est celui qui, à un moment donné – et surtout en matière pénale, mais pas simplement en matière pénale, cela existe aussi en matière civile et en matière commerciale –, prend la parole pour celui qui est dans les difficultés.

Quand quelqu’un est à terre, avec les procédés d’aujourd’hui, tout le monde, toutes les institutions ne pensent qu’à une chose : c’est de lui donner des coups de pied pour qu’il soit encore plus à terre. Il y a des professionnels, des avocats, effectivement, qui se lèvent et qui prennent sa défense et qui essayent d’expliquer qu’il faut le relever, tant bien que mal. Voilà un engagement qui est très fort : on peut tenter d’avoir un rôle sur un certain nombre de cas de détresse, mais au-delà de ça, on vise la défense des libertés individuelles et des libertés collectives.

Le deuxième engagement que j’ai eu dans ma vie, c’est la franc-maçonnerie. J’ai assez vite compris que je n’étais pas fait pour l’engagement politique. Petite anecdote : il se trouve, mais il y a fort longtemps de cela, – c’était au temps de monsieur Giscard d’Estaing –, je me suis inscrit à la section du Parti Socialiste de mon quartier. J’étais le cinquième remplaçant de parti. Lorsque j’ai débuté – il y avait un certain nombre de personnalités dans cette section qui sont devenues un peu célèbres par la suite –, j’écoutais les autres et à un certain moment, je ne savais plus très bien où en était les militants du Parti Socialiste de cette section.

À la suite d’une déclaration sur les réformes du président Giscard d’Estaing, – qui n’a pas fait que de mauvaises choses, notamment sur le plan sociétal, (il a abaissé l’âge de la majorité à dix-huit ans, la dépénalisation de l’avortement, l’autorisation du divorce par consentement mutuel, et aussi des choses tout à fait fondamentales sur le plan juridique tel que l’extension du droit de saisine du Conseil constitutionnel pour les parlementaires) –, les membres de ma section on trouvé que cette politique était inadmissible, et qu’il fallait absolument faire des manifestations. Moi je trouvais que ce n’était pas si mal ce qu’avait dit ou ce qu’avait proposé Valéry Giscard d’Estaing ; aussi j’ai pris la parole et l’ai dit.

À ce moment-là, je me suis aperçu que l’ensemble de mes amis, des militants, des camarades, m’ont regardé, les yeux effarés et exorbités, en se demandant : « Mais qu’est-ce que c’est que ce gars, qu’est-ce qu’il vient faire ici ? » Je me suis senti très mal à l’aise et j’ai compris, en effet, que je ne pouvais pas adhérer à une ligne politique, que je ne pouvais pas adhérer à un programme où il y a une discipline. Ce qui me paraît très important à ce sujet, c’est le système de vassalité, de féodalité qu’est devenu la politique aujourd’hui : il faut être un alleutier, au sens médiéval du terme, c’est-à-dire quelqu’un qui, par les circonstances de l’histoire, fait qu’il n’est pas  un paysan qui a la propre propriété de sa terre et de son autonomie. J’ai voulu garder mon autonomie, donc je ne me suis jamais engagé dans un autre parti politique et je me suis engagé en franc-maçonnerie.

Ce qui m’a intéressé dans la franc-maçonnerie, et c’est la raison pour laquelle j’y ai consacré beaucoup de temps, c’est que dans une loge, vous pouvez rencontrer un certain nombre de Frères et de Sœurs qui n’ont pas la même opinion que vous.

Dans les loges du Grand Orient de France, il y a des gens qui viennent de la droite, de l’UMP (Union pour un mouvement populaire), de l’UDI (Union des démocrates et indépendants), etc., et des gens du Parti socialiste, du Front de gauche, du Parti communiste. Par contre, on n’y rencontre pas des gens d’extrême droite. C’est cela qui est intéressant, on doit, en effet, sur un certain nombre de problématiques, parler, dialoguer et, à un certain moment, retrouver un chemin commun, mais autour de valeurs qui nous sont communes et avec lesquelles nous ne pouvons pas transiger : c’est le Pacte républicain, c’est la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789.

La Déclaration des droits de l’homme de 1789, c’est un acte politique qui transforme et qui renverse l’histoire. On passe d’un Ancien Régime fondé sur les idées, la tradition, l’ordre, vers une autre société et un nouveau régime qui est au contraire fondé sur l’éthique, sur la liberté et sur le respect de l’autre dans sa différence.

La Déclaration des droits de l’homme, c’est notre charte aussi, à nous, francs-maçons, mais pas seulement ; et heureusement, c’est la charte de la République et de tous les républicains, mais également la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme, aujourd’hui en Europe, et la Constitution.

La Constitution de la cinquième République c’est l’organisation des pouvoirs publics, mais ce n’est pas simplement cela. La Constitution de 1958 pose les nouveaux droits, les droits économiques et sociaux, le droit au travail, le droit à la santé, le droit à l’intimité, l’égalité entre les hommes et les femmes, etc. Ce sont des principes et des valeurs qui sont totalement universels. Si je rappelle cet engagement au sein de la franc-maçonnerie sur cette raison-là en particulier, c’est parce que nous sommes au cœur de la question de l’engagement pour tenter d’éradiquer les indignations.

Ne soyons pas pudiques, ne soyons pas timides à l’égard de ces valeurs, parce qu’elles sont universelles. Elles nous permettent de lutter contre ce qui fait le drame de nos société, notamment sur le plan international : c’est le relativisme culturel.

C’est au nom du relativisme culturel que certains nous expliquent que les combats qui sont menés par un certain nombre d’islamistes sont fondés. C’est au nom du relativisme culturel que l’on justifie, aujourd’hui, un système totalitaire qui est le système communiste de la Chine. C’est au nom du relativisme culturel que l’on explique, la Russie n’a jamais connu la liberté et, que ne la connaissant pas, elle doit accepter le système mis en place par monsieur Poutine, etc.

N’ayons pas peur des combats que nous devons mener : l’engagement humaniste, l’engagement autour de ce corpus de valeurs qui permettent tout simplement l’épanouissement de l’homme.

Il y a deux conceptions de la vie. Il y a une conception que l’on pourrait dire inspirée du stoïcisme de Marc Aurèle : « Adhérons au monde, fusionnons avec le monde et vivons de manière la plus intense l’instant qui nous parvient. N’espérons pas. N’espérons pas, parce que le monde est ainsi fait que si on espère alors on ne vit pas ces beaux moments de plénitude. Si l’on espère, on sera de toute façon déçu parce que le monde est quand même fait de désespérance. »

Il y a une autre conception de l’homme qui est de dire que nous ne pourrons pas accepter le monde tel qu’il est, et que nous devons combattre pour le transformer.

Il y a l’engagement humaniste, l’engagement dans la franc-maçonnerie. Un travail sur l’homme est réalisé, un travail individuel qui paraît tout à fait nécessaire, tout à fait opportun : Václav Havel disait que c’était la démarche spirituelle, parfois même transcendantale, qui permettait de donner plus de force à l’engagement dans la société, un engagement pragmatique pour l’épanouissement de l’homme. L’engagement maçonnique, l’engagement humaniste, est une démarche individuelle, mais ne peut avoir d’efficacité, d’efficience, que si elle devient collective.

Le projet du Grand Orient de France, est, au bon sens du terme, un projet politique. C’est un projet politique qui doit être porté politiquement par les représentants de l’obédience, car l’article premier du Grand Orient de France, c’est, en réalité, le résumé de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, c’est cette grande charte de valeurs républicaines, démocratiques et qui permet la libération de l’individu.

L’engagement humaniste et l’engagement maçonnique sont un engagement politique. Il faut donc utiliser les moyens politiques, c’est-à-dire la discussion, la critique, l’esprit critique, le libre examen, la pensée libre à l’égard des institutions et des institutions politiques officielles. De ce point de vue, le Grand Orient de France fait le travail qui lui incombe : il n’est pas décisionnaire au niveau des institutions, mais il peut exercer une influence dans un certain nombre de prises de position, notamment sur une question tout à fait fondamentale qui est la laïcité.

Si les francs-maçons, en règle générale, n’avaient pas existé au cours de l’histoire, je ne suis pas sûr que la laïcité républicaine se soit développée. Le modèle laïque français est de nature universelle et est inclusion et non pas du tout exclusion, ni discrimination, ni stigmatisation. Ce modèle est mis en cause aujourd’hui et nous continuons à nous battre malgré tout, pour sa perpétuation.

Voilà une forme d’engagement importante, mais sur lequel on a, effectivement, peu de prise sur la réalité. On est dans l’invocation, on est  quelquefois dans l’indignation, mais aussi dans la proposition.

L’autre engagement, c’est l’engagement politique proprement dit. Non plus la politique des idées, mais la politique quotidienne, et là, on assiste à une déviation de la démocratie. « La démocratie c’est le plus mauvais des régimes à l’exception de tous les autres. » La phrase est célèbre et elle est parfaitement juste. Je suis de ceux qui défendent la démocratie représentative, la démocratie parlementaire, car il me semble que, dans un pays où il y a plus de soixante millions d’habitants, il est nécessaire qu’il y ait des représentants, qu’il y ait des corps intermédiaires qui soient élus, qui soient désignés pour tenter de régler les différents problèmes de notre société dans le cadre des valeurs communes, le Pacte républicain.

Aujourd’hui, il y a une déviation du système politique. Dans la nouvelle forme de prolétariat, on retrouve les immigrés qui ont remplacé le prolétariat traditionnel ; la bourgeoisie, c’est une bourgeoisie très éclatée qui comprend une grande bourgeoisie financière, une bourgeoisie classique, une nouvelle bourgeoisie. Le terme bourgeois est même devenu un peu obsolète. On a également une nouvelle classe qui est la classe aristocratique, en quelque sorte, en tout cas c’est le ressenti, le sentiment que cela peut donner à un certain nombre de nos concitoyens. Et cette aristocratie, c’est quoi ? C’est la classe politique et, ne les oublions pas, la classe médiatique. Il y a là un vrai problème de distance avec ces gens dans lesquels nous (l’ensemble de la population) ne nous reconnaissons pas, dans lesquels nous ne nous reconnaissons plus pour plusieurs raisons.

En ce qui concerne le politique, la raison, concerne la professionnalisation de la politique. La politique est devenu une profession. Il est difficilement imaginable d’ailleurs que l’on puisse revenir sur cette professionnalisation, compte tenu de la complexité des problèmes auxquels sont confrontés les élus locaux, les maires des villes ou les membres du gouvernement. Mais là où il y a un vrai problème, c’est que, de plus en plus, lorsque l’on prend les curriculum vitae d’un certain nombre d’hommes ou de femmes politiques, parmi les plus influents, on s’aperçoit qu’ils n’ont fait que de la politique depuis qu’ils ont terminé leurs études supérieures : baccalauréat, science-po, attaché parlementaire, cabinet ministériel, élu local, sous secrétaire d’État, secrétaire d’État, ministre.

Cela pose un véritable problème parce que celui qui ne vit que dans le cadre politique, dans les palais nationaux, dans les couloirs où se joue le pouvoir, n’a plus connaissance de la réalité directe du terrain, sous la IIIe République, on a parlé de la « République des avocats », on a parlé de la « République des professeurs ». Mais les professeurs, les avocats et autres, ils ne devenaient politiques qu’après avoir été avocats et pas des avocats d’affaires internationaux, mais des avocats de terrain qui défendaient les gens. Les professeurs, les instituteurs, les professeurs de collège étaient confrontés à la réalité, il y avait peu de chefs d’entreprise, peu de syndicalistes dans la vie politique. Il y a cette réalité que chacun d’entre nous vit et qui n’est pas véritablement connue par les hommes et les femmes politique de notre pays. Lorsque l’on exerce des responsabilités au sein d’une obédience, on rencontre beaucoup d’hommes et de femmes politiques : ils sont généralement assez sincères, ce sont des hommes et des femmes de conviction, mais on voit bien qu’ il y a quelque chose qu’ils ne connaissent pas, qu’ils ne vivent pas.

Je suis très frappé par le fait –, peut-être parce que c’est une frustration –, que je n’ai jamais eu de voiture avec chauffeur même lorsque j’étais grand maître du Grand Orient de France. À l’époque cela n’existait pas et cela n’existe toujours pas. Voir les ministres avec une voiture avec chauffeur, cela va très bien, c’est normal : il est difficile pour eux de prendre le métro. Mais il y a énormément d’autres hommes et femmes politiques qui ne sont plus ministres depuis des années et qui ont toujours une voiture avec chauffeur. Pourquoi ? On dit que c’est le parti, qu’ils sont secrétaires nationaux, secrétaires généraux de ceci ou de cela, qu’ils ne peuvent plus prendre le métro comme tout le monde. C’est de la caricature, mais il y a quant même quelque chose de très vrai.

Il n’y a pas que la classe politique qui fait que le système politique est un peu vicié ; il y a aussi la classe médiatique.

On reçoit une espèce d’information continue à la télévision, de presse people, mais surtout une information qui se corporative, car se sont toujours les mêmes visages que l’on voit à la télévision, ce sont les mêmes hommes et femmes politiques, ce sont les mêmes éditorialistes qui sont, aujourd’hui, les nouveaux maîtres à penser. Vous ne pouvez pas ouvrir une chaîne de télévision sans entendre les nouveaux maîtres à penser de la société française : Franz-Olivier Giesbert, Christophe Barbier, etc. Il y a beaucoup d’autres personnes qui ont des choses à dire et on ne les entend pas. On ne les entend pas suffisamment parce qu’on ne leur donne pas la parole, on ne donne pas la parole aux associations, à un certain nombre d’intellectuels… Les intellectuels que l’on voit, ce sont toujours les mêmes, c’est Michel Onfray, Bernard-Henri Lévy alors qu’il y a des tonnes d’intellectuels, de professeurs, d’universitaires, d’experts que l’on ne entend pas. Il y a une richesse de la pensée, de la pensée politique, de la pensée économique qui ne transparaît pas dans un système médiatique  complètement fermé et accolé à un système politique déconnecté de la réalité.

Pour remédier à ce système, il y a deux choses à faire. On ne peut pas, aujourd’hui, dans l’organisation des pouvoirs publics, dans l’organisation de notre Constitution, faire l’impasse sur une discussion sur ce que l’on appelle la démocratie participative.

En 2007, lorsque Ségolène Royal était candidate aux élections présidentielles, elle avait parlé de démocratie participative et tout le monde s’en était moqué. Mais elle avait, dans une certaine mesure, raison. Il est important que les citoyens puissent participer à la prise de décision politique, in fine décidé par le parlement ou par le gouvernement. Il faut organiser cette citoyenneté, l’exercice de la citoyenneté qui pourrait interrompre ce fossé creusé entre la classe politique et l’ensemble de la population.

Mais il y a aussi autre chose. On est de plus en plus, et c’est sans doute lié au système qui s’est mis en place depuis un certain nombre d’années, dans la doxa. On est incontestablement dans la doxa : tout le monde dit la même chose dans le cadre général des partis républicains, tout le monde dit à peu près la même chose sur le plan politique.

Edgar Morin disait: « Pensons la complexité du monde ». Il y a des solutions qui ne fonctionnent pas, il y a des politiques qui ne fonctionnent pas. Pourquoi ne pas essayer autre chose ? Je n’ai pas de solution sur le plan économique, mais on n’entend pas suffisamment d’autres voix sur le plan de l’organisation économique, sur le plan de l’organisation de l’Europe, sur le plan de la vie politique et sociale. On est resté dans des habitudes dont on ne veut pas sortir et surtout, on ne veut pas expérimenter. Or, il faut expérimenter un certain nombre de politiques.

L’affaire du barrage de Sivens est très symptomatique de la crise de la société française, à cet égard. Vous avez le barrage, un certain nombre de recours juridiques sont faits, les tribunaux rejettent les recours. On a construit ce barrage avant d’attendre une décision de la juridiction administrative qui pouvait annuler le permis de construire. On s’est empressé de construire le barrage parce que quand on annule un permis de construire, il est difficile de procéder aux destructions. Est-ce qu’on a suffisamment, en amont, organiser des dialogues et des débats ? Parce qu’il y a les agriculteurs qui disent un certain nombre de choses qui sont respectables et qui doivent être écoutés, mais il y a la police qui dit aussi autre chose, la prise de décision est extrêmement difficile. À un moment donné, il faudra sans doute arbitrer, mais avant d’arbitrer, il faut écouter, il faut dialoguer. Et ça je crois qu’on ne sait plus trop le faire ; chacun avance dans sa propre direction, mais la démocratie c’est aussi de pouvoir trouver des compromis.

Le drame de la société française (et de beaucoup de sociétés), c’est que beaucoup de gens se recroquevillent sur eux-mêmes, déçus par l’action politique, déçus par leur propre vie, déçus par les propres conditions qui leur sont faites. Ils s’enferment en eux-mêmes, s’enferment chez eux avec leur famille, entretiennent leur vision un peu épicurienne ou stoïcienne de la société et laissent quelquefois tomber le vote, ou votent mais avec peu d’enthousiasme.

Il faut absolument que chacun d’entre nous se pose la question : « Que faisons-nous ? »

L’un des moyens pour que nous soyons moins indignés à l’égard de beaucoup de problématique, c’est le combat : le combat pour les idées ; le combat pour des valeurs ; le combat pour la transformation d’une société. Et cela doit se faire collectivement dans un certain nombre d’associations, dans un certain nombre de partis politiques.

C’est quoi la politique ? À quoi ça sert de faire de la politique ? Certainement pas à faire le bonheur des gens malgré eux, mais à créer les conditions à partir desquelles les hommes et les femmes de notre pays (et de tous les autres pays) peuvent faire mieux et se créer leur propre bonheur. C’est ce que les philosophes appellent la poësis. Le rôle de la politique, c’est de permettre à chacun d’entre nous de mener une bonne vie.

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Informations complémentaires

Année

2015

Auteurs / Invités

Jean-Michel Quillardet

Thématiques

Franc-maçonnerie, Information, Médias, Participation citoyenne / Démocratie, Questions et options philosophiques, politiques, idéologiques ou religieuses, Société secrète