La « der des ders » ? Des tranchées d’hier aux tranchées d’aujourd’hui

Marcel BOLLE DE BAL

 

UGS : 2019010 Catégorie : Étiquette :

Description

Dimanche 11 novembre 2018

Il y a cent ans aujourd’hui était signé l’armistice mettant fin à l’affreuse guerre 1914-1918. Je songe avec émotion aux lettres de mon père, survivant des tranchées du Boyau de la Mort, après trois années vécues dans cet enfer guerrier. L’évocation dans tous les médias de cette horrible boucherie, des milliers, voire des millions de soldats séparés de leur famille, constitue une épreuve douloureuse.

Les cérémonies du centenaire de l’armistice m’ont profondément ému. J’en retiens plus particulièrement cinq pistes de méditation : le calvaire des millions de soldats massacrés ou mutilés, l’importance de la transmission du souvenir, la nécessaire union pour défendre la démocratie menacée, l’idéal européen, la paix comme enjeu essentiel à préserver et à construire.

Je caresse le rêve que ces quelques pages pourront contribuer, modestement, à honorer le passé et bâtir un futur investi dans la concrétisation de ces valeurs…

Voici plusieurs années déjà j’ai soumis à une revue maçonnique un article intitulé « Des tranchées d’hier aux tranchées d’aujourd’hui. Séparatisme, religion, franc-maçonnerie ». Trois enjeux motivaient sa rédaction : hommage à la mémoire de mon père, évocation historique, méditation politique… Malgré plusieurs rappels, il n’a jamais été publié ; il semble définitivement perdu dans les brumes des tiroirs encombrés de ladite revue. Or les enjeux qui l’inspiraient demeurent toujours vivaces et ses thèmes sont plus que jamais d’actualité.

En voici donc l’essentiel revu, complété et actualisé.

2014 aura été une année marquée par les commémorations du centenaire des débuts de l’horrible boucherie que fut la guerre 1914-1918. Sans doute n’est-il pas trop tard pour contribuer à ce devoir de mémoire en apportant un témoignage original, doublement personnel, qui ne peut manquer de retenir notre attention, étant donné ses enseignements non négligeables d’ordre philosophique, politique et symbolique.

Jean Bolle, volontaire de guerre et maçon sans tablier

Plus de cent ans déjà que mon père Jean Bolle, jeune étudiant polytechnicien, s’engageait volontairement dans l’armée belge pour combattre l’envahisseur germanique.

Plus de cinquante ans déjà… je frappais à la porte d’un Temple maçonnique et y « recevais la Lumière » en 1962.

Un lien entre ces deux événements ? Oui. C’est ce que je vais tenter de montrer… car il y a dans ce lien, me semble-t-il, matière à réflexions à la fois maçonniques, historiques, culturelles et politiques.

Comment cela ?

Mon père était ce qu’en franc-maçonnerie il est coutume d’appeler un « maçon sans tablier » : tant son idéal de citoyen laïque, libre et adogmatique aurait dû le pousser à frapper à la porte du Temple.

Mais voilà, sa maman, veuve depuis 1909, croyante sous la férule d’un directeur de conscience très catho intégriste, lui a fait jurer de ne jamais devenir franc-maçon, convaincue qu’il serait alors « excommunié ». Fidèle à son serment, mon père a refusé toutes les sollicitations amicales visant à lui faire rejoindre la famille de ceux qui pensaient comme lui. À cet égard, on peut affirmer qu’il possédait vraiment les qualités morales d’un maçon sans tablier. Moralement c’était un homme probe et libre. Familialement, sa probité lui a fait perdre une partie de sa liberté. Leçon historico- politique : la franc-maçonnerie était alors – mais cela a-t-il tellement changé aujourd’hui… ? – la cible de discriminations virulentes de la part du Vatican… ou de thèses complotistes.

Au premier rang de ces amis solliciteurs : deux initiés francs-maçons, membres actifs au sein de la loge bruxelloise des Amis philanthropes (GOB : Grand Orient de Belgique), ses collègues au tribunal de Commerce et à la Chambre de Commerce (lui-même apprécié comme le sage vice- président de ces deux institutions bruxelloises). Après plusieurs tentatives infructueuses, ils se sont en désespoir de cause tournés vers moi. En m’initiant, ils entendaient témoigner de leur amitié et de leur affection à mon père.

Personnellement, j’ai répondu sans hésitation à leur appel. Et ce pour au moins deux raisons : d’une part, chargé de cours nommé, je ne pouvais être soupçonné d’ambitions carriéristes ; d’autre part, j’étais depuis longtemps fasciné par les mystères de cette institution secrète. Depuis longtemps ? Oui. Depuis que j’avais découvert, dans les tiroirs secrets du bureau sur lequel j’étudiais mes examens, d’étranges documents remplis d’expressions et de signes cabalistiques. Le propriétaire initial de ce bureau avait été Auguste De Bal, mon grand-père adoptif décédé en 1945. Celui-ci, je l’ai découvert plus tard, avait été Vénérable Maître d’une autre très ancienne loge bruxelloise (Union et Progrès), et sans doute, au terme de sa progression initiatique au sommet de la hiérarchie des hauts grades maçonniques. Son nom figure d’ailleurs dans le hall du Temple de la rue de Laeken, sur les stèles commémorant la construction du bâtiment toujours habité et animé par de multiples loges.

Ce grand maçon qu’il était, oncle par alliance de mon père, a recueilli celui-ci dans son commerce de charbon, au sortir de la guerre 1914-1918 : mon père, soutien de famille, n’avait plus les moyens, financiers et psychologiques, après trois années passées dans la boue des tranchées de l’Yser, de reprendre des études universitaires. Auguste De Bal, qui avait épousé une demoiselle Bolle, tante de mon père, n’avait pas d’enfants. Aussi a-t-il décidé en 1935 d’adopter Jean Bolle, son neveu et successeur, afin que le nom « De Bal » ne disparaisse pas (deux générations auparavant existait une famille De Bal comprenant neuf garçons et neuf filles ; en 1935 Auguste demeurait le dernier porteur du nom… !)… et voilà l’origine de ce nom bizarre qui est le mien, lequel intrigue tant de gens. Jean Bolle, par application de la législation alors en vigueur est ainsi devenu Jean Bolle De Bal.

Que retenir de cette double aventure, de ces deux engagements à la fois liés et liants ? Liés, à travers le temps, par l’histoire particulière de mon initiation aux A.P. Liants, car impliquant d’une part le don de sa jeunesse pour mon père ; d’autre part, le respect du serment prononcé par moi le midi où j’ai reçu la Lumière… comme mon père avait respecté la promesse faite à sa mère. Un message profondément maçonnique que nous a laissé ce maçon sans tablier.

Tranchées d’hier : Wallons et Flamands : unis ou divisés, reliés et déliés ?

Aujourd’hui, en hommage à cet homme, qui a sacrifié sa jeunesse pour que nous vivions libres et que la Belgique survive aux pires menaces, j’ai eu à cœur de faire connaître les lettres – trouvées il y a peu dans les archives familiales – qu’il avait écrites depuis les tranchées de l’Yser et adressées à son ami Paul Heuson, grand blessé de guerre hospitalisé à La Panne. J’ai donc rassemblé et publié dans un livre illustré ces lettres Les Survivants du Boyau de la Mort. Le lecteur y découvrira non seulement une description vivante de la dure réalité de l’existence précaire dans les tranchées (son cousin Paul Lefevre, fils de sa tante Rosine Bolle, est mort à ses côtés, tué par un obus allemand…), mais aussi et surtout des informations originales et parfois surprenantes sur les rapports entre Wallons et Flamands au sein de l’armée belge de l’époque.

Suite à un matraquage politico-médiatique savamment orchestré et encore goulûment répété ces jours derniers (mars 2019) par le président du gouvernement flamand mijnheer Bourgeois (sic), il est devenu quasiment admis comme vérité historique indiscutable que, en 1914-1918, les soldats flamands ont été envoyés au feu – et parfois massacrés – par des officiers francophones incapables de s’exprimer dans la langue de leurs subordonnés. Ce mythe, toutefois, ne correspond pas nécessairement à la réalité concrète du champ de bataille.

Je n’en veux pour preuve que ces lettres authentiques – récemment retrouvées – de mon père : elles nous apprennent que les candidats officiers francophones comme lui devaient passer et subir avec succès des examens de flamand avant d’obtenir leur nomination. Voilà qui, à tout le moins, permet de relativiser ce qui est devenu un slogan politique dévastateur…

En revanche, ma plus grande surprise, à la lecture de ces lettres, a été la découverte de l’existence, en 1916 déjà, de profondes tensions au sein des unités combattantes de l’armée belge. J’avais toujours cru qu’il s’agissait d’une interprétation militante ultérieure (« le présent explique le passé plus que le passé n’explique le présent », avait coutume de répéter notre grand historien Henri Pirenne…). Les lettres de Jean Bolle nous révèlent que les oppositions linguistiques (« communautaires » dirait-on aujourd’hui) déchiraient violemment des régiments censés lutter ensemble contre un ennemi commun. Quel choc, a posteriori, de lire et entendre ces propos quasi symétriques : « wij zouden veel liever vechten tegen de Waalen als tegen de Duitsen » (« nous préférerions de loin nous battre contre les Wallons plutôt que contre les Allemands » clame un gradé flamand ») ; « j’en arrive à me demander si je ne préfère pas encore les Boches » s’interroge de son côté un sous-officier wallon ! Chauffée à blanc par la dureté des conditions de survie et la débilitante attente d’effrayants combats, la haine ainsi s’installe insidieusement entre Flamands et Wallons contraints à une promiscuité de tous les instants. Activistes et extrémistes trouvent là un terrain fertile pour distiller leurs pernicieux messages.

Heureusement la fin (momentanée ?) de cette histoire-là est moins démoralisante. La leçon que nous lèguent nos ancêtres combattants ne s’arrête pas à de tels épisodes. Lorsque l’urgence est ailleurs, lorsque l’ennemi extérieur menaçant impose un resserrement des énergies, lorsque le succès se profile à l’horizon, les luttes intestines s’estompent dans l’euphorie de la victoire collective, ce qui réunit l’emporte sur ce qui sépare : « la compagnie est redevenue normale…Wallons et Flamands s’entendent à nouveau…on retrouve du plaisir à vivre ensemble » ; « mon cher Paul, que nous sommes loin pour l’instant de la question des langues à l’armée. Tout le monde se comprend, va » (lettre du 24 octobre 1918). En d’autres termes, la devise nationale (« L’Union fait la Force ») reprend alors tout son sens.

Je relis les lettres de mon père et de son ami. J’y redécouvre un élément qui m’avait marqué que j’ai presque oublié. C’est le fait – certes connu des historiens, mais dont je n’avais jamais entendu parler, même à l’école – qu’en 1918, avant la fin des hostilités, l’occupant allemand avait élaboré et commencé à mettre en œuvre un plan de séparation de la Belgique entre la Flandre (perçue comme germanophile) et la Wallonie (trop latine à ses yeux). L’armistice et la fin des combats ont heureusement mis un terme à ce projet destructeur. Mais ce qui m’a surtout impressionné c’est que ces deux jeunes étudiants wallons, apparemment plus orientés vers les sciences et les techniques que vers la politique, se disaient plutôt favorables à cette perspective d’autonomie de leur région, fût-ce au prix de l’existence de la patrie pour laquelle ils s’étaient toutefois engagés à se battre. Sans doute ce sentiment de leur part était-il nourri par les relations linguistiques tendues qu’ils avaient vécues au fond de leurs tranchées, telles celles que je les ai rapportées voici quelques instants. Ce projet néfaste pour l’avenir de notre pays est heureusement – momentanément ? – tombé aux oubliettes, emporté par la logique de la victoire commune. La patrie, alors, l’a emporté sur les sous-nationalismes rampants.

Pouvons-nous espérer que l’actuelle revendication du confédéralisme à la sauce NVA, lointaine descendante de ce projet de séparation administrative subira un sort identique… ? Ne fût-ce que par respect pour le combat de mon père et les sacrifices de tous ses camarades tombés au champ d’honneur pour que vive longtemps leur chère Belgique.

Tranchées d’aujourd’hui : fédéralisme, confédéralisme, séparatisme ?

Un vœu pieux ? Il est permis d’en douter. Car, que constatons-nous aujourd’hui ? À l’heure où les institutions belges sont invitées à célébrer le centenaire de la victoire de nos aïeux combattants, le gouvernement de la Région flamande privilégie la mise en valeur des soldats flamands. En scotomisant volontairement la contribution des combattants wallons. Conclusion : nous sommes bien obligés de constater que cette menace de la séparation de notre pays en deux entités distinctes, loin d’être enterrée, resurgit avec une force accrue. Tel le monstre du Loch Ness, il ressuscite avec une vigueur renouvelée en tant que culte, idéal ou rêve… je n’en veux pour preuve que le premier article des statuts de la NVA visant à faire de la Flandre un État libre et indépendant. Dans l’incapacité d’obtenir actuellement les soutiens nécessaires à la réalisation de cet objectif, les leaders de la NVA mettent en avant de leurs programmes électoraux ce qu’ils appellent le confédéralisme. De quoi s’agit-il ? Provoquer une nouvelle réforme de la Constitution visant à accorder aux deux régions – la Flandre et la Wallonie – toutes les compétences de plus en plus grandes, ne laissant à l’État confédéral, coquille alors quasi vide, que quelques compétences résiduelles – affaires étrangères, défense… –. Pour les francophones ce projet apparaît essentiellement comme une étape vers la séparation et la disparition de la Belgique : en ce sens-là ils s’y opposent actuellement avec fermeté. Au confédéralisme ils opposent le fédéralisme d’union – éventuellement à améliorer – qui est censé correspondre à la réalité actuelle de notre pays et à son harmonieux développement. Voici donc que, par- delà les tranchées d’hier se creusent peu à peu les tranchées – symboliques et politiques – au sein de la Belgique d’aujourd’hui.

Preuve de cette « tranchée » : les Flamands de la NVA affirment ne jamais accepter de négocier avec les socialistes wallons ; de leur côté ceux-ci – PS en tête – refusent par avance toute collaboration avec les extrémistes flamingants, en particulier avec la NVA : chacun campe dans ses tranchées – au moment où j’écris ces lignes (février 2019) nous ignorons (moi tout particulièrement) quels seront les résultats des élections fédérales régionales et européennes de mai prochain – dans quelle mesure les uns et les autres sortiront de leurs tranchées ? Nul ne le sait moi pas plus que les spécialistes de tous bords : de toute façon ce sera sociologiquement intéressant à observer et analyser…

Pour illustrer cette problématique, à plus d’un égard, décevante, permettez-moi d’évoquer une situation particulière, celle de ma commune de Linkebeek, commune dite « à facilités » de la périphérie bruxelloise ! Son cas peut paraître anecdotique, mais il est pourtant symboliquement et politiquement significatif. En 1961, période où je m’y suis installé, cette commune jouissait d’un statut bilingue de fait ; en 1963, le projet de loi Gilson l’a momentanément inscrite, suite à la première tentative de définition d’une frontière linguistique, en Région flamande. Élu au conseil communal en 1964, j’ai contribué au fil des ans à la rédaction d’une dizaine de motions réclamant pour notre commune un statut bilingue officiel similaire à celui des dix-neuf communes de l’agglomération bruxelloise. Les autorités supérieures, fédérales et régionales, ont systématiquement refusé de leur donner une suite favorable.

En 1988, une nouvelle réforme de l’État nous a définitivement placés en Région flamande ; soumis à la tutelle du gouvernement flamand. Cette décision néfaste a transformé notre commune « à facilités » en une commune « à difficultés ». Exemple concret : la ministre flamande NVA, mevrouw Homans se refuse systématiquement de nommer le bourgmestre de notre commune ainsi que celui de trois autres communes de la périphérie (bourgmestres pourtant démocratiquement élus) ; sous un prétexte, à nos yeux, juridiquement contestable. Ce prétexte ? Les bourgmestres ont envoyé des convocations électorales dans la langue de leurs administrés. Or le Conseil d’État a statué que ces bourgmestres avaient le droit – conforme au bon sens – d’envoyer ces convocations en français aux Francophones et en néerlandais aux Néerlandophones : ils ont donc agi conformément à cette décision du Conseil d’État. La tutelle flamande se base, elle sur une circulaire dite « circulaire Peeters », exigeant l’envoi en flamand à tous les électeurs. Or la décision du Conseil d’État a une valeur juridique supérieure à cette circulaire dépassée par la jurisprudence : conflit digne de Clochemerle, estimerez-vous non sans raison, mais néanmoins sans signification importante pour l’avenir de notre commune et de ses habitants francophones. Nous voici donc les victimes d’une nouvelle guerre de tranchées, Flamands et Wallons campant sur des positions apparemment incompatibles, dans un conflit quasi guerrier, mais sans, pour le moment, d’armes à feu.

En novembre 1918, mon père et ses camarades de combat se plaisaient à répéter joyeusement que c’était la « Der des ders ». Adolescent je me souviens avoir été marqué par ces paroles de mon père se référant à son expérience de volontaire de guerre – expérience que je regretterai toujours de ne pas lui avoir permis de mieux et plus communiquer avec nous à ce propos –, car il avait cru, nous confiait-il avec tristesse lors de sa deuxième mobilisation en 1940, que « sa » guerre, la première « mondiale », serait la « der des ders ». Puis, en 1945, c’est avec espoir que, cette fois, cette seconde guerre mondiale, elle aussi destructrice de villes et de vies, serait, grâce à une prise de conscience générale, vraiment la « der des ders » ! Qu’en est-il advenu de cet espoir maintes fois répété ? Certes dans nos pays d’Europe le spectre d’une troisième guerre mondiale ne hante plus quotidiennement les esprits : la dissuasion nucléaire est passée par là, avec son corollaire, la « guerre froide ». La création de l’Union européenne a par ailleurs généré une relative paix entre nos nations. Il n’empêche : des guerres militaires sanglantes persistent à martyriser différentes parties du monde (Yémen, Somalie, Syrie, Irak, Ruanda, Afghanistan…).

Pour en revenir à l’Europe, la mise en chantier de plusieurs institutions de coopération européenne a fait naître le rêve, en partie réalisé, que la « der des ders » serait vraiment pour notre continent la « der des ders » … même si, aujourd’hui la résurgence des nationalismes, la montée des populismes, l’expression des haines raciales, xénophobes et antisémites nous obligent certains jours à relativiser cet optimisme. Espérons néanmoins que nous puissions ainsi éviter de nouveaux conflits armés entre nations européennes.

Pour en revenir plus précisément à notre chère « petite terre d’héroïsme », et à l’actuelle symbolique guerre de tranchées entre Flamands et Wallons, du moins entre politiques flamands et politiques wallons (car dans ma commune comme ailleurs les habitants, Belges de cœur et d’esprit, souhaitent toujours mieux que jamais vivre ensemble, malgré une frontière linguistique artificiellement créée et imposée…) ne débouche sur un irrémédiable démantèlement et donc la fin de notre pays, la mort de notre patrie.

Nos pères et nos grands-pères, dans les tranchées d’hier et d’avant- hier, se sont battus pour que vive la Belgique, notre patrie, pour la liberté politique et démocratique, pour l’égalité linguistique et culturelle, pour la fraternité existentielle, humaine et sociale : n’avons-nous pas aujourd’hui le devoir, par notre engagement citoyen, de donner un sens durable à leur engagement d’hier ?

N’y a-t-il point-là, dans tout ce que je viens d’exposer, une grande leçon à méditer par tous nos responsables politiques, économiques et sociaux du temps présent et des temps à venir ? Ce serait en tout cas rendre hommage à tous ces jeunes gens qui, comme mon père et son ami, ont sacrifié leur jeunesse pour défendre leur patrie (qui est encore la nôtre), faire en sorte que leur sacrifice n’ait point été vain ?

Informations complémentaires

Auteurs / Invités

Marcel Bolle De Bal

Thématiques

Droit / Législation, Franc-maçonnerie, Guerres mondiales, Politique belge, Questions et options philosophiques, politiques, idéologiques ou religieuses

Année

2019