Je vois le bien, je l’approuve et je fais le mal

Leão da Silva

 

UGS : 2013028 Catégorie : Étiquette :

Description

Dieu existe-t-il ou est-il une invention de l’homme créée pour les besoins de sa cause ? S’il existe, est-il un Dieu amour de tous les hommes et de toutes les femmes de la terre qui envoie les bons s’asseoir à sa droite au ciel et les méchants ou les assassins brûler en enfer ? Telle est la question fondamentale que la croyance populaire pose au moment de la mort. Pour le savoir, ouvrons la Bible, principal ouvrage de référence en la matière.

La Bible nous dit en effet que Dieu avait béni Noé, l’homme qui avait trouvé grâce à ses yeux, et ses fils avec lui. Qu’il avait ajouté : « Ceci est le signe de l’alliance entre moi et vous. Toute âme vivante restera avec vous pour les générations à venir et les temps indéfinis ». Après le déluge, où tous les méchants portés au mal, hommes, femmes et enfants furent noyés, Noé, charpentier de son état, s’installa vigneron. Le vin coulera à flots et, sans voisin pour l’entretenir de la pluie et du beau temps, Noé, pour tuer son ennui, se mit à boire, à s’enivrer et à se retrouver tout seul, tout nu, au milieu de sa tente empestant la sueur et l’alcool. Son fils cadet, Cham, père de Canaan, le découvrira dans cet état triste, lamentable, pitoyable, et ira raconter sa découverte à ses deux frères Sem et Japhet qui labouraient leurs champs. Erreur fatale. Car Noé finira par se réveiller de son vin et apprendra sa déchéance de la bouche de ses deux autres enfants. Son secret étant ainsi devenu secret de polichinelle, Noé, furieux, s’écria : « Maudit soit Canaan. Qu’il devienne le dernier des esclaves de ses frères ! Béni soit le Seigneur, le dieu de Sem, et que Canaan devienne son esclave ! Que Dieu octroie un vaste espace à Japhet, qu’il réside dans les tentes de Sem ! Que Canaan devienne aussi son esclave ! » Et le petit-fils, un innocent, payera de sa vie l’indiscrétion de son père.

Or, Canaan a l’oreille bien faite : travailleur infatigable, il oubliera la malédiction de son grand-père Noé et, sans l’aide de Dieu, produira, à la force du poignet, du lait, du miel, des fruits et du bon grain sur cette terre ingrate, chose qui sera convoitée par le dieu de Sem. Aussi, le dieu de Sem fera, les armes à la main, main basse sur son minuscule lopin de terre fructifié à la sueur de son front, là où, créateur du ciel et de la terre, il avait donné à son grand-père ivrogne la terre entière sur un plateau d’argent. Canaan à qui on ne connaît qu’un seul tort : être libre comme l’air, avoir une terre, connaître la réussite sans bâton ni glaive et vivre en harmonie avec sa famille et en paix avec ses voisins. Et – ironie du sort – ce sont les descendants de Sem qui deviendront esclaves malgré l’omnipotence, l’omniprésence et l’omniscience du dieu de Sem, d’Abraham, d’Isaac et de Jacob.

En effet, là où tous les peuples du monde vivaient et vivent sur une terre qu’ils ont héritée de leurs ancêtres, une terre qu’ils lèguent à leur tour à leurs enfants, le peuple élu de Dieu était un peuple sans terre, sans patrie, qui errait de terres étrangères en terres étrangères.

Dieu réparera cette fâcheuse lacune, il facilitera sa sédentarisation. Et, exécuteur testamentaire des dernières volontés de Noé, il approuvera la malédiction du grand-père ivrogne et, sans désemparer, fera l’éducation guerrière du peuple élu de A à Z. Il dira à Moïse, faux prince d’Égypte en cavale et recherché pour avoir assassiné un sujet égyptien : « Je suis le dieu de ton père, le dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Sans conteste, j’ai vu l’affliction de mon peuple qui est en Égypte et j’ai entendu sa clameur à cause de ceux qui le poussent au travail, car je connais les douleurs qu’il endure. Et je me mets en devoir de descendre pour le délivrer de la maison des Égyptiens et de le faire monter vers un pays bon et vaste, vers un pays ruisselant de fruits, de lait et de miel, vers l’endroit où se trouvent les… Cananéens, les Amorrhéns et les Jébuséens. Repars vers Pharaon, fais sortir mon peuple, les fils d’Israël, d’Égypte, car je t’ai fait dieu aux yeux de Pharaon ». Ainsi, donc, le peuple d’Égypte n’était pas le peuple du dieu de Sem, d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, alias Allah.

D’autant plus que Dieu, un chef de guerre habile à manier la stratégie de la tension et stratège militaire d’inspiration forcément divine, ajoutera : « Quant à moi, je durcirai le cœur de Pharaon et je multiplierai les signes et mes miracles dans le pays d’Égypte. Pharaon n’écoutera pas parce que j’aurai durci son cœur. Il faut que je pose ma main sur l’Égypte et que je fasse sortir mes armées, mon peuple, les fils d’Israël, par de grands jugements ». La terre promise n’était donc pas un no man’s land pavé de cailloux et de pierres. Elle ruisselait de fruits, de lait et de miel !

Pourtant, la postérité de Jacob à qui Dieu avait dit : « Jacob ! Jacob ! Me voici ! Je suis vivant ! Je suis le vrai Dieu, le dieu de ton père ! N’aie pas peur de descendre en Égypte, car j’y construirai une grande nation !…  » mangera – ventre affamé n’a point d’oreilles ! – le bon et la partie grasse de l’Égypte, le pays de Ramsès, pendant… quatre cent trente ans, temps nécessaire pour que les fils d’Israël deviennent aussi nombreux que les étoiles du ciel et une grande nation… d’esclaves !

Dans cet ordre d’idées, Dieu s’attaque aux Égyptiens. Et, ici, Dieu innove, il n’attaque pas Pharaon en rase campagne. Il mène des actions de guérilla dont le but avéré est de durcir le coeur de Pharaon en le harcelant et en lui assénant des coups successifs de Jarnac là où ils font mal, dans sa chair et dans son sang. Coups de Jarnac et actions de guérilla qu’il nomme « de grands jugements ».

Les signes et les terreurs – « nuits de cristal » – que Dieu fera tomber sur le Pharaon et sur les Égyptiens seront en effet terribles. Dix au total, « frappes chirurgicales » qui iront crescendo et qui mettront définitivement KO le grand Pharaon. À l’époque des vaches grasses, pour faire plaisir à Joseph, son bras droit et fils de Jacob que ses frères avaient jeté au fond d’une citerne pour qu’il y meure sans pain et sans eau, Pharaon avait eu un cœur tendre et compatissant. Il avait donné le gîte et le couvert à Jacob et aux maisonnées de ses onze enfants qui mouraient de faim. Dieu frappe donc fort un homme généreux et bon, diabolisé après avoir fait le bien !

C’est ainsi que, coup sur coup, Dieu changera les eaux du Nil en sang ; les grenouilles envahiront tout le territoire égyptien, suivies de méchantes mouches venimeuses. Dieu étendra sa puissante main sur les champs : les chevaux, les bœufs, les brebis seront frappés d’une peste dangereuse. Dieu frappera aussi d’ulcères et de tumeurs tous les Égyptiens, depuis le nourrisson jusqu’au vieillard et, chaque fois, Dieu durcira le cœur de Pharaon, « discernera et épargnera les riches possessions des fils d’Israël », preuve évidente que les plus riches des fils d’Israël n’étaient pas esclaves. Et last but not least, viendra alors le tour de l’ultime châtiment, la mise à mort de tous les premiers-nés d’Égypte, à commencer par l’héritier du trône. Et une fois l’Égypte complètement écrasée, son armée engloutie dans cette mer rebaptisée mer Rouge, Dieu fera en sorte que son peuple trouve grâce aux yeux des Égyptiens ! Et du plus pauvre au plus riche, les Égyptiens couvriront d’or, de pendants d’oreilles et de vases d’argent, de bœufs, brebis, ânes et ânesses, tous les fils d’Israël. Et, triomphant, Dieu dira : « Ainsi, ils dépouillèrent tous les Égyptiens et Pharaon a appris que personne n’est semblable à Moi ». L’argent était ainsi bel et bien le nerf de cette guerre et force est de constater que le créateur du ciel et de la terre ne peut donner à son peuple la vraie richesse qu’en dépouillant de leurs biens les autres peuples de la terre. Il contrarie l’adage « qui peut le plus peut le moins ».

Aussi – et à y regarder de près – le problème n’était pas de savoir si son peuple avait vécu esclave ou s’il avait mangé à satiété le bon et la partie grasse de l’Égypte, le pays de Ramsès. Le but avéré était double : transformer un peuple paisible, des laboureurs habiles au maniement de la houe, de la charrue et du trident, en une vraie armée de professionnels qui n’avaient pas froid aux yeux et qui, aguerris au combat, étaient prêts à tuer, pour les conduire ensuite, après un périlleux voyage à travers le désert, sur les terres de Canaan, cette oasis qu’il avait jurée de donner à la postérité d’Abraham et de Sarah. Pourtant, face à Canaan, Dieu ne fera pas des miracles. C’est l’arme à la main qu’il ira au combat. Déjà l’idée que Canaan, condamné à devenir esclave, soit devenu un homme libre et un géant de la race d’Énac confortablement installé sur ses terres et son peuple errant et esclave, était insupportable aux yeux du tout-puissant Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Et si Dieu voulait donner une terre riche à son peuple, il fallait d’abord rayer Canaan du monde des vivants, car cette terre il ne pouvait la donner aux fils d’Israël qu’en versant du sang. Ainsi – et là où Noé avait seulement maudit Canaan et ne l’avait condamné qu’à devenir le dernier des esclaves de ses frères – Dieu, pour accaparer son bien, prononce la peine capitale. Il décrète sa mise à mort.

Aussi, pour gagner la bataille qui sera engagée contre Canaan, la première question à laquelle il faut apporter une réponse immédiate est : « Le combien sommes-nous ? » Donc le Seigneur ordonna à Moïse de procéder au dénombrement. Et Moïse les compta tous, un par un. Il s’en trouva en tout six cent trois mille cinq cent cinquante en état de guerroyer qui, endoctrinés, entraînés et armés jusqu’aux dents, quitteront le désert du Néguev et monteront à l’assaut des hautes murailles du géant cananéen, que Dieu avait béni en son temps. Et ce sera la boucherie, le carnage. D’autant plus que l’entraînement corps à corps dans le désert pour cette guerre décisive durera… quarante ans !

En effet, les ordres précis que le Seigneur Dieu donnera à Moïse ne laissent planer aucun doute sur ses choix ethniques et politiques :  « Et ton œil ne devra pas s’apitoyer : âme pour âme, œil pour œil, dent pour dent… Le Seigneur Dieu, qui est votre guide, combattra lui-même pour vous, ainsi qu’il a fait en Égypte à la vue de tous les peuples. Je chasserai moi-même devant vous les Amorrhéens, les Jébuséens, les Phérézéens, les Hévéeens et les Cananéens. Les enfants d’Israël ne doivent point craindre ces peuples, seraient-ils de grande taille, de la race d’Énac. J’exterminerai tous les habitants de ces pays-là. Je purifierai cette terre afin que vous y habitiez. Si vous ne voulez pas exterminer les habitants de ces pays, ceux qui y seront restés seront pour vous comme des clous dans vos yeux et ils vous combattront dans le pays où vous devez habiter, ce qui causerait votre ruine, et je ferai à vous-mêmes tout le mal que j’avais résolu de leur faire. Ne vous alliez point aux habitants de ces pays-là : vous ne devrez point marier leurs filles à vos fils et vos filles à leurs fils. Nul ne fomentera des entreprises secrètes contre vous. Je vous procurerai le repos. Je ferai de vous une puissance plus forte, si forte qu’elle devra dominer tous les peuples de la terre. Vous aurez aussi pour esclaves les étrangers qui sont venus parmi vous, et ceux qui sont nés d’eux dans votre pays, vous les léguerez à vos descendants par droit héréditaire, et vous en serez les maîtres pour toujours. Mais n’opprimez pas par votre puissance les enfants d’Israël qui sont vos frères ».

Bref, la race des fils d’Israël de pure souche – son peuple – que le Dieu de Sem a créée, il la veut puissante, supérieure, pure, sûre et dominatrice. Il est donc clair que les autres habitants de la terre, fils et filles de la vilaine Lucy, diabolisés, ne trouvent aucune grâce aux yeux du tout-puissant dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Voués à l’enfer, en aucun cas ils n’entreront dans le royaume du ciel. Et, pourtant, « la beauté cachée des laids se voit sans délai », chante le poète.

Aussi, sanction double pour le cas où les fils d’Israël, par faiblesse, épargneraient les ennemis du Seigneur. Le châtiment viendra d’abord de ceux-là même envers lesquels ils auront fait preuve de pitié ou de compassion coupables. Dès lors, les vieillards, les femmes, les enfants, les nourrissons, les femmes enceintes sur le siège d’accouchement, tous, doivent être passés au fil de l’épée et rayés de la surface de la terre. Sinon, les survivants les combattront dans le pays où les fils d’Israël doivent vivre, ce qui causerait leur ruine. Et, circonstance aggravante, Dieu en personne se vengera de cette désobéissance et fera au peuple d’Israël tout le mal qu’il avait résolu de faire à ses ennemis… Et puisque Dieu avait ordonné à Moïse de tuer et de tuer sans pitié et avec une cruauté souvent imitée mais jamais égalée, aucun enfant ne survivra pour pleurer ses parents morts.

En effet, Rahab, une prostituée qui avait caché les espions envoyés par Josué, successeur de Moïse, pour espionner et pour l’informer sur le moral des troupes de Canaan, un géant de la race d’Énac, et, donc, nullement rassuré sur le succès de l’opération – deux précautions valent ainsi et à coup sûr plus que toutes les harangues victorieuses de son dieu tout-puissant – sera la seule rescapée de ce tout premier génocide – « solution finale » – perpétré par le dieu d’Israël avec l’aide des hommes et est, dit saint Matthieu, l’arrière-arrière-grand-mère de Jésus de Nazareth.

Tout sera-t-il voué à la destruction et à la mort ? Non ! Seront épargnés… l’argent, l’or, les bracelets, les colliers, les parures, les boucles d’oreilles, les bagues, les chaînettes, les objets en cuivre et en fer, les pièces d’or et d’argent… car, depuis que l’homme a appris à compter, ces « choses » ont quelque chose de saint aux yeux du tout-puissant dieu de Sem, d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Purifiées, elles feront partie du trésor de Yahvé. Aussi, la morale de cette tragique histoire est, elle aussi, vieille comme le monde : « L’argent, le saint des saints, est le nerf de la guerre ».

Et, pourtant – et contrairement au vœu du Seigneur Dieu – cette terre de Canaan où le sang avait coulé à torrents et dite « la Terre Sainte » n’est certainement pas une terre de tout repos. Tous y dorment un œil ouvert, sont sur le qui-vive, bâtissent de hautes murailles à l’instar de Canaan et obéissent au vieil adage romain, toujours d’actualité : « Si tu veux la paix, prépare la guerre » !

« Serpents, progéniture de vipères, comment pourrez-vous fuir le jugement de la Géhenne méchants comme vous l’êtes ? Vos ancêtres ont tué, vous êtes témoins de leurs actes et vous les approuvez. Et pour que vienne sur vous tout le sang juste répandu sur la terre, depuis le sang du juste Abel jusqu’au sang de Zacharie, fils de Barachie, que vous avez assassiné entre le sanctuaire et l’autel. En vérité je vous le dis, tout cela viendra sur cette génération. Vous serez jugés sévèrement » dira avec force Jésus, fils de charpentier et self-made man.

Jésus dit « vos ancêtres ont tué », il remonte aux tout premiers jours de la création et condamne tous les meurtres et massacres perpétrés depuis l’assassinat d’Abel par Caïn. Homme de paix, non violent et arrière-arrière-petit-fils de la Cananéenne Rahab, Jésus – bon sang ne saurait mentir – n’y va pas de main morte, se démarque, se distancie et s’oppose aux fils d’Israël : pareilles accusations et menaces proférées avec une telle virulence et qui montrent l’abîme qui le séparait des fils et du dieu d’Israël ne pardonnent pas. Son dieu était Amour à une époque où le mot d’ordre généralisé était œil pour œil, dent pour dent. Aussi, en s’attaquant de front et publiquement aux fils d’Israël et en soulevant le peuple au nez et à la barbe de l’occupant romain, qui n’y allait pas non plus de main morte, Jésus devait à coup sûr savoir qu’il ne ferait pas de vieux os. Il mourra, en effet, dans d’atroces souffrances, à la fleur de l’âge et sa condamnation, politiquement correcte, ne fait aucun doute d’autant plus que c’est en vain qu’il prononcera ses dernières paroles, son cri de détresse, un vrai SOS : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Force est donc de croire qu’il s’est trompé d’interlocuteur, car le dieu d’Israël ne répondra pas à cette ultime supplique de son « fils » bien-aimé Jésus-Christ, tant et si bien que, intarissable avec Moïse, déjà, de son vivant, il ne lui avait jamais adressé la moindre parole. Indifférent, il avait laissé dire et laissé faire. Comme il n’est jamais descendu non plus du ciel pour s’entretenir avec Mahomet, fondateur de l’islam.

Comme il est tout aussi vrai que toute cette tragique histoire n’était, au départ, qu’une banale et vulgaire querelle de famille, monnaie courante lorsque les préférences et les malédictions d’un grand-père ivrogne mal dans sa peau souffrant de la solitude et du mal de vivre et qui plus est, l’unique propriétaire de la planète Terre, rivalisent avec les gros sous, les meubles meublants et les lopins de terre ruisselant de fruits, de lait et de miel… une rivalité que le dieu de Sem, d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, alias Allah, a médiatisée et transformée en féroces luttes religieuses et en haines raciales à l’échelle planétaire et dont les effets cruels, terribles, néfastes, frappent, sans distinction, encore et toujours, tous les peuples de la terre.

Déjà, depuis que le monde est monde, de grandes et de petites familles anonymes s’empoignent pour moins que les lopins de terre ruisselant de fruits, de lait et de miel et, sur ce chapitre, Jésus dira « À Dieu ce qui appartient à Dieu et à César ce qui appartient à César ». Il parlait de la petite pièce de monnaie frappée à l’effigie de César et valeur refuge de la pauvre veuve qui, pour le salut de son âme, « met dans le tronc de son nécessaire, tout ce qu’elle possède, tout ce qu’elle a pour vivre alors que le riche, pour le salut de son âme, y met de son superflu ». Preuve évidente que c’est bel et bien la petite pièce de monnaie frappée à l’effigie de César, le saint des saints, qui conduit l’âme des créatures du dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob droit au ciel. Et non le péché confessé dans le confessionnal qui n’est pas, dit le pape François, une salle de torture. En effet, Jésus n’a-t-il pas dit : « Il est plus facile à un chameau de traverser le chas d’une aiguille qu’à un riche de pénétrer dans le royaume du ciel ? » N’a-t-il pas dit : « Malheur à vous, les riches, car vous avez déjà pleine consolation et qui riez, vous connaîtrez les larmes et le deuil ? » et : « Heureux vous, les pauvres, qui avez faim et qui pleurez, car vous serez rassasiés ? » Jésus ne barre-t-il pas au riche la route du ciel ?

Enfin, la Bible ne nous apprend-elle pas aussi que « mieux vaut celui qui est peu considéré, mais qui a un serviteur, que celui qui se glorifie, mais qui manque de pain », parole qui ne pouvait pas non plus plaire au fils du charpentier Joseph, un homme de condition modeste et soucieux du bien-être des pauvres ? Aussi, l’Église catholique rassure les fidèles pauvres qui mettent dans le tronc « deux petites pièces de monnaie, soit un quart de sou ». Elle dit que sa mère Marie est la mère des pauvres.

Bref et, au total, s’il est admis que l’homme est porté au mal, le dieu de Sem, d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, alias Allah, dit qu’il a « créé l’homme à son image ! » Et ceci explique sans doute cela…

Aussi, face aux extrémistes de tous bords, l’homme du XXIe a intérêt à méditer la pensée de Marc-Aurèle, empereur romain : « Songer sans cesse comment tous les événements qui présentement se produisent, se sont produits identiques autrefois, et songer aussi qu’ils se reproduiront ».

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Informations complémentaires

Année

2013

Auteurs / Invités

Leão da Silva

Thématiques

Croyances, Dieu, Église catholique, Questions et options philosophiques, politiques, idéologiques ou religieuses, Religions