La question des conceptions de vie

Marc Mayer

 

UGS : 2012003 Catégorie : Étiquette :

Description

L’humanité, nous apprend Sigmund Freud, ressent deux types d’angoisses : celle liée au caractère hasardeux de notre vie terrestre et celle liée à notre solitude à laquelle les religions répondent de manière magistrale. En effet, on peut comprendre que le religieux soit une « projection immanente » de l’imaginaire humain, lequel se donne une réponse à son questionnement perpétuellement mis en émoi.

Cette vision des choses ne peut évidemment qu’être combattue par les tenants de la vérité révélée, de la transcendance qui fait des humains des créatures sur l’échiquier du monde sensible.

Jacques Monod nous disait déjà en 1970 que cette vision du monde était une fadaise, car il considérait l’univers comme sourd à l’homme, accident nécessaire que la nature aurait très bien pu ne pas voir surgir. L’homme échappe seul au déterminisme par un « mystère » du hasard et non par l’effet d’une volonté divine.

Comme le pense André Malraux, l’homme serait donc au creux profond d’un « antidestin » et la religion constitue la réponse la plus répandue à la surface de la terre puisqu’elle répond à cette quête humaine : l’idée qu’il est insupportable de vivre une vie fugace dans un monde énigmatique.

Toute croyance serait-elle pour autant une fuite ?

Il existe des croyants qui ont le souci de se dégager de la gangue des Églises et autres ayatollahs…

C’est Pierre de Locht qui écrivait : « Le débat diviseur portant sur la divinisation ou la non-divinisation de Jésus a peu d’importance au vu de la qualité du message ‘ humain ’ essentiel du Nazaréen, véritable architecte d’un pont de la fraternité entre tous ceux qui sont vecteurs de l’Amour de l’autre » et il rajoute : « Mon Jésus est vécu comme une immanence naturelle de mon humanité ».

Évidemment, la majorité des croyants de par le monde nie que l’immanence (par opposition à la transcendance) puisse véhiculer des valeurs morales, lesquelles sont issues du seul message divin. La religion aurait en charge la bonne marche de l’humanité.

Nous pensons au contraire que, dégagée du dogme, la laïcité est autrement apte que les religions à faire émerger les questions de sens ou de morale et donc une spiritualité libérée des ses oripeaux.

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Informations complémentaires

Année

2012

Auteurs / Invités

Marc Mayer

Thématiques

Questions et options philosophiques, politiques, idéologiques ou religieuses