Le harcèlement à l’égard des femmes : Les actions…

Collectif

 

UGS : 2017008 Catégorie : Étiquette :

Description

La zone de police de la ville de Bruxelles a, pendant un certain temps, mis des amendes administratives sur base d’injure, parce que le qualificatif de « sexisme » ne se trouve pas dans le règlement général de police. Viviane Teitelbaum s’est informée après avoir entendu que la ville de Bruxelles avait mis des amendes administratives pour des injures sexistes. Il s’avère que les agents de police peuvent verbaliser sur base du règlement général de police. L’agent sanctionnateur peut, sous la catégorie Injure, infliger une amende administrative et étayer la décision en stipulant que l’injure était de nature sexiste, mais il ne peut pas infliger une amende sur base de sexisme. C’est l’injure qui est le qualificatif dans le règlement général de police.

Une assistante de Viviane Teitelbaum a subi des injures sexistes dans la rue, près de la place Anneessens. Elle a appelé le commissariat et a dit à la police être victime de harcèlement et d’injures à plusieurs reprises. Elle a précisé que plusieurs hommes la suivaient en la harcelant. On lui a répondu que la police ne se déplaçait pas et que c’était à elle de se rendre au commissariat. Elle leur a expliqué que si elle se rendait au commissariat, elle ne pourrait pas leur désigner ses agresseurs et que, de plus, elle ignorait comment ils s’appelaient. Dans ce genre de situation, on se trouve en « absurdie totale », car porter plainte contre X, pour ce genre de situation n’a aucun sens.

La loi est donc vide de sens ?

Le moyen de court-circuiter cette situation absurde, d’après un commissaire, c’est d’encourager les femmes et les jeunes filles à aller porter plainte de manière symbolique. Il est certain que cela embêtera ces femmes parce qu’elles ne vont pas passer un très bon moment et elles ne seront peut-être pas très bien accueillies. Mais il faut qu’elles portent plainte, même si elles ne connaissent pas l’identité du harceleur, de manière à créer des statistiques. À partir du moment où il y a de la statistique, on pourra décider des mesures à prendre et des crédits seront alloués pour gérer ce type d’agressions. Et lorsque des moyens auront été mis à la disposition de la police, des formations pour recevoir ces plaintes pourront être mises en place avec un travail sur la précision, sur la qualification de la plainte. La loi, telle qu’elle existe actuellement, n’est pas claire et apparemment personne n’a pensé à expliquer au policier, qui reçoit la plainte, comment cela fonctionne. Le dégagement de budget pourra également permettre de poster des policiers (ou des policières) sur place pour constater, faire des flagrants délits, etc. C’est peut-être une goutte d’eau dans l’océan, mais c’est un début. Cela veut dire qu’il y a toute une série de choses à mettre en place de manière systémique.

Des sensibilisations au sexisme, avec la ligue d’improvisation, cela existe chez les pompiers. Si les comédiens de la ligue d’improvisation sont capables de le faire avec des pompiers, et qu’ils le font avec des enfants de dix ans, ils devraient être capable de le faire avec des policiers et des policières.

L’idée du plan global c’est qu’il y ait une table avec un représentant du bourgmestre, trois représentants de Mohamed Ouriagli, qui est l’échevin de l’Égalité des chances, trois représentants de la police, dont un commissaire, madame De Tandt qui est à la communication, un représentant de Bravvo, qui représente les agents de la paix, ainsi que des représentants de Touche pas à ma pote.

Ce qu’il serait intéressant de faire, ce serait d’aller passer quelques jours à Vienne avec soit une personne de la commune, soit quelqu’un de la police, car c’est une ville qui a une certaine expérience en matière de harcèlement : depuis une dizaine d’années, elle a mis en place des politiques de prévention du harcèlement de rue.

Pour ce qui est des idées concrètes : – Cela pourrait être de demander à la STIB de mettre en place l’arrêt à la demande pour des femmes ou des jeunes femmes entre deux arrêts. Ne pas faire le taxi, mais au moins avoir un arrêt à la demande pour monter et pour descendre. – Cela pourrait être d’étendre ou de systématiser les sensibilisations, en classe, à la totalité des écoles. – Cela pourrait être la mise au point, avec une compagnie de taxis qui a un système de Collecto, d’un Collecto un peu plus affiné. – Cela pourrait être de proposer à l’ensemble des commerçants d’accepter un autocollant sur leur porte ou sur leur vitrine, qui aurait été développé et qui dirait zone harcèlement interdit, sur le même modèle que les autocollants Ici, on ne fume pas : ce pourrait être Ici, on n’embête pas les filles.

Toucher les élèves, c’est formidable. Mais il y a d’autres publics et notamment à travers Bravvo où il y a une jeunesse et décliner cette démarche à travers ce public serait aussi intéressant.

N’oublions pas que les femmes sont victimes de harcèlement. Elles n’en sont pas responsables. Il est inadmissible de mettre la responsabilité du harcèlement sur les femmes. On est en 2017, les femmes peuvent sortir habillées comme elles le veulent, elles peuvent porter ce qu’elles veulent, elles peuvent avoir envie de faire la fête comme elles le veulent, elles peuvent boire si elles le veulent,…

Informations complémentaires

Année

2017

Thématiques

Droit / Législation, Égalite H-F, Harcèlement sexuel, Politiques publiques, Questions de genre, Sexisme