Le harcèlement à l’égard des femmes : Introduction

Latifa AÏT BAALA

 

UGS : 2017001 Catégorie : Étiquette :

Description

Ce débat coïncide avec le lancement de la campagne « #100parjour » de la secrétaire d’État à l’Égalité des chances, Elke Sleurs, qui vise à lutter contre les stéréotypes culpabilisants et à inciter les victimes à porter plainte. Une campagne qui s’inscrit dans le cadre du Plan national 2015-2019 de lutte contre toutes les formes de violences basées sur le genre.

Ce débat est organisé par l’ILFAC (Institut libéral de formation et d’animation culturelle). Il s’inscrit dans le cadre de toute une série de réflexions qui sont menées en éducation permanente qui vise notamment à déconstruire des clichés, des préjugés identifiés comme étant des obstacles à la liberté, des obstacles dans les relations humaines au sein de notre société et en particulier dans le cadre des relations hommes/femmes.

Ces préjugés qui forgent les rapports sociaux de sexe sont la cause d’entorses au principe fondamental d’égalité homme/femme ; principe qui constitue l’ADN de notre engagement ! Ni la culture, ni les traditions ou encore les religions ne peuvent justifier les discriminations faites aux femmes.

Ce que nous constatons malheureusement, c’est que ce principe d’égalité est confronté à toute une série de défis et notamment à la question du harcèlement des femmes sur des terrains aussi divers que celui du marché du travail, de l’espace public, dans les transports en commun, dans l’armée, dans le monde politique où d’ailleurs interrogée par le journal Le Soir le 24 mai 2016, Viviane Teitelbaum dénonçait « la loi du silence qui y règne », etc.

Ce harcèlement est un phénomène qui traverse toutes les classes sociales. Il est de tous les milieux comme le rappelle souvent Béa Ercolini.

– En Belgique, soixante pour cent des femmes déclarent avoir subi une forme de harcèlement. – Tous les ans, ce sont quelques quatre mille plaintes qui sont déposées pour violences sexuelles.

Mais ces chiffres aussi importants soient-ils sont bien en deçà de la réalité !

Le 3 janvier dernier, la chaîne de tv France 5 a diffusé un documentaire extrêmement poignant et bouleversant d’Olivier Pighetti, intitulé Le harcèlement sexuel : le fléau silencieux.

Plus proche de chez nous, un travail remarquable de dénonciation du sexisme de rue a été réalisé par Sophia Peters dans son documentaire Femmes de la rue.

Bref, les exemples ne manquent pas, tant le phénomène est alarmant malgré, d’ailleurs, un dispositif législatif existant.

En Belgique, la loi en matière de lutte contre la violence, le harcèlement moral et sexuel au travail de 1996, a été complétée par la loi du 28 février

2014, pour répondre à d’autres formes de harcèlement dont les femmes sont victimes. Et la loi du 22 mai 2014 est venue étendre le champ de la lutte contre le sexisme à l’espace public. Une loi qui par ailleurs a fait l’objet de recours en annulation auprès de la Cour constitutionnelle, au nom de la liberté d’expression. Comme si le harcèlement pouvait être considéré comme relevant de la liberté d’expression !

Alors, dans la pratique, on constate trop peu de plaintes, mais aussi et surtout trop peu de cas de condamnations. La loi telle qu’elle existe ne semble pas adaptée pour lutter contre ce phénomène, parce que l’infraction est bien souvent difficile à prouver. Ne faudrait-il pas renverser la charge de la preuve ?

En attendant, nombreuses sont les femmes traumatisées qui doivent pouvoir se reconstruire !

Informations complémentaires

Auteurs / Invités

Latifa Aït Baala

Thématiques

Droits des femmes, Égalite H-F, Harcèlement sexuel, Questions de genre, Sexisme

Année

2017