Gérer sa vie, penser sa mort

Francis Wayens

 

UGS : 2011037 Catégorie : Étiquette :

Description

Qui sommes-nous ?

Notre association a été créée grâce à la circulaire ministérielle de 1973 qui instaurait et réglementait l’assistance morale, religieuse ou philosophique aux patients hospitalisés.

En 1995, une autre circulaire, dite « circulaire Busquin », réglementera l’assistance morale et religieuse dans les maisons de repos et de soins.

Certes, on peut critiquer le contenu de ces circulaires, car elles sont parfois difficiles d’application, un peu dépassées par l’évolution de la société et par les progrès de la médecine ; mais elles ont le grand mérite d’exister, donnant ainsi une voix ferme et une présence réelle aux mouvements d’aide spirituelle laïque telle que nous la connaissons aujourd’hui. Elles font partie du mouvement de reconnaissance de la laïcité qui s’est développé ces dernières décennies en Belgique.

Que faisons-nous ?

Bénévole dans ce mouvement depuis 1995, je me permets de répondre très laconiquement : « Beaucoup de choses », tellement ce bénévolat si captivant peut occuper, préoccuper et remplir le cœur et l’esprit.

– Nous répondons à la demande des personnes qui souhaitent une visite dans les hôpitaux et les cliniques. Une simple visite, parfois juste de quoi parler un peu de la famille, des amis ou… de philosophie. Mais la visite peut être plus longue, plus poignante et s’adresser aux familles qu’il convient d’accompagner jusqu’à l’adieu final.

– Nous visitons les résidents des maisons de repos, maisons de repos et de soins, ces maisons si luxueuses, parfois, qu’on voudrait oublier qu’il s’agit quand même d’une dernière résidence. La vraie maison, celle de la vie passée, occupe la place du deuil dans le cœur.

– Nous visitons aussi des personnes à domicile retenues par la maladie et la solitude.

– Nous organisons différentes cérémonies laïques : l’accueil d’un enfant dans la vie, un mariage laïque à ne pas confondre avec un mariage civil, le seul qui a valeur légale, mais qui peut paraître un peu bref, car il ne permet pas d’exposer les sentiments ressentis et les valeurs que le couple veut pratiquer dans sa nouvelle vie.

– L’organisation de funérailles laïques au crématorium, au cimetière ou dans une maison de la laïcité, en attendant peut-être de pouvoir les effectuer dans un endroit désacralisé qui permettrait plus de sérénité, retient toute notre attention.

– Nous rédigeons des brochures d’information ou de réflexion sur notre association : en juin 2005, un livret intitulé Le Service laïque d’aide aux personnes, de quarante-huit pages, maintenant épuisé ; en 2011 Gérer sa vie, penser sa mort, un dossier de quarante pages et onze fiches présenté cette année à la presse et au public.

– Nous organisons, enfin, des séances d’information sur l’Admd, par exemple, ou des séances de présentation de notre dernière brochure, notamment dans le cadre de l’exposition « À corps perdu, la mort en face » à la Bibliothèque des sciences et des technologies de l’UCL et organisée par le CAL/BW. La présentation de la brochure par Monsieur Francis Wayens a eu lieu le 10 octobre à 15 heures après une visite de l’exposition à 14 heures. Cette présentation a été suivie d’un goûter convivial.

– Enfin, pour présenter nos réalisations, nous essayons d’utiliser les médias les plus modernes que sont la radio et la télévision et ce notamment dans le cadre des émissions de La Pensée et les Hommes. Une émission de télévision est consacrée à la présentation de cette dernière brochure le 27 septembre 2011 en fin de soirée sur La Une et une émission radio à la RTBF, un samedi soir de novembre 2011 vers 19 heures 05.

Quelle est notre philosophie ?

Les valeurs qui soutiennent notre action sont connues : la défense et la propagation des idéaux de la laïcité. Notre service, faut-il le redire, est un service laïque où nous travaillons en laïques et pour des laïques. Ce terme « laïque » désigne toujours les mouvements de pensée, les organisations et les personnes qui se réclament des valeurs du libre examen et militent en faveur de la sécularisation de l’État.

Notre dernière réalisation : Gérer sa vie, penser sa mort

Gérer sa vie, penser sa mort ! À chacun ses chemins de vie… est une brochure de 51 pages sortie des presses de l’imprimerie « in extremis » en juin 2011 avec la participation du CAL/BW, de la Jeune Province du Brabant wallon et de la Fédération des Maisons de la Laïcité du Brabant wallon.

Plusieurs personnes, nos proches même, nous interpellent souvent : « Comment peux-tu être officiant de cérémonies laïques de funérailles ? Accompagner des familles en deuil, c’est sinistre ! T’as rien de mieux à faire ? »

De même, on peut nous dire aujourd’hui : « Comment avez-vous pu vous réunir pendant deux ans pour penser une brochure comme celle-ci ? La fin de vie, la mort ça viendra bien assez vite comme cela ! Ça n’intéressera personne ! »

Il est vrai qu’il faut être, à tout le moins, à contre-courant de son époque pour aborder un sujet dont toute notre vie fait une grande abstraction : la mort !

Pour beaucoup l’adage serait plutôt : « Faisons comme si elle n’existait pas ! N’y pensons pas ! » Cachons la mort, la vraie, pas celle des séries policières à la télé, pas celle des journaux télévisés non plus, celle qui nous frappe, qui nous est proche, celle d’un parent, d’un ami, d’un enfant…

Et pourtant !

Penser sa mort, c’est faire un bilan de sa vie passée, mais surtout évaluer le chemin qui nous reste à parcourir, c’est se recentrer sur l’important et abandonner ce qui est accessoire, voire futile. Penser sa mort, c’est mordre la vie à pleines dents.

En qualité de conseillers laïques en maisons de repos, en hôpitaux, voire à domicile, nous sommes souvent confrontés à des personnes en fin de vie seules ou suivies par une famille et qui, toutefois, n’osent pas parler de leur mort, de leur fin de vie avec les leurs.

Nous ne pouvons que constater le peu d’informations que ces personnes ont face à cette mort qui approche.

En qualité d’officiants laïques, nous sommes confrontés à l’impuissance, au désarroi même des familles face à la mort d’un des leurs. Que la mort soit prévisible suite à une maladie ou imprévisible suite à un accident, les familles souvent réagissent dans l’urgence avec à nouveau peu d’informations à leur disposition.

En qualité de délégués de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD), nous sommes enfin appelés par des personnes qui ont réfléchi à leur fin de vie, mais qui souvent sont encore confrontées aux difficultés à obtenir l’euthanasie.

Ces constats ont amené le Service laïque d’aide aux personnes, régionale du Brabant wallon (SLPBW), à réfléchir sur une information claire, la plus documentée possible sur la fin de vie et la mort.

Nous avons voulu la brochure Gérer sa vie, penser sa mort non seulement comme un outil d’information et de réflexion, mais aussi comme un outil pratique rassemblant sous forme de onze fiches tous les documents utiles à remplir en vue de sa propre mort.

La brochure et ses onze fiches pratiques, parlent sans tabous de la fin de vie et en particulier :
– des droits des patients,
– des aides et des soins à domicile,
– des hospitalisations et des placements en maisons de repos,
– de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD),
– du refus de l’acharnement thérapeutique,
– du legs du corps,
– des dons d’organes,
– du testament philosophique,
– des droits de succession,
– du choix pour l’inhumation ou la crémation avec ou sans dispersion des cendres, au cimetière ou ailleurs,
– des cérémonies laïques de funérailles.

Je vous propose de passer en revue ces fiches afin d’en découvrir l’utilité éventuelle pour vous.

1. Le choix d’aides à domicile

Rester le plus longtemps chez soi et, si possible, mourir chez soi, est une demande souvent formulée, mais parfois difficile à satisfaire.

Selon le ou les handicaps, il est important de définir de quels types d’aide vous êtes demandeur : soins paramédicaux, aides à domicile, surveillance, repas et services divers.

Et de négocier dès lors avec les diverses associations existantes les besoins et le type d’aides souhaitées afin de répondre au mieux au désir bien légitime de vouloir rester chez soi le plus longtemps possible. C’est le but de la première fiche.

2. Le passage d’un conseiller laïque en hôpital ou clinique

Notre charte de conseillers laïques ne nous permet pas de faire du prosélytisme et nous regrettons d’être parfois peu sollicités.

Nous ne passons en clinique ou en hôpital que sur demande du patient et pour autant que la demande soit bien relayée.

L’idéal serait peut-être, lorsque c’est possible, la demande directe du patient à nos services.

Trop peu de laïques savent qu’ils peuvent faire appel à nos conseillers qui sont des écoutants !

À l’écoute de qui ? Et pourquoi ?

Nous sommes à l’écoute tant de personnes seules qui n’ont personne à qui se confier qu’à l’écoute de personnes qui ont une famille présente aux visites, mais à laquelle il est parfois difficile de confier sa douleur, son mal-être, ses désirs, ses regrets sur la vie qui approche de la mort, ses doutes, sa vision de son « après ».

Il est parfois plus facile de crier sa douleur, sa rage, son impuissance auprès d’un tiers qu’auprès d’un membre de sa propre famille.

Il est parfois plus facile de crier sa peur de la mort auprès d’un tiers également.

Il est parfois plus facile, de même, de lui avouer ses doutes sur son athéisme, son agnosticisme.

Le conseiller laïque doit pouvoir également aider par de bons relais la personne qui souffre physiquement et/ou moralement par ses connaissances tant des services de soins palliatifs que des relais auprès de l’ADMD.

3. Le passage d’un conseiller laïque en maison de repos

Je n’en dirai pas plus tant cette fiche est une variante de la précédente. En maisons de repos ou en maisons de repos et de soins, le séjour est cependant plus long et les jours s’égrènent parfois bien lentement.

4. Déclaration du choix d’un hôpital en cas d’accident

Cette fiche doit vous servir à privilégier un hôpital plutôt qu’un autre.

Elle est à conserver auprès de votre carte d’identité.

En cas d’accident et d’urgences, signalons cependant que les ambulanciers ont des obligations de proximité qui peuvent les amener à ne pas respecter votre choix.

À noter aussi qu’un hôpital universitaire en principe respectueux de l’éthique laïque ne comporte pas que des médecins laïques, comme les hôpitaux universitaires catholiques ne comportent pas que des médecins liés à des principes religieux et dogmatiques…

5. Refus de l’acharnement thérapeutique

Cette fiche est disponible auprès de notre partenaire qu’est l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (asbl). Vous pouvez aussi l’obtenir via Le Moniteur.

Il s’agit d’une fiche par laquelle vous faites part :

– D’une part, de votre refus d’être maintenu en vie par des moyens médicaux, chirurgicaux ou techniques qui auraient pour seul résultat de prolonger l’existence sans être en rien de nature à en améliorer la qualité (en particulier l’alimentation forcée).

– Et d’autre part, de votre demande, en cas de souffrances, d’administration de médications aux doses utiles pour apaiser ces souffrances, même si ces doses peuvent hâter la mort.

Notre brochure est gratuite et l’adhésion à l’ADMD coûte dix-neuf euros pour une personne seule et vingt-cinq euros pour un couple. Ces montants permettent d’une part d’établir un dossier personnel complet et de poursuivre la réflexion sur l’euthanasie.

6. Déclaration anticipée d’euthanasie

Cette fiche nécessite pour elle seule, un développement qui risque de nous prendre trop de temps sur ce site et je vous suggère de participer aux réunions annuelles organisées en Brabant wallon dans les Maisons de la laïcité, par Roland Gelbgras pour l’est du Brabant wallon et par moi-même pour l’ouest du Brabant wallon. Une conférence est programmée dans ce trimestre en collaboration avec la Maison de la Laïcité de Wavre.

Je signale que nous cherchons un ou une déléguée qui assumerait le Centre du Brabant wallon.

7. Déclaration pour le legs de corps à la science

Il s’agit ici d’une disposition à prendre en faveur d’un institut d’anatomie, qui comporte des choix ultérieurs pour l’inhumation ou l’incinération.

Cette décision nécessite, me semble-t-il, un consensus des proches qui ne disposeront pas du corps du défunt pour les obsèques… Il leur sera remis par après.

8. Déclaration relative au prélèvement et à la transplantation d’organes et de tissus après le décès

En cas d’accident, la décision relative au don d’organes doit être prise très rapidement et dans la stupeur de l’accident.

Les démarches sont facilitées lorsque le document d’autorisation a été signé par le défunt.

Or, qui ne connaît pas aujourd’hui un proche, un ami, une amie en attente fébrile d’un don d’organes ? Voilà bien au-delà d’une transmission morale et philosophique, une transmission vitale pour laquelle, je vous inciterais tous à signer dès aujourd’hui la fiche 8, sans attendre.

9. Déclaration relative au type de sépulture

Comme pourra vous le dire Monsieur Jacques Delrieu, entrepreneur de pompes funèbres à Bruxelles, l’incinération devient de nos jours plus répandue à Bruxelles et dans les grandes villes que l’inhumation. Et le phénomène va croissant.

Il est important de savoir que la crémation et la disposition des cendres qui suit la crémation sont très réglementées.

Disposer des cendres du défunt dépend en partie du choix que vous mentionnez sur cette fiche.

Sans cette signature ante mortem, vos proches ne pourront disposer de vos cendres comme ils le désirent.

10. Testament philosophique

Voilà une page blanche… à remplir éventuellement.

Si votre vie vous a permis de posséder (d’avoir) quelques biens, probablement avez-vous rédigé un testament pour léguer vos biens meubles et immeubles à vos légataires.

Si votre vie vous a permis de vous forger quelques idées, quelques valeurs (d’être), pensez-vous que celles-ci seront moins utiles à vos légataires ?

N’est-ce pas l’occasion d’en faire part à ceux qui vous ont été chers et que vous quittez ?

À vous de voir et de remplir cette page ou de la laisser blanche…

11. La cérémonie laïque de funérailles

Ici aussi, dans le prolongement de la fiche 10, deux attitudes laïques sont possibles :

– Je suis mort, cela ne me concerne plus.

– Je suis mort, mais, bien vivant avant, en pleine conscience, j’ai pensé ma mort comme j’ai géré ma vie en laïque responsable et à ce titre, je laisse en héritage des valeurs, des préceptes, de l’amour aux survivants et à ce titre, j’ai des propositions d’intervenants, de musiques, de textes à laisser à la réflexion de ma famille, de mes amis lors de cette ultime cérémonie me concernant. Je puis alors donner des indications dans cette fiche 11.

Savez-vous que nos officiants laïques préparent avec les familles les cérémonies laïques de funérailles, comme les cérémonies d’accueil de l’enfant dans la vie et les cérémonies laïques de mariage et d’union libre, totalement gratuitement ?

Pour le Brabant wallon par exemple, un simple appel au 010-43.70.39 suffit pour avoir une aide efficace au dernier hommage au défunt. La plupart des maisons de la laïcité du Brabant wallon participent de même aux autres cérémonies laïques.

Voilà un tour d’horizon succinct de cette brochure qui s’adresse en premier lieu aux laïques du Brabant wallon, mais qui, à part quelques adresses à adapter, s’adresse à nonante-cinq pour cent à tous les laïques de Belgique et probablement même à d’autres personnes non laïques, tellement la laïcité n’est plus tout à fait une philosophie particulière.

Si, après lecture de ce texte destiné principalement aux présentations orales du livret, vous êtes intéressé, un courriel à monique@slpbw.be reprenant votre nom et votre adresse, nous permettra de vous envoyer un exemplaire gratuitement jusqu’à épuisement du stock. Après quoi, nous publierons le livret sur notre site www.slpbw.be.

Nous remercions la jeune province du Brabant wallon et les Conseils d’administration de la Fédération des Maisons de la Laïcité du Brabant wallon et du Centre d’action laïque du Brabant wallon (CALBW) qui, par l’octroi de subsides, nous permettent de vous offrir cette brochure.

Nous remercions également l’imprimeur, Monsieur Alain Steinberg et Aube, la graphiste, pour le magnifique travail de conception d’une brochure basée sur un thème tellement ardu, mais présenté de façon si attrayante.

Pour conclure, nous confirmons et disons donc à nos familles, comme Monsieur Gabriel Ringlet, prêtre bien connu le disait lui aussi lors de l’inauguration de l’exposition « À corps perdu : la mort en face » à l’Université de Louvain-la-Neuve, le 8 septembre 2011 : « Eh bien ! Oui, le plus important pour nous, c’est bien d’accompagner les familles en deuil, toutes affaires cessantes »

Que ce soit en maisons de la laïcité, au funérarium ou au crématorium, préparer la cérémonie, c’est aider une famille à réfléchir tant à sa tradition qu’à son avenir… C’est préparer la vie, hic et nunc.

De même, nous pensons qu’une de nos réalisations la plus utile est bien celle d’avoir rédigé cette brochure.

Peu de moments, à part les naissances, le passage à l’adolescence, le mariage ou l’union libre bien sûr, sont à nos yeux aussi importants que la mort d’un homme.

C’est un moment de réflexion profonde qui nous est offert sur la transmission, sur l’avenir d’une famille, sur le devenir de l’Humanité.

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Informations complémentaires

Année

2011

Auteurs / Invités

Francis Wayens

Thématiques

Euthanasie, Médecine, Monde associatif, Qualité de la vie / Bien-être, Questions et options philosophiques, politiques, idéologiques ou religieuses, Vie privée