L’antisémitisme ?

Willy De Winne

 

UGS : 2013001 Catégorie : Étiquette :

Description

J’ai beaucoup d’amis juifs et je me suis toujours demandé comment et pourquoi le peuple juif, qui a produit tant de prix Nobel, avait pu attirer sur lui tant de haine au cours des âges.

Il y avait bien eu un réformateur juif, nommé Jésus de Nazareth, connu pour avoir proposé de remplacer l’orthopraxie tatillonne juive avec ses multiples commandements et ses interdits apparemment sans cause, par une orthodoxie de foi en Dieu et d’amour pour tous les hommes, y compris les ennemis ! Une seule exception cependant à ce message d’amour : Jésus tenait en horreur le clergé de son temps, qu’il qualifiait de « serpents, race de vipères » et qu’il vouait au feu éternel (Mt, 23/2 à 39).

Aussi, sa mise à mort pour blasphème sera considérée comme une victoire obtenue par ce même clergé. Et lorsque, plus tard, le christianisme triomphant deviendra religion d’État de l’empire romain, le peuple juif tout entier, à la place de son seul clergé, sera considéré comme déicide, persécuté partout dans le monde et considéré souvent, en cas de catastrophe et d’épidémie, comme « le bouc émissaire maudit » par les rois catholiques en Occident. Grâce à la Révolution française et à Napoléon, les Juifs acquièrent enfin le droit de cité, mais l’antisémitisme connaîtra encore des flux et des reflux tels que l’affaire Dreyfus, l’affaire Mortara, etc. Le paroxysme de l’antisémitisme sera atteint en Europe par le génocide hitlérien ; et l’horreur générale mondiale face à ce crime contre l’humanité permettra finalement à l’ONU d’attribuer un État aux Juifs en Palestine. Tout aurait pu s’arranger si la sagesse politique et religieuse des Juifs et des palestiniens avait pu s’imposer. Mais le bon sens a encore manqué et les symboles archaïques de part et d’autre ont prévalu avec le résultat que l’on sait.

Voici un exemple juif d’un tel symbole archaïque religieux qui suggère que l’histoire arrive parfois à repasser les mêmes plats :

La terre promise (Dt, 6/10 à Dt, 9/3)

Quand le Seigneur, ton Dieu t’aura fait entrer dans le pays qu’il a juré à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob, de te donner pays de villes grandes et bonnes que tu n’as pas bâties de maisons remplies de toutes sortes de bonnes choses que tu n’y as pas mises, de citernes toutes prêtes que tu n’as pas creusées, de vignes et d’oliviers que tu n’as pas plantés alors, quand tu auras mangé à satiété, garde-toi bien d’oublier le Seigneur qui t’a fait sortir du pays d’Égypte, de la maison de servitude.

C’est le Seigneur, ton Dieu, que tu craindras, c’est lui que tu serviras, c’est par son nom que tu prêteras serment. Vous ne suivrez pas d’autres dieux parmi ceux des peuples qui vous entourent, car le Seigneur, ton Dieu, est un dieu jaloux au milieu de toi. Prends garde que la colère du Seigneur, ton Dieu, ne s’enflamme contre toi et qu’il ne t’extermine de la surface de la terre.

Vous ne mettrez pas à l’épreuve le Seigneur, votre Dieu, comme vous l’avez fait à Massa. Vous garderez attentivement les commandements, les exigences et les lois du Seigneur, votre Dieu, ce qu’il t’a prescrit. Tu feras ce qui est droit et bien aux yeux du Seigneur, pour être heureux et entrer prendre possession du bon pays que le Seigneur a promis par serment à tes pères, en repoussant loin de toi tous tes ennemis comme le Seigneur l’a promis. Et demain, quand ton fils te demandera : « Pourquoi ces exigences, ces lois et ces coutumes que le Seigneur, notre Dieu, vous a prescrits ? »

Alors, tu diras à ton fils : « Nous étions esclaves du pharaon en Égypte, mais, d’une main forte, le Seigneur nous a fait sortir d’Égypte ; le Seigneur a fait sous nos yeux de grands signes et de grands prodiges pour le malheur de l’Égypte, du pharaon et de toute sa maison.

Et nous, il nous a fait sortir de là-bas pour nous faire entrer dans le pays qu’il a promis par serment à nos pères, et pour nous le donner.

Le Seigneur nous a ordonné de mettre en pratique toutes ces lois et de craindre le Seigneur, notre Dieu, pour que nous soyons heureux tous les jours et qu’il nous garde vivants comme nous le sommes aujourd’hui.

Et nous serons justes si nous veillons à mettre en pratique tout ce commandement devant le Seigneur, notre Dieu, comme il nous l’a ordonné ».

Lorsque le Seigneur, ton Dieu, t’aura fait entrer dans le pays dont tu viens prendre possession et qu’il aura chassé devant toi des nations nombreuses, le hittite, le guirgashite, l’amorite, le cananéen, le perizzite, le hivvite et le jébusite, sept nations plus nombreuses et plus puissantes que toi, lorsque le Seigneur, ton Dieu, te les aura livrées et que tu les auras battues, tu les voueras totalement à l’interdit. Tu ne concluras pas d’alliance avec elles, tu ne leur feras pas grâce .Tu ne contracteras pas de mariage avec elles, tu ne donneras pas ta fille à leur fils, tu ne prendras pas leur fille pour ton fils, car cela détournerait ton fils de me suivre et il servirait d’autres dieux ; la colère du seigneur s’enflammerait contre vous et il t’exterminerait aussitôt.

Mais voici ce que vous ferez à ces nations : leurs autels, vous les démolirez ; leurs stèles, vous les briserez ; leurs poteaux sacrés, vous les casserez ; leurs idoles, vous les brûlerez. Car tu es un peuple consacré au Seigneur, ton Dieu ; c’est toi que le Seigneur, ton Dieu, a choisi pour devenir le peuple qui est sa part personnelle parmi tous les peuples qui sont sur la surface de la terre.

Si le Seigneur s’est attaché à vous et s’il vous a choisi, ce n’est pas que vous soyez le plus nombreux de tous les peuples, car vous êtes le moindre de tous les peuples. Mais si le Seigneur, d’une main forte, vous a fait sortir et vous a rachetés de la maison de servitude, de la main du pharaon, roi d’Égypte, c’est que le Seigneur vous aime et tient le serment fait à vos pères.

Tu reconnaîtras que c’est le Seigneur, ton Dieu, qui est dieu, le dieu vrai ; il garde son alliance et sa fidélité durant mille générations à ceux qui l’aiment et gardent ses commandements, mais il paie de retour directement celui qui le hait, il le fait disparaître ; il ne fait pas attendre celui qui le hait, il le paie de retour directement. Tu garderas le commandement, les lois et les coutumes que je t’ordonne aujourd’hui de mettre en pratique. Et parce que vous aurez écouté ces coutumes, que vous les aurez gardées et mises en pratique, le Seigneur, ton Dieu, te gardera l’alliance et la fidélité qu’il a jurées à tes pères. Il t’aimera, te bénira, te rendra nombreux et il bénira le fruit de ton sein et le fruit de ton sol, ton blé, ton vin nouveau et ton huile, tes vaches pleines et tes brebis mères, sur la terre qu’il a juré à tes pères de te donner. Tu seras béni plus que tous les peuples, il n’y aura de stérilité chez toi ni pour les hommes ni pour les femmes, ni non plus pour ton bétail. Le Seigneur écartera de toi toutes les maladies et toutes les funestes épidémies d’Égypte, que tu connais bien ; il ne te les infligera pas et il les enverra chez tous ceux qui te haïssent. Tu supprimeras tous les peuples que le Seigneur, ton Dieu, te livrera sans t’attendrir sur eux ; tu ne serviras pas leurs dieux : ce serait un piège pour toi. Si tu te dis : « Ces nations sont plus nombreuses que moi, comment pourrais-je les déposséder ? »

Ne les crains pas ! Tu évoqueras le souvenir de ce que le Seigneur, ton Dieu, a fait au pharaon et à toute l’Égypte, de ces grandes épreuves que tu as vues de tes yeux, de ces signes et de ces prodiges, le souvenir de la main forte et du bras étendu du Seigneur, ton Dieu, quand il t’a fait sortir ; eh bien ! le Seigneur, ton Dieu, en fera autant à tous les peuples que tu pourrais craindre.

Et même le Seigneur, ton Dieu, leur enverra le frelon jusqu’à la disparition de ceux qui resteraient et se cacheraient devant toi. Ne tremble pas devant eux, car il est au milieu de toi, le Seigneur, ton Dieu, un dieu grand et terrible.

Le Seigneur, ton Dieu, chassera ces nations devant toi peu à peu : tu ne pourras pas les achever aussitôt, car autrement les animaux sauvages deviendraient trop nombreux contre toi. Pourtant le Seigneur, ton Dieu, te livrera ces nations et jettera sur elles une grande panique jusqu’à ce qu’elles soient exterminées. Il livrera leurs rois entre tes mains, tu feras disparaître leur nom de sous le ciel ; aucun ne tiendra devant toi, jusqu’à ce que tu les aies exterminés. Les idoles de leurs dieux, vous les brûlerez. Tu ne te laisseras pas prendre au piège par l’envie de garder pour toi leur revêtement d’argent et d’or, car c’est une abomination pour le Seigneur, ton Dieu. Tu ne feras pas entrer un objet abominable dans ta maison, car tu serais voué à l’interdit comme lui. Tu le réprouveras totalement et tu l’auras en abomination, car il est voué à l’interdit. Tout le commandement que je te donne aujourd’hui, vous veillerez à le pratiquer afin que vous viviez, que vous deveniez nombreux et que vous entriez en possession du pays que le Seigneur a promis par serment à vos pères. Tu te souviendras de toute la route que le Seigneur, ton Dieu, t’a fait parcourir depuis quarante ans dans le désert, afin de te mettre dans la pauvreté ; ainsi il t’éprouvait pour connaître ce qu’il y avait dans ton cœur et savoir si tu allais, oui ou non, observer ses commandements.

Il t’a mis dans la pauvreté, il t’a fait avoir faim et il t’a donné à manger la manne que ni toi ni tes pères ne connaissiez, pour te faire reconnaître que l’homme ne vit pas de pain seulement, mais qu’il vit de tout ce qui sort de la bouche du Seigneur. Ton manteau ne s’est pas usé sur toi, ton pied n’a pas enflé depuis quarante ans et tu reconnais, à la réflexion, que le Seigneur, ton Dieu faisait ton éducation comme un homme fait celle de son fils. Tu garderas les commandements du Seigneur, ton Dieu, en suivant ses chemins et en le craignant. Le Seigneur, ton Dieu, te fait entrer dans un bon pays, un pays de torrents, de sources, d’eaux souterraines jaillissant dans la plaine et la montagne, un pays de blé et d’orge, de vignes, de figuiers et de grenadiers, un pays d’huile d’olive et de miel, un pays où tu mangeras du pain sans être rationné, où rien ne te manquera, un pays dont les pierres contiennent du fer et dont les montagnes sont des mines de cuivre. Tu mangeras à satiété et tu béniras le Seigneur, ton Dieu, pour le bon pays qu’il t’aura donné. Garde-toi bien d’oublier le Seigneur, ton Dieu, en ne gardant pas ses commandements, ses coutumes et ses lois que je te donne aujourd’hui. Si tu manges à satiété, si tu te construis de belles maisons pour y habiter, si tu as beaucoup de gros et de petit bétail, beaucoup d’argent et d’or, beaucoup de biens de toute sorte, ne va pas devenir orgueilleux et oublier le Seigneur, ton Dieu. C’est lui qui t’a fait sortir du pays d’Égypte, de la maison de servitude ; c’est lui qui t’a fait marcher dans ce désert grand et terrible peuplé de serpents brûlants et de scorpions, terre de soif où l’on ne trouve pas d’eau ; c’est lui qui pour toi a fait jaillir l’eau du rocher de granit ; c’est lui qui, dans le désert, t’a donné à manger la manne que tes pères ne connaissaient pas, afin de te mettre dans la pauvreté et de t’éprouver pour rendre heureux ton avenir. Ne va pas te dire : « C’est à la force du poignet que je suis arrivé à cette prospérité », mais souviens-toi que c’est le Seigneur, ton Dieu, qui t’aura donné la force d’arriver à la prospérité, pour confirmer son alliance jurée à tes pères, comme il le fait aujourd’hui. Et si jamais tu en viens à oublier le Seigneur, ton Dieu, si tu suis d’autres dieux, si tu les sers et te prosternes devant eux, je l’atteste contre vous aujourd’hui : vous disparaîtrez totalement ; comme les nations que le Seigneur a fait disparaître devant vous, ainsi vous disparaîtrez, pour n’avoir pas écouté la voix du Seigneur, votre Dieu. Écoute, Israël ! Tu vas aujourd’hui passer le Jourdain pour déposséder des nations plus grandes et plus puissantes que toi, avec leurs villes grandes, fortifiées, perchées dans le ciel, et un grand peuple, de haute taille, les Anaqites. Tu le sais, tu l’as entendu dire : qui peut tenir devant les fils de Anaq ?

Tu vas reconnaître aujourd’hui que c’est le Seigneur, ton Dieu, qui passe le Jourdain devant toi comme un feu dévorant ; c’est lui qui les exterminera, c’est lui qui les abattra devant toi. Tu les déposséderas et tu les feras disparaître aussitôt comme le Seigneur te l’a promis ». [Dt, 23/2 à 39]

À méditer !

Au niveau des États, rien ne se prête mieux à la provocation et au dénigrement insultant, que de se proclamer « race supérieure » ou « peuple élu » ! Et faut-il ensuite s’étonner que celui qui sème le vent, récolte la tempête ?

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Informations complémentaires

Année

2013

Auteurs / Invités

Willy De Winne

Thématiques

Antisémitisme, Judaïsme, Questions et options philosophiques, politiques, idéologiques ou religieuses