Le groupe comme espace de partage

Guillaume Libioulle

 

UGS : 2022011 Catégorie : Étiquette :

Description

Une initiative justifiée dans notre monde actuel

Dans le monde d’aujourd’hui, où tout va de plus en plus vite, la participation à un groupe d’activité quelconque – qu’il s’agisse d’un club sportif ou ludique, d’un groupe de lecture, d’une bande de marcheurs ou d’un groupe de yoga – donne l’opportunité à ses membres de prendre le temps de ralentir. Pareil espace constitue une bulle hors du temps où se retrouvent des personnes qui partagent un même but sans nécessairement, et c’est là que réside tout l’intérêt de tels groupes, adhérer aux mêmes idées. Ces activités lorsqu’elles permettent d’atteindre ensemble un même objectif procurent à ceux qui y prennent part un certain épanouissement. En outre, à l’heure où de simples avis exprimés de façon lapidaire sur les réseaux sociaux tendent à constituer la norme, le dialogue qui se crée à l’occasion de ces rencontres est un moyen de véritablement échanger au lieu que chacun campe sur ses positions, comme c’est trop souvent le cas dans les fils de discussion.

Un cadre respectueux pour faciliter l’échange, resserrer les liens du groupe

Pour qu’un groupe fonctionne, il est nécessaire que son mode d’organisation permette à un maximum de ses membres de se sentir à leur place. Lors de la pratique de l’activité, par exemple, lorsqu’un individu s’exprime ou exécute une tâche, ses partenaires devraient s’interdire de l’interrompre trop rapidement. Cette manière de procéder permet que tous puissent s’exprimer sans ressentir aucune frustration.

Cette règle de fonctionnement toute simple apprend à chaque participant à respecter l’autre. Quand bien même, ce que celui-ci dit ou fait suscite dans le for intérieur des autres personnes présentes des réactions négatives ou, au contraire, leur donne envie de surenchérir, ces dernières doivent s’en empêcher. De cette manière, les membres du collectif s’abstiennent de se juger les uns les autres et se trouvent chacun sur un pied d’égalité. Ces derniers sont généralement satisfaits d’accroître leurs compétences avec l’aide de tous les autres. Ils se rendent compte que cette maîtrise plus fine d’un domaine donné est le résultat d’un travail commun et aurait été impossible, ou néanmoins plus difficile, à atteindre seul.

En outre, la possibilité qu’un collectif soit ouvert à tous ceux qui en acceptent les règles a pour conséquence que des personnes de différents horizons, avec leur parcours de vie propre, viennent le rejoindre. Il en résulte une richesse des échanges. En effet, la rencontre de tant de personnalités différentes offre à chacun des membres une perception plus globale du domaine d’activité du groupe. Dans ces réunions, le but à atteindre est supérieur à l’intérêt particulier de chacun des individus. Ce sont les moments passés autour de l’objectif commun qui, en plus d’approfondir les qualifications spécifiques au domaine choisi, rapprochent les affiliés. Lorsque les participants se rendent compte des bienfaits de ce fonctionnement, ils n’en deviennent que plus attachés à se retrouver régulièrement, parce qu’ils sont conscients de tout ce que la rencontre avec les autres leur apporte. En conséquence, un véritable lien des membres du groupe pour les uns et les autres apparaît. En réalité, si au départ c’est essentiellement leur passion commune qui les réunit, petit à petit, à force de se voir régulièrement, une complicité naît entre eux. Progressivement, l’attachement qu’ils ont les uns pour les autres les soude. Il en découle une atmosphère propre à la confidence qui rend les rencontres encore plus agréables. La confiance qui s’installe renforce la liberté d’action de chacun. Ce qui leur permet d’aller de plus en plus en profondeur dans la maîtrise de l’activité pratiquée en commun. Pour que ce processus fonctionne, il est nécessaire que le collectif ne soit pas trop grand, une dizaine de personnes au maximum, ou alors qu’il soit subdivisé en sous-groupes. En effet, un trop grand nombre de participants risque, malgré lui, de laisser à l’écart certaines personnes. Au contraire, un cercle restreint permet à chacun de se connaître plus ou moins intimement. Cet état d’esprit peut aboutir à un réel climat d’amitié entre les membres. Dès lors, convaincus que le cercle les accepte tels qu’ils sont, les adhérents n’ont plus peur d’exprimer leur ressenti et éventuellement leur désaccord. Loin d’être un lieu où la personnalité se dissout, le groupe peut-être alors un outil pour l’affirmation de soi.

Et tirer chacun vers le haut

Lhabitude de se voir autour d’une passion commune crée une volonté d’aller de l’avant et de se dépasser chez tous les intervenants et les aide à progresser chacun de leur côté. La motivation de s’investir dans le groupe vient non seulement du plaisir que chacun éprouve individuellement, mais également de la volonté de tous de contribuer à celui des condisciples. Cet état d’esprit fait que, lorsquune personne traverse une période difficile, de par son appartenance au cercle, il reste motivé. À linverse, s’il était seul à effectuer cette activité, il y a fort à parier qu’il l’aurait probablement plus facilement abandonnée. Le groupe est une structure qui soutient l’individu. Une activité régulière partagée préserve entre ses membres, à plus forte raison au temps de la pandémie et du confinement, un lien social qui les empêche de se sentir seuls.

Des lieux propices au développement de l’ouverture d’esprit

Les groupes ou les clubs constituent des espaces privilégiés où l’expression de soi-même est vraiment très importante, comparée à ce que peuvent offrir les réseaux sociaux aujourd’hui. Contrairement à ces derniers qui en nous enfermant dans des bulles de filtres propres à flatter notre narcissisme en ne nous présentant que des contenus qui nous plaisent, au sein d’un groupe, il s’agit de vraies rencontres qui nous confrontent à une grande variété de personnes. Les participants apprennent à connaître non seulement le point de vue d’un individu, mais aussi son parcours de vie, son entourage, ses sentiments, et ont aussi accès à son langage non verbal. Bref, toute une série d’éléments qui peuvent aider à mieux saisir la personnalité de celui qui s’exprime. Une telle proximité avec l’autre peut nous permettre de mieux comprendre des opinions ou des manières d’agir qui, si elles étaient seulement énoncées ou écrites, ne seraient pas forcément aussi bien perçues. Puisque nous sommes véritablement face à une autre personne, nous aurons moins tendance à la réduire aux seules idées qu’elle défend. Si un membre n’apprécie pas tel ou tel aspect d’un autre participant, il en acceptera d’autres. Ces rencontres sont intéressantes, parce qu’elles permettent aux individus de se montrer tels qu’ils sont avec leurs qualités et leurs imperfections. Les personnes côtoyées n’apparaissent plus seulement comme la personnification d’un simple point de vue, mais comme des êtres de chair et de sang à la fois complexes et riches. Ce contact avec la variété du genre humain constitue une étape importante dans l’apprentissage de la tolérance.

Attention aux dérives

Un des dangers des clubs réside en ce qu’un individu puisse se servir du groupe pour imposer ses points de vue ou pour se faire valoir plutôt que de laisser le collectif construire sa propre dynamique. Dès lors, les autres membres de l’équipe ont l’impression de ne plus être considérés comme des partenaires, mais plutôt comme des subordonnés. Dans le même ordre d’idées, l’individu peut choisir d’intégrer un groupe pour obtenir autre chose que les objectifs que cette association poursuit la renommée, par exemple. Cette dérive est particulièrement sensible dans les clubs sportifs, notamment, de football et plus particulièrement lors de grandes compétitions où l’important n’est plus de participer, mais de gagner. Pareille vision des choses a pour conséquence de mettre à mal la cohésion du collectif. L’ambition fait perdre de vue le réel objectif du groupe au seul profit de la compétition. Ainsi des individualités fortes peuvent préférer faire cavalier seul ou pire, dénigrer leurs partenaires. Dans ces équipes où la rivalité règne en maître, le collectif n’existe pas en lui-même, mais ne tient que par la confrontation avec l’extérieur. Une telle dynamique est beaucoup moins présente lorsque les membres s’investissent dans le groupe pour sa finalité propre. Dans de pareilles structures, la compétition entre les participants est minimale, elle laisse la juste place a une volonté de faire de son mieux et de se surpasser dans l’intérêt du collectif.

Conclusion

Peut-être qu’une des raisons pour laquelle ceux qui y prennent part apprécient tellement ces occasions de rencontres, est que, justement, elles n’ont d’autre fin qu’elles-mêmes. Le simple fait, pour les participants, de se voir et de se retrouver ensemble autour d’une activité suffit à les réjouir. Dans ce monde, où une actualité violente peut nous pousser à désespérer à propos de son avenir, intégrer une petite structure qui génère des liens forts entre ses membres permet de garder un peu confiance dans le genre humain. Comment faire en sorte que les circonstances qui favorisent la complicité et l’échange au sein de certains groupes se répandent dans d’autres cadres sociaux, comme par exemple le milieu scolaire ou le milieu professionnel ? Dans quelles circonstances, la compétition peut-elle représenter malgré tout un facteur positif ? Comment conserver les effets positifs de la compétition et ne pas nuire au respect de l’autre ?

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Informations complémentaires

Année

2022

Auteurs / Invités

Guillaume Libioulle

Thématiques

Cohésion sociale, Qualité de la vie / Bien-être, Tisser des liens, Vivre ensemble

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