Faux et vrais secrets de la franc-maçonnerie

Marcel BOLLE DE BAL

 

UGS : 2013011 Catégorie : Étiquette :

Description

Sous ce titre a été enregistrée le 7 mars 2013 une émission de La Pensée et les Hommes consacrée, à l’occasion de son jubilé (cinquante ans de vie maçonnique), à Marcel Bolle De Bal, sociologue et psychosociologue, à ses recherches et à ses publications sur les réalités de cette institution dite secrète, ou tout au moins discrète, qu’est la franc-maçonnerie. À cette émission, participaient également Françoise d’Hautcourt, ingénieur et Maçon, ainsi que Jacques Lemaire, animateur et président de La Pensée et les Hommes.

Marcel Bolle De Bal dont un entretien sur le thème « Sociologie et franc-maçonnerie » a déjà fait l’objet d’un dossier de Toiles@penser (Dossier n° 2012011) est professeur émérite de l’ULB, président d’honneur de l’Association internationale des Sociologues de Langue française, a été professeur visiteur aux Universités de Paris-Dauphine, de Genève, de Toulouse-le-Mirail, de Fribourg (Suisse).

Pour le présent entretien, trois thèmes ont été particulièrement privilégiés, parmi beaucoup d’autres incidemment évoqués : « le secret » et les secrets de la franc-maçonnerie, le débat sur la mixité au sein des loges et des obédiences, la philosophie de la franc-maçonnerie.

« Le secret » et les secrets

Le « secret » de la franc-maçonnerie, tant décrié par certains milieux profanes, constitue à la fois une force (fascination pour les non-initiés) et une faiblesse (cible pour d’incessantes critiques extérieures).

En réalité, une analyse objective incite à distinguer en l’occurrence, d’un point de vue sociologique et psychosociologique, deux types de secrets : les faux secrets et les vrais secrets.

Ce que l’on peut qualifier de « faux secrets » sont eux-mêmes de deux ordres. Il y a d’une part le mythe (le fantasme) du Grand Secret, du Secret majuscule, celui de la puissance attribuée aux « Illuminés », aux Illuminati, l’existence imaginaire d’un petit groupe d’Êtres supérieurs tirant les ficelles du pouvoir, des pouvoirs apparents dans la gestion du monde. Que ceux qui postulent l’entrée en franc-maçonnerie pour découvrir ce mystérieux secret abandonnent cette folle espérance : il n’existe pas, quoi que puissent affirmer ces aigris qui se complaisent à fustiger une société dont ils ne font pas partie.

D’autre part, il y a de vrais faux secrets : tous ceux qui fleurissent dans les rayons de maintes bibliothèques, qui sont supposés être « révélés » par tous ces ouvrages dits de vulgarisation : symboles, rites, structures, historiques y sont abondamment décrits… et donc pourraient être considérés comme n’étant plus secrets… …et pourtant ils le demeurent à certains égards !

Car le vrai secret, ou tout au moins les vrais secrets de la franc-maçonnerie résident dans l’expérience personnelle, vécue, intime, intégrée de ces rituels et symboles, au cours du processus de l’initiation, à travers l’expérience initiatique. À cet égard, Marcel Bolle De Bal, fort de sa longue pratique du cheminement maçonnique, est enclin à distinguer cinq dimensions du secret maçonnique, qu’il se plaît à rassembler sous l’étendard des « 5 P ».

En premier lieu, il y a le secret de Prudence : les franc-maçons ne dévoilent pas leurs Frères et leurs Sœurs, parfois ne se dévoilent pas eux-mêmes, car cela pourrait porter atteinte au développement de la vie profane, professionnelle et familiale des uns et des autres. Excommuniés par l’Église catholique, pourchassés par les nazis, les communistes et les intégristes de tous poils, les francs-maçons ont appris à leur corps défendant la nécessité d’être, sinon secrets, du moins discrets quant à leur appartenance (secret d’appartenance) à une association victime de tant de persécutions. Leur déliance externe constitue dans cette perspective la condition de leur reliance interne.

En deuxième lieu, il y a le secret de Protection, corollaire du précédent : pas seulement protection des personnes (ce qui rejoint le secret de prudence), mais plutôt protection des savoirs liés à l’initiation et au processus vital que représente celle-ci. Le secret maçonnique, lié à l’ascèse initiatique, est semblable à celui qui préside à l’élaboration de la vie : ouvririons-nous le ventre d’une femme enceinte pour voir comment se développe son enfant ? Certes non. Dévoiler les secrets de l’initiation sur la place publique – si cela était possible – serait tuer la poule aux œufs d’or. Telle fut d’ailleurs l’ambition folle des meurtriers d’Hiram… avec le résultat que l’on sait. L’initiation, processus de reliance existentielle, ne peut faire l’économie des épreuves à surmonter sur le chemin du secret… à commencer par le dépouillement des métaux, par la déliance vis-à-vis du Temple Extérieur et de ses parures aliénantes. Ainsi pourra être découvert, par le détachement matériel, l’ascèse psychologique et la déliance sociale, le secret de la construction du Temple intérieur. En cela le secret de protection, secret professionnel des franc-maçons, est le descendant lointain du secret de métier qui, dans les temps anciens, a donné naissance à la reliance corporative des maçons opératifs.

En troisième lieu, il y a le secret de Pudeur, propre à toutes les personnes qui croient en leur engagement spirituel et n’éprouvent nulle envie d’en faire un indécent étalage public. Secret d’une reliance à soi, au prix d’une déliance aux autres – ou du moins à beaucoup d’autres.

En quatrième lieu, il y a le secret de la Personne ; secret d’« indicibilité », secret d’impuissance ou du moins secret d’incommunicabilité lié à l’impossibilité de transmettre valablement à autrui ce qui relève de l’ordre de l’ineffable, de l’intériorité, de l’intime, de l’intensité, bref ce qui consiste essentiellement et existentiellement en une expérience personnelle, subjective et affective, spécifique à celui qui l’a vécue. Tel est le secret de l’initiation, du chemin parcouru grâce à elle et au-delà d’elle. Secret qui ne peut être vécu que dans sa double nature de déliance sociale (par rapport au monde profane) et de reliance à la fois psychologique (à soi) et psychosociologique (aux autres initiés) : paradoxalement le secret de la reliance maçonnique passe par la reliance à l’Autre (son Frère ou sa Sœur) et par la déliance aux autres (profanes non initiés).

En cinquième lieu, enfin, il y a le secret de Promesse (promesse du secret), celui auquel s’engage le profane afin d’avoir accès à l’initiation : promesse de ne point révéler ni les appartenances, ni les délibérations, ni les rites. En ce qui concerne ces derniers, ils sont apparemment devenus le secret de Polichinelle… mais apparemment seulement, car leur sens profond, ésotérique, ne peut être atteint par ces prétendues révélations exotériques. Dans leur progression initiatique, certains franc-maçons ont été institués « Maîtres Secrets », car jugés dignes de connaître ces secrets, capables de ne pas les dévoiler, et donc d’être reliés aux autres Maîtres Secrets semblablement initiés.

La mixité

La place des femmes en franc-maçonnerie fait aujourd’hui débat et même, pourrait-on dire, d’un débat extrêmement virulent. Sous la pression de mouvements féministes extérieurs, relayés par un certain nombre Frères convaincus, surgissent de divers côtés maintes revendications visant à « mixifier » des obédiences (confédérations de loges) masculines telles les Grands Orients de Belgique (GOB) et de France (GOF). Des sentiments contradictoires sont exprimés à ce sujet.

La position de Marcel Bolle De Bal est très claire sur ce point : la mixité existe au sein de la franc-maçonnerie libérale et adogmatique, car y co-existent trois grands types de franc-maçonnerie (masculine, féminine, mixte), manifestant chacune une spécificité indéniable, par delà des rituels souvent similaires. Pas besoin, selon lui, de « mixifier » les obédiences mono-genres : ce serait introduire du profane dans le sacré, de « profaner » des lieux consacrés. En effet, une loge maçonnique n’est ni un « service club » (Rotary Club ou Lions Club), ni une association sportive, ni une organisation syndicale. La différence : elle réside dans le fait que la loge est une structure initiatique, à l’inverse des autres groupes sociaux qui viennent d’être évoqués. S’y réalise en premier lieu un travail sur l’identité de la personne initiée. Or une composante essentielle de cette identité réside dans la dimension sexuée de celle-ci. Cette constatation est d’autant plus actuelle et prégnante que nous assistons aujourd’hui, à la suite des très légitimes progrès des mouvements féministes, à une double crise d’identité : crise d’identité féminine (comment être une femme épanouie dans la société contemporaine ?), crise de l’identité masculine (c’est quoi être un homme, soudain dépouillé des attributs traditionnels de son pouvoir ?). Voilà qui explique et justifie les différences essentielles de climat social, d’« égrégore », d’inconscient collectif que l’on peut observer dans les trois grands types d’obédiences. telle est en tout cas la leçon qu’a tirée Marcel Bolle De Bal de sa double expérience de membre du GOB (obédience masculine) et du DHF (obédience mixte).

Dans cette perspective, il se réjouit de la présence à ses côtés, lors de cette émission, de Françoise d’Hautcourt, membre éminent du Droit Humain (DH). La position qu’il défend – et que Françoise d’Hautcourt dit partager – en loge et à l’extérieur peut se résumer ainsi : pour la mixité des obédiences (deux mono-genres, une mixte), contre la mixification des obédiences mono-genres. Cette diversité de ses structures est une richesse de la franc-maçonnerie et doit, selon ces deux fraternels amis, être précieusement préservée.

La philosophie de la franc-maçonnerie

Élargissant le champ de leurs échanges lors de cette émission, les intervenants abordent alors la vaste question de la philosophie sous-jacente au projet maçonnique.

À cet égard, une première précaution oratoire s’impose : les trois initiés présents appartiennent tous les trois à un certain type de franc-maçonnerie (la franc-maçonnerie libérale et adogmatique) relativement minoritaire dans le monde, mais majoritaire sur le continent européen, notamment en France et en Belgique. Celle-ci s’est, au fil des siècles, progressivement détachée du courant majoritaire (anglo-saxon pour l’essentiel : trois quart des franc-maçons sur le globe) : ce dernier courant se veut théiste, impose à ses membres la croyance en un Dieu créateur et organisateur, alors que la franc-maçonnerie continentale se veut tolérante, ouverte à toutes les confessions, aux croyants comme aux incroyants. Contrairement à une idée répandue, cette franc-maçonnerie-là n’exige nullement de ses adeptes une profession de foi athée.

Valorisant l’autonomie de la conscience personnelle et le libre examen, elle ne voit dans le Gadlu (Dieu pour les anglo-saxons) qu’un symbole que chacun peut interpréter à sa guise. Marcel Bolle De Bal, lui, est persuadé que le Gadlu n’existe pas (ni Grand Architecte, ni Grande Architecture conçue par un Pouvoir extérieur porteur d’un quelconque « dessein intelligent »). En fidèle disciple de Camus, il considère que le monde est absurde, qu’il n’a pas de sens… sauf celui que nous lui donnons par nos actes concrets : ce n’est pas parce que nos enfants ont du sens que nous les aimons, c’est parce que nous les aimons qu’ils ont du sens (André Comte-Sponville). En d’autres termes, point de Gadlu, nous sommes tous des Padnus (de petits archjtectes de notre univers) chacun de nous est un Padsu (un petit architecte de son univers).

Finalement, quelle est la finalité essentielle de la franc-maçonnerie ? La quête de la sagesse, en tant que contribution au progrès de l’humanité, peut-on affirmer sans grand risque de se tromper. Finalité bien résumée par le philosophe André Comte-Sponville en des termes qui ne peuvent que trouver un profond écho chez les initiés franc-maçons :

« La sagesse finale est ouverture au monde, ouverture aux autres, ce qui passe par la libération de soi. »

Cette formulation rejoint, en d’autres termes, celle choisie, voici plus de quinze ans, par Marcel Bolle De Bal pour décrire la modalité originale de la franc-maçonnerie dans sa tentative de traduire en réalité la finalité ci-dessus définie : la franc-maçonnerie en tant que laboratoire de reliances. Une reliance à soi (travail sur l’identité, œuvre de l’Apprenti), de reliance aux autres (travail sur la fraternité, œuvre du Compagnon) ; reliance au monde (travail sur la citoyenneté, œuvre du Maître).

Sur le plan normatif, le projet de reliance, profane en général, mais plus particulièrement maçonnique, peut se décliner en sept dimensions complémentaires :

– le partage des solitudes acceptées : par l’initiation, voyage paradoxal au cœur de la solitude, nous découvrons notre solitude existentielle fondamentale ; en acceptant celle-ci, le fait d’être ainsi solitaire, et que l’Autre, en face de nous, l’est tout autant, nous pouvons nous « relier » à lui, et devenir, ensemble, solidaires ;
– l’échange des différences respectées : application du principe – et de la valeur – « tolérance » (« respect » est un terme plus « valorisable », semble-t-il) ainsi que du principe et de la valeur « fraternité », celle-ci étant assumée dans sa dimension de réalité initiatique et non pas dans la tentante et courante interprétation doucereuse « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil »…
– la rencontre des identités affirmées, celles-ci ayant été consolidées par le travail de « reliance à soi » de l’Apprenti ;
– la confrontation des valeurs assumées, telles que le Maître/Compagnon/ Apprenti a pu les élaborer tout au long de son cheminement initiatique de « Maçon libre dans une loge libre » ;
– la revitalisation des racines détériorées, symbole de l’engagement écologique du citoyen franc-maçon en faveur de la préservation et du devenir de notre Terre-Patrie (la première « reliance » n’est-elle pas celle qui par les racines végétales – et, symboliquement, anthropologiques – fait le lien des espèces vivantes avec notre terre nourricière, lien par ailleurs menacé par les effets des progrès techniques ?) ;
– l’expression des émotions rationalisées, synthèse reliante à laquelle nous invite la pratique vécue de nos rituels mêlant émotions et rationalisations, sentiments et raison ;
– la conjonction des croyances personnalisées, ouvrant la voie, dans le respect des convictions sincères d’autrui, à la reliance cosmique, aux richesses d’une spiritualité laïque.

Autre moyen pour progresser sur le chemin de cette quête de sagesse : l’initiation maçonnique, processus fondamental de reliance existentielle, à partir et au-delà du secret maçonnique. Expérience paradoxale à la fois de solitude et de fraternité.

Quelles notions fondalentales accompagnent-elles ce processus ? Deux d’entre elles méritent d’être mises en avant : la fraternité et l’idée de construction.

La fraternité, ici, doit être comprise non pas comme une complicité camouflée et contraire à l’intérêt général, mais bien dans son sens noble : un lien social à inventer, une acceptation d’autrui en ses contradictions, une reliance à construire dans la perspective du bien commun.

La construction, précisément : idée héritée du monde des bâtisseurs du Moyen Âge, idée reprise dans les symboles classiques de le construction de trois Temples : le Temple intérieur (la personne), le Temple extérieur (la société), le Temple de l’humanité (le monde). À ces trois références classiques en franc-maçonnerie, Marcel Bolle De bal estime nécessaire d’adjoindre une réflexion sur la construction d’un Temple intermédiaire, le Temple initiatique : la franc-maçonnerie elle-même en tant qu’institution, ses loges et ses Ateliers : il s’agit bien de structures intermédiaires entre les individus (les personnes) et les institutions sociétales… structures actuellement en crise au sein des sociétés contemporaines techno-bureaucratiques.

Demeurent alors deux questions essentielles en liaison directe avec la philosophie de la franc-maçonnerie : celles de la spiritualité et de la transcendance. Deux notions phagocytées par les idéologies religieuses, mais qui portent en elles, pour autant qu’on les envisage avec ouverture d’esprit, une potentialité laïque, libre penseuse non négligeable.

L’enjeu, ici, est de concevoir une spiritualité matérialiste : un paradoxe pas si paradoxal que cela, s’il eut observé de près. Ici, nous sommes en effet directement plongés au cœur du vieux débat concernant les rapports entre matérialisme et spiritualisme. Sans entrer dans le labyrinthe de discussions philosophiques sur ce thème, nous pouvons nous contenter d’oser esquisser une posture paradoxale : est-il vraiment impossible de se dire à la fois matérialiste et spiritualiste ? Position duelle, dialogique comme dirait Edgar Morin : deux logiques opposées, contradictoires, mais complémentaires ? La formule suivante, peut exprimer cette ambivalence de façon non ambiguë : affirmer à la fois le primat de la matière et la primauté de l’esprit.

Cette spiritualité maçonnique, athée, matérialiste et laïque – ni impérialiste, ni totalitaire – est une voie qui permet de donner du sens aux choses, par delà le matériel, l’animal et le technique. Elle porte en elle une transcendance non point venue d’un en-haut hypothétique, mais d’un en-bas concret, humain : c’est une transcendancce immanente, moins horizontale (Ferry) qu’ovale (l’« égrégore » : l’inconscient collectif de la loge, qui, de toute évidence, est plus que la somme des individus qui la composent). Elle entend rendre les êtres humains plus libres par rapport à eux-mêmes, par rapport aux autres, par rapport à la société, à développer une triple reliance lucide et engagée. En d’autres termes, apprendre à « vivre et à respirer ensemble ». Car, déçus par la froideur des relations sociales extérieures, écorchés par l’expérience de l’isolement et de la solitude, nos contemporains aspirent à nouer d’autres types de relations, plus chaleureuses, plus sincères, plus fraternelles. Beaucoup de ceux d’entre eux qui viennent frapper à la porte du Temple maçonnique vont découvrir, au cours de leur parcours initiatique, autre chose, une réalité plus riche encore, une ouverture vers un monde insoupçonné au départ : celui des symboles, de la spiritualité et d’une originale transcendance. D’une spiritualité et d’une transcendance point nécessairement religieuses, mais potentiellement laïques. Sans qu’ils en aient toujours conscience, ce cheminement qui est le leur est de nature à répondre à un besoin latent au sein de l’humanité contemporaine : celui de combler un vide spirituel, sentiment rendu particulièrement aigu par le déclin des idéologies, les contradictions et la faillite des grands systèmes utopiques, supposés vecteurs de progrès et de bonheur : systèmes religieux (l’Inquisition, la déchristianisation), scientifico-technologiques (Hiroshima, Tchernobyl), socio-politiques (le Goulag).

Rien d’étonnant, dans ces conditions, à la fascination actuelle pour le soi-disant « retour du religieux », pour tout ce qui relève soit du monde des sectes, soit de celui des philosophies orientales (bouddhisme, zen, etc.), soit, paradoxalement, pour celui de l’athéisme. Or il se fait que la franc-maçonnerie, par sa réalité essentielle et la nature de sa Fraternité initiatique, est prédisposée à répondre à cette angoisse existentielle qui taraude quantité de nos contemporains. La franc-maçonnerie est un lieu privilégié où ces aspirations spirituelles – conscientes ou inconscientes – à une certaine transcendance, aspiration qui, en son sein, peuvent s’exprimer, s’épanouir et se réaliser.

Pour nourrir cette quête spirituelle de transcendance et de sagesse, la franc-maçonnerie offre trois Voies principales :

– la Voie de la Connaissance : recherche de vérités, travail de déliance intellectuelle et spirituelle,
– la Voie de l’Amour : recherche de fraternité, travail de reliance interpersonnelle,
– la Voie de l’Œuvre : recherche de créativité, engagement dans l’action, travail de reliance culturelle et cosmique.

De façon synthétique, une hypothèse peut être avancée : pour Marcel Bolle De Bal la philosophie et l’idéologie de la franc-maçonnerie libérale et adogmatique constitueraient bien, en leurs fondements pas toujours reconnus, une version laïque du personnalisme, un personnalisme non point strictement religieux, mais laïque et pluraliste. Thèse qui mérite d’être sérieusement étudiée et discutée.

1 220 vues totales

Informations complémentaires

Année

2013

Auteurs / Invités

Marcel Bolle De Bal

Thématiques

Franc-maçonnerie, Humanisme, Libre examen, Mythes, rites et traditions, Questions et options philosophiques, politiques, idéologiques ou religieuses, Secrets, Société secrète, Spiritualité