Petit essai sur l’existence de Dieu

Jean Cambier

 

UGS : 2014025 Catégorie : Étiquette :

Description

Parmi les questions existentielles fondamentales qu’il se pose sur le sens de sa vie, sur le sens de la vie, tout individu est confronté à la notion de divin et à la présence de Dieu. Dieu créateur de l’homme, ou l’homme créateur de Dieu ? Et le Jésus des chrétiens, et le diable, et les saints et les anges, ont-ils une influence sut notre destinée d’homme ?

Prologue

Les pages qui vont suivre ne sont pas l’œuvre d’un philosophe professionnel, mais d’un juriste qui pendant toute sa carrière a pensé et réfléchi à toutes ces choses qui tracassent journellement tout un chacun sans y trouver une solution. Je ne crois pas avoir trouvé la solution. Mais j’en propose une. Chacun pourra en penser ce qu’il voudra.

La plupart des gens se contentent d’accepter des solutions toutes faites, et celles-ci foisonnent. Hélas, elles ne me satisfont pas. Voilà l’objet de ces quelques pages bien modestes.

Elles sont toutefois le fruit de nombreuses et longues réflexions, car depuis ma plus tendre enfance…, je pense, je réfléchis, je médite, ce qui m’a valu d’être qualifié de distrait par mon premier instituteur, dès ma première primaire, mais qui ne m’a pas empêché de réussir mes études primaires (qualifiées actuellement de fondamentales). Bien que tronquées par la volonté de mon père (je suis passé de cinquième en sixième… gréco-latines). Je suis arrivé à l’ULB à l’âge de dix-sept ans après de pénibles études gréco-latines. Et après avoir perfectionné ma première candidature et acquis une méthode pour réussir mes examens sans trop travailler, j’ai pu m’inscrire au Barreau de Tournai à l’âge de vingt-trois ans. Après dix ans de Barreau, j’ai eu l’avantage d’être nommé notaire. Cette profession me permettait, après avoir mis mes dossiers au point, de lire mes actes en pensant à autre chose.

Et voilà le résultat.

Dieu existe-t-il ?

Dieu (ou dieu) existe. C’est une évidence – un postulat, comme disent les mathématiciens –, tout comme je crois que j’existe puisque je parle, que j’écris et que je crois que je pense, et que je crois que tous ceux qui m’entourent existent. Comment pourrions-nous exister s’il n’y avait quelque dieu ? Mais dès lors se pose – pour moi – la question essentielle : dieu (ou Dieu) qui est-il, ou plutôt qu’est-ce que c’est ?

Et c’est la vraie nature de la question que, à son insu, chacun, si minable soit-il, se pose inconsciemment depuis le début de l’humanité, depuis que l’homme pense. Celui qui nie l’existence d’une divinité est aussi stupide que celui qui prétend connaître Dieu et imposer ses vues aux autres.

Dès le moment où les hommes ont ressenti qu’il existait un élément (un Dieu ?) qui les dominait, ils ont voulu l’identifier, voire le représenter à leur manière et chacun comme il le voyait. Certains peut-être plus intelligents ou plus imaginatifs ou plus puissants ont concrétisé leur pensée, leur idéologie et l’ont imposée à d’autres moins constructifs ou plus paresseux ou plus faibles.

C’est ainsi que sont nés les dieux à forme humaine ou symbolisant des phénomènes naturels.

Dieu n’a donc pas fait l’homme à son image. C’est l’inverse : c’est l’homme qui a fait des dieux à son image. Et le Dieu monothéiste n’en est qu’un aboutissement, toujours à l’image des hommes qui l’ont concrétisé. Les chrétiens ne représentent-ils pas leur dieu à l’image d’un homme ?

La différence entre le monothéisme et le polythéisme, pour être essentielle, n’est pas aussi évidente qu’il n’y paraît.

En général, dans toutes les sociétés, même les primitives et évidemment dans les sociétés polythéistes, un des dieux émerge et domine la « société divine ». Zeus en Grèce, devenu Jupiter à Rome. Râ ou Horus dans l’Égypte ancienne.

Plusieurs religions de l’Antiquité se sont limitées à deux personnages principaux en opposant l’un qui représentait le mal à l’autre qui symbolisait le bien. Souvent, cependant, des satellites accompagnaient ces personnages essentiels. Le monothéisme est donc issu tout naturellement et progressivement du polythéisme.

Le pharaon (Akhenaton) avait déjà imposé à son peuple le monothéisme. Ce ne fut qu’une tentative éphémère, dont les Juifs se sont peut-être inspirés en quittant l’Égypte sous la direction de Moïse.

Ce grand prophète qui dominait spirituellement – et sans doute aussi matériellement – son peuple, semble avoir eu l’idée de se retirer à l’écart de celui-ci et hors de sa vue, pour composer un des premiers codes de droit, dont une bonne partie de l’humanité croit encore pouvoir s’inspirer à ce jour, et qui a dû influencer beaucoup de conceptions juridiques en vigueur.

La conception monothéiste n’est pas si évidente, ni si simple que cela. Pour conserver la face, le christianisme a dû imaginer qu’il y avait trois personnes en Dieu !

Le catholicisme y a ajouté des saints qui constituent la cour de Dieu le père au paradis. Cela ne suffisait pas, il fallait également des anges. Des bons et des mauvais, ces derniers étant personnifiés par le diable. Ce qui nous réintroduit l’opposition entre le bien et le mal, vieille notion. On y a encore ajouté le culte des saints, auprès de qui on peut intercéder pour des tas de choses selon les circonstances !

Le monothéisme se confond dès lors presqu’avec le polythéisme, dont il n’était qu’une évolution sortie d’une pensée plus élevée, mais fragile et dangereuse puisqu’elle est la voie vers l’intolérance et la contrainte, et donc vers les conflits religieux. Le monothéisme ne tolérant pas d’autres dieux – c’est évident.

Le monothéisme des prophètes juifs, qui est à l’origine de toutes les grandes religions monothéistes et des sectes qui tournent autour, était cependant à l’origine bien différent des conceptions qui en sont issues.

Le dieu de Moïse est celui qui guide et protège le peuple juif exclusivement, et qui le défend et le dresse contre les autres peuples. C’est celui qui a permis à Moïse de persuader le peuple juif de le suivre dans le désert pour s’implanter en Palestine, après avoir conquis son territoire (et en avoir sans doute exterminé les anciens occupants).

C’est le christianisme qui a imaginé que ce dieu monothéiste pouvait étendre son emprise, ou sa protection, sur le monde entier, concevant ainsi la première religion universelle. Cela devait peut-être, dans son esprit, éliminer les rivalités et les guerres. Il n’en fut rien.

Il est dès lors bien compréhensible que la plupart des Juifs n’aient pas approuvé et reconnu ce prophète illuminé. Il leur enlevait leur protecteur pour en faire celui de l’humanité, de tous les peuples, et qui pouvait dès lors protéger leurs ennemis aussi bien qu’eux-mêmes.

Depuis lors, ce paradoxe n’a cessé d’exister tout au long de l’histoire. Chacun invoquant son dieu pour anéantir d’autres peuples qui, paradoxalement, revendiquaient la protection du même dieu, puisque chacun considérait qu’il n’y en avait qu’un ! (God mit uns… ! Dieu protège le Roi. Dieu et mon droit.) Et au nom de ce dieu chacun considérait qu’il avait l’obligation et le devoir d’anéantir l’autre ou les autres !

C’est une conception bien éloignée de celle de Moïse. Celle-ci était simple en ce temps où les peuples non juifs n’étaient pas protégés par Dieu, mais par d’autres dieux. Était-ce dès lors déjà une vraie conception monothéiste ? Puisque si, pour les Juifs, il n’existait qu’un seul dieu, ils trouvaient cependant normal qu’il existât d’autres dieux pour les autres et que leur dieu ne protège pas les autres. Dès le moment où il semble acquis qu’une divinité existe, il convient d’en définir son rôle et il me semble certain que ce rôle n’est pas d’intervenir dans la vie de tous les jours.

La science a établi, ou plutôt reconnu, des lois qui régentent notre univers. En admettant que le déterminisme universel ne soit plus contestable, ce qui n’est peut-être plus le cas, chaque événement qui se passe est la conséquence unique de tout ce qu’il s’est passé à l’instant d’avant. Il ne me semble pas que la divinité se soit réservée la possibilité de changer le cours des événements. Elle a établi cet univers qui se poursuit depuis des millénaires avec les matériaux qui semblent partout les mêmes et qui évoluent partout en suivant les mêmes lois.

Il est, dès lors, tout à fait inutile de prier comme la plupart des gens le font depuis la nuit des temps, si ce n’est pour se donner du courage ou une certaine confiance en soi, en étant persuadé que quelqu’un vous aide ou vous aidera.

Cela ne veut certainement pas dire que « tout est écrit » et que nous devons laisser les choses aller. Ce serait oublier que dans ce monde et dans le déroulement des événements, nous sommes des acteurs involontaires et forcés, et que le fait de laisser aller les choses est une façon d’intervenir sur le cours des événements autrement qu’en agissant. Paradoxalement, l’inaction est une façon d’agir ou en tout cas d’intervenir sur le cours des événements. Et nous sommes tout aussi responsables de ce qui se passe en nous abstenant d’intervenir qu’en agissant.

Dès l’instant où l’on admet que ce monde est régi par des lois que la science a libellées, au cours des siècles, au grand dam des religions qui en faisaient les frais puisque les explications qu’elles donnaient des phénomènes que nous subissons s’effondraient, il est évident qu’il ne peut exister de phénomènes surnaturels.

Il n’existe que des phénomènes inexpliqués. Il n’y a pas si longtemps que la plupart des hommes considéraient que l’orage ou une quelconque catastrophe naturelle était la conséquence de la colère de Dieu ou des dieux. Je pense que certains le croient encore. On sait maintenant ce qu’il en est. En tout cas pour ceux qui veulent bien le savoir.

Chaque phénomène qui se déroule sous nos yeux est la conséquence de ce qui s’est passé précédemment, même si nous n’avons pas compris ce qui se passait.

Jésus-Christ

Jésus-Christ, ce prophète qui a si profondément marqué l’humanité pour des siècles et sans doute des millénaires, certains vont jusqu’à nier qu’il ait existé. Cela me semble stupide. Je suis persuadé qu’il a bien existé. Mais a-t-il existé comme cela est exposé dans le Nouveau Testament ? Je crois que l’on peut en douter sérieusement.

Tout d’abord, il est certain que ce n’est qu’au concile de Nicée que l’on a sélectionné quatre évangiles parmi toute une collection qui circulait à ce moment. Ces quatre évangiles ne sont même pas d’accord entre eux sur tous les événements qu’ils rapportent.

Ces évangiles ainsi que tous les autres qui ont été écartés lors du concile de Nicée, et qui ont été retrouvés récemment et qualifiés d’apocryphes (manuscrits de la Mer morte ou retrouvés dans le désert) ont été écrits des années après les événements qu’ils rapportent. Ils se basent donc sur la rumeur populaire.

Cette rumeur populaire est certaine. Ce qui nous engage donc à affirmer que Jésus-Christ a bien existé, que son action a été très importante et a eu un énorme retentissement en Palestine et dans le Proche-Orient d’abord, pour se répandre ensuite dans tout le monde connu à cette époque.

Par contre, nous ne saurons jamais si certains bruits qui courent depuis l’Antiquité, et qui ne sont pas repris dans les évangiles homologués, ont un certain fondement.

À quelle date exactement est-il né ? Tout le monde est d’accord pour affirmer que l’an un n’est pas l’année exacte de sa naissance. À quelle période de l’année est-il né ? On ne peut contester que le jour de Noël a été inventé assez tard, et qu’il s’agit d’un rappel d’une ancienne fête païenne. Les Juifs fêtaient déjà la Noël et la fêtent d’ailleurs encore. Comment est-il mort ? Quant à ce dernier point, la relation accréditée de sa mort est établie dans l’ignorance complète des mœurs et des coutumes des Romains, que l’on met en scène et qui occupaient la Palestine.

La crucifixion était bien un supplice habituel chez les Romains. Toutefois, il est certain qu’il consistait à attacher un homme sur une croix le long d’une route fréquentée pour l’y laisser mourir à petit feu sous le regard des passants. Il me semble donc contraire au principe même du supplice, qu’on ait cloué Jésus sur la croix, tout d’abord et qu’ensuite on ait voulu précipiter sa mort. Et que lorsque le légionnaire romain lui a percé le cœur avec une épée pour être certain de sa mort, que le sang ait pu gicler de sa plaie : chacun sait que le sang ne gicle pas d’un organisme mort, puisqu’il n’y circule plus.

Quant à la résurrection, chacun en pensera ce qu’il voudra, mais plusieurs explications sont possibles. Beaucoup de mises en scène ou de trucages ont pu exister dans ce qui est rapporté par les Écritures.

Quant à l’ascension, il est évident que cette croyance pouvait se concevoir lorsque l’on imaginait que la terre était plate, qu’à l’étage au‑dessus existait un endroit idyllique, et qu’à l’étage en-dessous un endroit infernal.

Nous savons maintenant que la terre est ronde, qu’elle tourne autour du soleil, et celui-ci évolue dans l’immensité de l’univers.

Où placer, dès lors, le ciel vers lequel Jésus-Christ aurait pu monter pour s’asseoir à la droite de son père qui s’y trouvait déjà ?

De l’amour et de la bonté de Dieu

Dans les milieux catholiques, on proclame que dieu est amour. On épilogue sur sa bonté. Il est bien évident que Dieu, ou une divinité quelconque, n’est ni bon ni mauvais. Il y a lieu de se reporter à ce qui est dit plus haut. Il n’intervient pas dans le déroulement des événements. Pas plus d’ailleurs que d’invoquer le « diable » pour nuire à qui que ce soit.

Du diable

Le diable n’est qu’une création indispensable, dès le moment où – comme dans certaines religions – on affirme que Dieu est bon : « Dieu est amour ».

Combien de gens ne disent pas : « Si Dieu m’aime bien, pourquoi me fait-il tant de mal ? », ou « Pourquoi me laisser faire tant de mal ? »

Il y a de toute façon une contradiction, car s’il est bon, il ne doit pas faire de mal à ses ouailles, et s’il est tout-puissant, il ne doit pas laisser faire le mal par un autre, fût-il le diable. Et les soi-disant exorcistes n’y changeront rien.

De l’âme

Qu’est-ce que l’âme ? Existe-t-il quelque chose de nous après la mort ?

Il est évident qu’après notre mort, nous ne vivons plus. Monsieur de la Palice aurait pu en dire autant, Toutefois, certains enseignent – et d’autres sont bien heureux en croyant – que la mort, c’est la vie !

Marcel Barzin, mon professeur de philosophie, enseignait qu’il s’agissait là d’une conception qui s’est accréditée à une certaine période noire de l’Antiquité. Les gens étant si malheureux et désespérés qu’ils espéraient et croyaient volontiers qu’il devait exister un monde meilleur après celui où ils vivaient. Je partage cette opinion et le fait de croire qu’après cette vie – où pour certain tout va mal – tout ira mieux est très réconfortant.

Mais néanmoins, que penser de l’âme ?

Je crois que tous seront d’accord pour considérer qu’il s’agit de quelque chose d’immatériel.

Je conçois donc que ce qui reste après notre mort, c’est notre œuvre, le résultat de notre passage sur cette terre. Certains d’entre nous laissent des traces vraiment constructives et sensibles. D’autres moins. Nous laissons tous des traces de notre passage, si minimes soient-elles. Certains laissent même des effets tout à fait négatifs, même si, pour eux, ce qu’ils font peut leur sembler constructif.

L’âme de quelqu’un c’est donc, pour moi, ce qui reste de son passage sur terre après sa mort.

Quant à considérer que cela pourrait monter un jour au ciel, il faut se reporter à ce qui est dit ci-dessus, concernant le ciel.

Des phénomènes paranormaux

Dès le moment où nous avons constaté que dans l’univers tout se déroule suivant des lois établies avec les mêmes éléments depuis toujours et cela continuera vraisemblablement ainsi encore longtemps, il est bien évident que nous n’inventons jamais rien, mais que nous constatons des faits qui se produisent depuis toujours, hors de notre intervention, et que nous parvenons à un certain moment à provoquer par notre génie, mais que ce ne sont que des phénomènes qui se sont déjà produits précédemment indépendamment de notre intervention.

Nous n’inventons rien, nous découvrons. Ces constations nous amènent également à considérer qu’il n’existe pas de phénomènes « paranormaux ». Tous les phénomènes sont évidemment normaux puisqu’ils se déroulent depuis toujours de la même manière, avec ou sans notre intervention.

Il n’y a donc pas de phénomènes anormaux ou « paranormaux ». Il n’y a que des phénomènes inexpliqués, des phénomènes dont nous n’avons pas encore découvert à ce jour comment et pourquoi ils se produisent. Il y en aura sans doute toujours. Le jour où il n’y en aurait plus, nous serions à l’égal du dieu imaginé par les hommes de tous âges depuis que le monde existe.

Du sexe

De tout temps, le sexe a tracassé les gens et… peut-être déjà certains animaux. Il est un fait que les deux sexes existent (et pas les autres… comme dans Flaubert…).

C’est une situation naturelle à laquelle nous ne pouvons rien.

Même si certaines espèces sont ambisexuées, le sexe ou les sexes existent chez elles et jusqu’à présent sont nécessaires à la perpétuation de l’espèce. À moins que le clonage mette fin à cette évidence – qui n’en serait plus une – et supprime le sexe… mâle ! Quelle joie pour certaines féministes et quelle déception pour d’autres !

La sexualité a plusieurs fonctions. La perpétuation de l’espèce devait être primordialement protégée dans les temps anciens et l’est encore, évidemment, pour certaines espèces qui sont menacées de disparition. Il est évident que l’utilisation du sexe apporte certaines satisfactions. Toutes les religions ont voulu que la sexualité ne serve que pour la perpétuation de l’espèce humaine qui aurait pu être menacée.

Pour éviter que le sexe puisse servir au plaisir ou à la satisfaction d’un besoin naturel, des tas de mutilations ont été imaginées.

Pour les hommes :
– la circoncision
– la castration
– l’ablation du pénis (eunuque)

Pour les femmes :
– l’excision
– l’infibulation

Le comble, c’est que les mutilations chez les hommes sont pratiquées par des hommes, et chez les femmes, par des femmes. Sans doute veulent-ils se venger d’avoir été eux-mêmes mutilés.

Ceux qui pratiquent ces mutilations croient et font croire à leurs victimes que cela est nécessaire pour être pubère et pour pouvoir jouir normalement.

Toutes ces horreurs sont encore pratiquées de nos jours et soutenues par de nombreuses religions, depuis les fétichistes jusqu’aux monothéistes. Bien sûr, après l’opération, la plupart se déclarent satisfaits. Heureusement pour eux. Quelle catastrophe dans le cas contraire !

De la vie

Qu’est-ce que la vie ?

Tout d’abord, il y a trois sortes de vies correspondant aux trois natures existant dans ce monde : animale, végétale et minérale (contrairement à beaucoup d’idées préconçues).

Beaucoup seront surpris d’entendre parler d’une vie « minérale ». Il est pourtant bien évident qu’elle existe. Elle est d’un développement rudimentaire, mais elle existe. Elle est simple, mais elle est à l’origine de toutes les autres vies.

Les matières minérales, considérées comme inertes, bougent et évoluent.

La vie végétale ne fera certes pas l’objet de contestation.

Quant à la vie animale, elle est le sommet de la matière qui nous occupe. Toutefois le problème relatif à ces deux dernières catégories n’est pas si simple qu’il n’y paraît.

En effet, lorsqu’un arbre est abattu pour une raison quelconque, ou même qu’une branche est coupée ou arrachée par un phénomène naturel – c’est-à-dire sans intervention humaine – la vie ne quitte pas instantanément cette portion de végétal, qui pourtant n’est plus viable. Un arbre abattu continue de vivre un certain temps, pendant lequel il porte des feuilles et des fruits et cela peut durer plusieurs années. Vit-il encore ? Dans une certaine mesure, évidemment.

Il en est de même en ce qui concerne la vie animale.

Les cheveux et les ongles, notamment, continent de pousser. Il y a donc toujours une certaine vie dans un corps qui n’est plus viable. Une distinction s’impose donc entre être vivant et matière vivante. Un être vivant est un ensemble qui peut subsister par lui-même, défendre son existence, se maintenir en vie et se reproduire. Il n’en est pas de même d’une partie d’un organisme « vivant » ou qui vivait qui continue de maintenir une certaine vie qui ne saurait durer.

Ceci nous éclaire sur la nature d’un fœtus qui vit tant qu’il est dans le corps de sa mère, mais ne saurait subsister si on l’en sépare. Dès que ce fœtus sera devenu un être qui sait maintenir son existence seul, même s’il a besoin de l’aide de son entourage pour subsister, comme tout être qui vient au monde, il sera réellement un être vivant.

Le rôle des religions

Si l’existence d’une divinité est un problème, le rôle des religions en est un autre.

Qu’est-ce qu’une religion ?

Certains d’entre nous répondrons qu’une religion est une secte qui a réussi. Dans un sens cette réflexion est exacte, mais je pense qu’il faut quand même analyser la question autrement et plus profondément.

Dès les débuts de l’humanité, les hommes et en tout cas certains hommes ont pensé et sont arrivés à la même solution que moi : « Une divinité existe ». Ils ont attribué à cette divinité des tas de pouvoirs et l’ont rendue capable de tout et plus spécialement responsable de tout ce qu’ils ne savaient pas résoudre.

Mais l’idée de la divinité était fort vague dans leur esprit. Ils ont considéré qu’il devait y avoir un dieu pour chaque élément qui leur posait problème. Ils ont surtout cru que vu les capacités et les pouvoirs extraordinaires que détenaient ces dieux, il fallait les honorer, les prier, les supplier, leur consentir des sacrifices parfois même humain (pensez au fils de Moïse. Celui-ci était, toutefois, plus finaud et a trouvé une échappatoire au drame envisagé).

Ces pratiques ont bien sûr évolué au cours des siècles. Les prières ont été entourées d’un cérémonial variable en fonction des croyances et des horizons. Celui qui ne respectait pas ce cérémonial devait être sanctionné, soi-disant par la colère de Dieu ou des dieux. Il était en tout cas considéré comme hérétique, chassé et poursuivi par l’« Inquisition », ou quelque chose de semblable…

Imaginez seulement qu’au cours des siècles des chrétiens se sont entretués avec rage pour honorer le même dieu parce que l’autre pratiquait une autre liturgie. C’est quand même un comble ! Et cela existe encore de nos jours en plusieurs points du globe.

Au vu de ces réflexions, je ne peux que conclure que les religions sont nuisibles.

Les religions sont-elles un mal nécessaire ?

Ayant conclu que les religions sont nuisibles, devons-nous poursuivre notre raisonnement et considérer (ou décréter) qu’il faut les supprimer ? C’est une solution qui a été décidée à plusieurs reprises et qui s’est chaque fois soldée par un échec, voire une catastrophe.

Les pratiques religieuses se sont poursuivies chaque fois clandestinement durant une période plus ou moins longue et finalement les services des cultes ont réapparu au grand jour plus florissants que précédemment.

L’expérience prouve que la solution est donc mauvaise. Les hommes ont besoin d’un dieu pour expliquer ce qui dépasse leur entendement.

Combien y a-t-il de non pratiquants ?

Combien y a-t-il réellement d’individus qui ne croient pas en Dieu. Je crois que c’est infime et que même beaucoup de ceux qui se déclarent adversaires des religions se promènent avec des médailles ou des fétiches à l’insu du grand public et à l’abri de la vue de chacun et finissent par demander à l’entourage des funérailles religieuses.

Il ne sert donc à rien de lutter contre un besoin naturel d’apaisement que chacun cherche à l’extérieur dans certaines circonstances. Pourquoi persécuter ou seulement priver d’un réconfort (même s’il est illusoire) certains qui en ont besoin pour vivre en paix ?

La lutte ne doit pas s’engager sur ce terrain. C’est perdu d’avance. Le combat ne doit pas se concevoir contre la croyance en un dieu quelconque, mais contre ceux qui exploitent les croyances qu’ils imposent à l’un et à l’autre pour en tirer profit et pour opprimer leurs semblables. Il faut bien constater que le catholicisme s’est révélé expert en la matière au cours des siècles pour imposer sa puissance.

N’oublions pas non plus que tous les moyens ont été bons pour y arriver. Inquisition, persécution et j’en passe et des meilleures. De plus, il faut se rendre compte que le fait d’interdire de pratiquer une religion quelconque, c’est faire preuve d’autant d’intolérance que d’imposer la pratique stupide de l’une ou de l’autre.

En conclusion, soyons donc tolérants. Laissons chacun pratiquer en paix le culte qui lui plaît et selon tel ou tel cérémonial, même s’il n’est pas inféodé à une religion ou n’en pratique aucune.

C’est aux pouvoirs publics qu’il appartient de prendre les mesures nécessaires afin que quiconque ne puisse abuser de sa qualité ou de sa puissance pour exploiter son prochain du fait de ses croyances. Encore faut-il pour cela que le pouvoir temporel ne soit pas inféodé au pouvoir ecclésiastique, ce qui a souvent été le cas et l’est encore parfois actuellement. Ce ne sont donc pas les religions qu’il faut combattre, mais ceux qui, consciemment ou inconsciemment, les exploitent.

Épilogue

J’ai écrit les pages qui précèdent avec la plus grande conviction.

Et je persiste dans la même optique qui me semble la plus logique et par conséquent, pour moi, la plus raisonnable. Et pourtant, il m’arrive encore, comme à tout un chacun, de douter au vu de certains événements qui me troublent.

Je crois donc que l’on ne peut jamais, comme on l’a souvent fait et comme certains voudraient encore le faire, prétendre avoir, seul, trouver la vérité et l’imposer aux autres, même par la force ou par la torture.

La conclusion est donc qu’il faut être tolérant, et laisser chacun régler ses problèmes selon sa conscience et même remettre en question ses conceptions.

Dans la variété de leurs doctrines et de leurs contenus légendaires, les religions tentent de « donner du sens » à notre cheminement terrestre. Réponses parfois contradictoires, parfois hostiles… Et les questions essentielles demeurent inscrites au cœur de tous les êtres pensants ! La tolérance demeure la meilleure attitude, la plus humaine, devant l’inconnu…

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Informations complémentaires

Année

2014

Auteurs / Invités

Jean Cambier

Thématiques

Christianisme, Dieu, Foi, Questions et options philosophiques, politiques, idéologiques ou religieuses, Religions, Sexualité