L’Arnaque

Willy De Winne

 

UGS : 2013022 Catégorie : Étiquette :

Description

Abonnés à l’Internet, nous recevons régulièrement des messages annonçant avec fracas le blocage imminent de notre ordinateur par un virus, pouvant provoquer la perte de nos documents enregistrés. Et, en même temps, on nous propose contre rétribution préalable, un dépannage immédiat. Ce genre d’arnaque, qui génère de gros profits, se généralise de plus en plus sur la toile informatique. L’idée est simple : il s’agit de simuler une attaque virale et ensuite de faire semblant de réparer l’ordinateur qui était en bon ordre de marche après avoir encaissé la facture… et le tour est joué ! La méthode est aussi ancienne que le monde : il s’agit de menacer à outrance en annonçant un désastre fictif et de promettre ensuite sa solution tout aussi fictive.

Il en existe, des arnaques fameuses et insidieuses, qui se pérennisent depuis très longtemps, comme par exemple, celle de l’Église catholique qui la pratique avec succès et avec un très bon rapport depuis deux millénaires. Elle est la seule parmi les trois monothéismes à y recourir à des fins de recrutement.

Voici comment elle procède. Le message de menace d’enfer et de promesse de salut, qu’elle adresse aux futurs parents est à peu près celui-ci :

« Votre enfant qui va naître est porteur d’une tare héritée du péché de désobéissance d’Adam et Ève qui lui interdit d’approcher Dieu. Heureusement, par son immense amour pour les hommes et par sa mort sur la croix, le fils de Dieu nous a délégué son pouvoir pour annuler et effacer ce péché originel dont votre enfant est porteur. Et ainsi, nous pouvons, grâce au sacrement du baptême prodigué à votre nouveau-né adoré, vous donner l’assurance qu’il sera lavé de toute tare originelle et, dès lors, réconcilié avec son créateur. Le baptême lui ouvrira les portes du paradis céleste en l’introduisant dans la communauté des chrétiens où il bénéficiera ensuite de toutes les grâces divines que le Seigneur lui offre par l’intermédiaire de son Église catholique et apostolique romaine et en particulier par la voie de ses sacrements. »

Les deux types d’arnaque se ressemblent essentiellement : celle au virus informatique fictif et celle au péché héréditaire dit « originel », et tout aussi fictif ! Les deux arnaques ne se privent pas de citer leurs références, comme le magistère romain invoquant un grand savant comme témoin de confiance et de référence en la personne de Blaise Pascal qui raisonnait ainsi :

« Je ne sais pas si la foi chrétienne me sauvera, mais, si ce n’était pas le cas, je n’aurais rien perdu, et si, au contraire, cette foi nous sauve, j’aurai tout gagné ! »

Le pari de Pascal a sans doute bien servi les intérêts de la papauté en favorisant la propagation de la foi catholique romaine, qui a ainsi pu étendre son hégémonie millénaire sur le monde entier.

Malheureusement pour lui et pour ceux qui l’ont cru, Blaise Pascal avait omis de vérifier la véracité de la prémisse de son raisonnement !

En effet, la prémisse ne se limite pas seulement au pari sur l’existence ou sur l’inexistence de Dieu ; elle concerne également la question de savoir si oui ou non le péché commis par Adam et Ève est indéfiniment transmis sur ordre de Dieu, à leur progéniture. Il est vrai que, dans la Bible hébraïque, des exemples de cette idée abondent. La colère de Yahvé ne frappe pas seulement l’impie, elle est également transmise à sa progéniture pendant plusieurs générations. Que cette progéniture fût innocente ne changeait absolument rien à la vindicte divine en ces temps bibliques !

Mais, depuis lors, cette idée archaïque, grotesque et inique de la transmissibilité des fautes des parents à leur progéniture est heureusement rejetée dans le monde entier et stigmatisée par « la Déclaration universelle des Droits de l’Homme ». Le péché d’Adam et Ève n’est pas héréditaire, car les enfants ne sont pas coupables ni responsables des fautes de leurs parents !

Et pourtant ce faux et grossier postulat sert encore aujourd’hui, au XXIe siècle, de fondement à l’arnaque au recrutement de l’Église de Rome. Voilà deux millénaires qu’une multitude de gens honnêtes et sincères se laissent prendre à cet abus de confiance, alors qu’il s’agit d’une doctrine de foi mensongère et frauduleuse, également dénoncée par les Juifs et par les musulmans ! Sommes-nous tellement endoctrinés pour ne pas nous en rendre compte tout simplement ?

L’opulence vaticane témoigne du succès de cette arnaque millénaire, apportant richesse d’argent et de pouvoir au Vatican. Il n’y pas si longtemps que le pape se faisait encore transporter avec faste sur sa sedia gestatoria porté à bras d’hommes comme un roi nègre et coiffé de la tiare papale d’une richesse inestimable à trois étages de pierres précieuses symbolisant l’Église souffrante, l’Église combattante et l’Église triomphante !

Mais voilà que le nouveau pape François ose désormais contester cette opulence séculaire si étrangère à la figure christique ! Il nous demande de revenir à une vénération du fils de Dieu, un pauvre parmi les pauvres, qui aimait même ses ennemis. Voilà un pas important dans la bonne direction. Ce brave homme se rend bien compte qu’après ces deux millénaires d’arnaques, de collusion avec les puissants, de prévarications financières et simoniaques, de condamnations sans cause et d’abus sexuels au sein de son clergé, ce magistère n’a fait que rendre plus radicale cette Église, de plus en plus isolée et en opposition croissante avec le monde qui change. L’image intransigeante créée par les interdits innombrables de l’Église de Rome est difficilement conciliable avec celle du juif Jésus, qui n’avait pas hésité à enfreindre la loi en sauvant une femme adultère, condamnée à être lapidée. Et qu’aurait-il fait si, de nos jours, il s’était trouvé témoin d’une attaque d’un homme gay, terrassé et frappé à mort par des homophobes fanatisés manifestant en France contre la loi sur le mariage pour tous ? Serait-il resté fidèle à la loi archaïque condamnant Sodome et Gomorrhe à l’anéantissement ? On voit bien comment une Église peut se rendre elle-même prisonnière de ses propres dogmes archaïques dépassés. Parviendra-t-elle encore, à se sauver elle-même, en restaurant l’image d’un Dieu-Amour à la place d’un Dieu-Rancune ? Osera-t-elle, petit à petit, faire oublier et supprimer le caractère héréditaire du péché originel et considérer le baptême non plus comme un sacrement, mais comme un simple rite d’initiation semblable aux rites d’initiation pratiqués par le judaïsme et par l’islam, et n’impliquant aucune rédemption d’un péché, par ailleurs inexistant ?

Qui vivra, verra !

Post scriptum :

À lire les Évangiles, on découvre un Jésus de Nazareth qui aime les enfants, les malades, les pauvres, les condamnés, les persécutés… et qui tient en horreur le clergé et les marchands du temple. Il a même prophétisé la trahison et l’injustice de ses disciples et successeurs :

« Beaucoup me diront en ce jour-là : ‘ Seigneur, Seigneur ! N’est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé ? En ton nom que nous avons chassé les démons ? En ton nom que nous avons fait de nombreux miracles ? ’ Alors je leur dirai en face : ‘ Je ne vous ai jamais connus ; écartez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité ’ ». (MT, 7/22 et 23)

Jésus avait entre autres fait deux grandes prophéties, une de bonne et une de mauvaise augure. Il avait annoncé l’imminence du Royaume de Dieu apportant la paix dans le monde, mais aussi des injustices commises par « son » Église. Le double résultat de ses prophéties a été magistralement résumé dans la célèbre phrase de l’abbé Alfred Loisy, professeur d’histoire des religions au Collège de France :

« Le Christ a annoncé le Royaume, mais c’est l’Église qui est venue ».

Cette phrase lui a coûté d’être excommunié vitandus par le pape Pie X en 1908 (il est vrai que rien ne blesse autant que la vérité !).

Et pourtant l’arnaque se perpétue en ce XXIe siècle, alors que nos enfants ne sont pas plus tarés que les enfants bouddhistes, juifs, taoïstes, musulmans, shinto, hindouistes, etc. !

Et n’oublions surtout pas que Jésus avait une grande affection pour tous les enfants de son temps, alors que ceux-ci n’étaient pas baptisés et ne devaient absolument pas l’être !

Conclusion pratique en ce XXIe siècle

En termes judiciaires, et selon le code pénal belge, par le baptême qui prétendument et frauduleusement est présenté comme obtenant la rémission d’un péché fictif et inexistant, l’Église catholique se rend coupable dans un but de recrutement, « d’une escroquerie par bande organisée ». Les premières victimes de cette arnaque sont les gouvernements qui financent l’Église catholique et son clergé. Ils pourraient par conséquent cesser de payer et se porter partie civile contre cette arnaque au recrutement.

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Informations complémentaires

Année

2013

Auteurs / Invités

Willy De Winne

Thématiques

Croyances, Église catholique, Religions