Entre islam libéral et islam conservateur :où se situent les musulmans belges ? Partie I

Chemsi CHÉREF-KHAN

 

D’après une conférence organisée par le Cercle du libre examen de l’ULB

 

UGS : 2015002 Catégorie : Étiquette :

Description

Je vous remercie de nous avoir invités à un débat autour de ces questions.

Vous avez bien compris que je ne suis pas un spécialiste académique de ces questions, même si j’ai organisé plusieurs colloques et participé à de nombreuses conférences. On pourrait dire : « De quoi il se mêle, ce n’est pas son domaine ! » Mais étant moi-même né dans l’islam – je suis né en Turquie  –, comme la plupart des musulmans sur la planète, on est musulman parce que l’on naît dans une famille musulmane et cela détermine le reste de la vie, pour autant que l’on n’essaye pas d’en sortir, ou de prendre d’autres chemins de traverses.

La première fois que j’ai rencontré Malika Hamidi c’était en 2004. Nous organisions, avec La Pensée et les Hommes, notre deuxième colloque au Parlement européen intitulé L’Europe, une chance pour la femme musulmane ? et je ne suis pas persuadé que, depuis lors, en une dizaine d’années, l’Europe se soit réellement révélée comme étant une chance pour la femme musulmane. Mais on peut discuter à l’infini sur le sens de ces mots et de ce qui est une chance pour les femmes musulmanes et de ce qui ne l’est pas.

C’est aussi en 2004 que j’ai rencontré pour la première fois Rachid Benzine dans cette université, à l’initiative, déjà, du Cercle du Libre Examen. Il avait commencé son intervention par « L’islam est pluriel, il y a autant d’islams qu’il y a de musulmans ». Voilà une phrase que j’ai retenue pour le restant de ma vie, que j’utilise à chaque fois que j’en ai l’occasion. Dernièrement, j’ai entendu Rachid Madrane, à la RTBF, dire la même chose et je me suis dit voilà une idée qui fait son chemin, peut-être pas suffisamment parce que c’est, quand même, une idée fondamentale. Cette phrase pose une question, elle aussi fondamentale, à savoir : est-ce que toutes les déclinaisons possibles et imaginables de l’islam ont leur place dans une société, dans une démocratie libérale comme la nôtre ?

Il y a cinquante ans – je suis arrivé en Belgique en 1961 –, les premiers musulmans étaient déjà là, mais ils n’étaient pas nombreux. En 1962-1963-1964, le gros des troupes arrivent à la suite de la convention entre la Belgique, le Maroc et la Turquie et si j’avais demandé à une centaine de Marocains ou de Turcs, où ils se situaient entre l’islam libéral et l’islam conservateur, ils n’auraient pas compris ma question. Si je devais faire le même exercice aujourd’hui, je ne suis pas sûr qu’ils comprendraient davantage la question, alors que cinquante ans sont passés dans l’intervalle, que beaucoup de choses se sont dites sur l’islam et que beaucoup d’initiatives ont été prises dans notre pays. Pour pouvoir dire où l’on se situe entre l’islam libéral et l’islam conservateur, je pense qu’il faut savoir d’où l’on vient, par où on est passé et surtout vers où on veut aller.

D’où viennent les premiers musulmans du Maroc et de Turquie ? Des montagnes, du Rif, des villages d’Anatolie et ils pratiquent ce que l’on appelle communément un islam populaire qui n’entre pas dans la catégorie d’un islam libéral ni d’un islam conservateur. Ils pratiquaient l’islam par tradition, donc l’on peut dire que c’est un islam conservateur. Mais est-ce cela qu’il faut comprendre par islam conservateur ? Je n’en suis pas sûr. Ils avaient une culture, une connaissance relativement limitée de leur religion comme pour la plupart des choses. La plupart de ces personnes étaient d’ailleurs illettrées : ils étaient dévots, ils faisaient preuve de piété, certains étaient plus proches de la religion que d’autres. On s’est aperçu que ces gens s’habituaient spontanément, naturellement, à vivre dans une société sécularisée, ils s’accommodaient de vivre dans cette société.

Au bout de quelques années, vers la fin des années 1960, l’islam était déjà devenu la deuxième religion de ce pays. À la suite de divers phénomènes telle que des crises économiques, etc. qui ont leur importance  –malheureusement on n’a pas le temps d’entrer dans le détail –, on a vu arriver d’un peu partout des prédicateurs avec la ferme intention de vouloir ramener ces musulmans issus de la diaspora sur le droit chemin, selon eux. Autrement dit, ils estimaient que ces musulmans étaient en train de se dévoyer, de s’éloigner de la religion et qu’il fallait les ramener sur le droit chemin selon l’orthodoxie qui dominait dans leur esprit.

Parmi ces prédicateurs, on trouvait aussi des réfugiés politiques, poursuivis dans leur pays d’origine l’Algérie, la Tunisie, le Maroc, la Turquie,… où on leur reprochait d’avoir des activités qualifiées d’islamistes. Ils arrivaient ici et profitaient des libertés pour enseigner l’islam à leur manière. Au bout de quelques années, l’islam populaire des primo-arrivants a fait, petit à petit, place à un islam un peu plus docte : ces prédicateurs avaient la prétention de dire que leur islam était le vrai islam. C’est alors que les jeunes ont commencé à dénigrer leurs parents parce qu’ils ne connaissaient pas bien leur religion,… J’en passe et des meilleures.

Il se fait qu’à ce moment-là, au début des années 1970, puisque l’islam est déjà la deuxième religion du pays, un autre phénomène se passe, pour des raisons diverses – là aussi, je n’entrerai pas dans le détail pour des motifs de temps. La Belgique courtise très fort des pays des Émirats, l’Arabie saoudite,… parce qu’elle veut faire des affaires avec ces pays-là qui regorgent de pétrodollars à la suite des crises pétrolières. Les Saoudiens font comprendre aux Belges que s’ils veulent faire des affaires avec eux, il y a un geste à poser. Et puisque la Belgique reconnaît déjà les cultes catholique, protestant et israélite, il serait bon que, sur la carte de visite des entreprises belges, la Belgique reconnaisse également l’islam. C’est dans ce contexte-là que la loi du 19 juillet 1974 est votée.

Dans l’annonce de cette soirée de débat, on faisait allusion aux cinquante ans de l’immigration, tout en rappelant aussi les quarante ans du vote de la loi de 1974. Malheureusement, on n’en parle pas beaucoup, alors que c’est beaucoup plus important pour le « vivre ensemble » et l’avenir des musulmans dans ce pays, mais pour l’avenir des autres personnes qui vivent avec les musulmans également.

Je suis très heureux que le Cercle du Libre Examen ait saisi cette occasion, ait lancé cette conférence et j’espère qu’il y aura d’autres colloques et d’autres débats sur le même sujet et y compris dans le monde politique qui reste relativement éloigné de ce sujet. On a trouvé beaucoup d’argent pour commémorer les cinquante ans de l’immigration. Les quarante ans du vote de la loi de 1974, personne n’en parle, alors qu’il me semble qu’il est plus important d’en parler et nous sommes là pour en parler.

Alors que fait-on en 1974 ? On reconnaît effectivement l’islam. Que veut dire reconnaître l’islam ? Cela ne veut strictement rien dire. La loi de 1974 dit : « Loi portant reconnaissance des administrations chargées de la gestion du temporel du culte islamique », donc c’est une administration qui va gérer le culte islamique. Auparavant, l’État belge reconnaissait des cultes via des Églises qui existaient, mais pour l’islam, il n’y avait rien de tel qui existait. L’autorité politique veut créer en quelque sorte ce que le jargon administratif appelle un « organe chef de culte », ce qui est inconnu dans les traditions musulmanes. Tout s’est passé comme si – et j’insiste sur le comme si –, la Belgique avait voulu créer une sorte d’Église islamique de Belgique.

C’est à cette occasion-là qu’il s’est trouvé parmi les législateurs des voix pour dire : « En votant cette loi, nous souhaitons favoriser l’émergence d’un islam belge soustrait aux influences étrangères ». De quelles influences étrangères parlait-on ? Et quel aurait été, dans l’esprit du législateur, cet islam belge soustrait aux influences étrangères ? Et depuis lors, qu’avons-nous fait, parce que ça ne tombe pas du ciel, pour soustraire notre islam d’ici, puisqu’on vient de le reconnaître, aux influences étrangères ? Et bien, on a fait tout le contraire de ce qu’il fallait faire puisqu’immédiatement on a confié les responsabilités au Centre islamique de Bruxelles, à la grande mosquée, et aux Saoudiens en particulier, à qui on a donné la responsabilité de nommer des professeurs de religion islamique dans les écoles publiques. Dès 1975, la loi du Pacte scolaire a été revue dans cet esprit-là.

Plusieurs tentatives de mises sur pied de l’« organe chef de culte » n’ont pas réussi. À la suite d’un fait divers, la découverte du martyr de Loubna Benaïssa, on s’est rendu compte qu’on ne trouvait pas de place dans les cimetières d’ici pour la dépouille de cette malheureuse enfant. Il a fallu la transporter au Maroc, ce qui provoqua une grosse émotion. Le roi interrogea le Premier ministre en lui demandant comment il se faisait qu’on ne puisse pas inhumer cette enfant ici ? Le Premier ministre répondit que c’était parce qu’il n’y avait pas de parcelles islamiques en Belgique. Le roi fut étonné par cette réponse. Je passe sur l’incongruité de cette notion de parcelles islamiques parce que sur le plan théologique, je trouve que cela ne veut strictement rien dire. Pourquoi n’y avait-il pas de parcelles islamiques ? Parce qu’il n’y avait pas d’interlocuteurs avec qui discuter de tout cela, donc toujours pas d’« organe chef de culte ». D’où, excellente idée n’est-ce pas, l’organisation d’élections au suffrage universel pour mettre sur pied, en 1998, ce que j’ai appelé tout à l’heure une administration chargée de la gestion du temporel et du culte.

Depuis lors, on connaît les avatars de l’Exécutif des musulmans qui essaye de trouver sa place dans la société et qui fait un travail qui ne réussit pas tout à fait. Mais est-ce que la faute leur incombe ?

Dernièrement, vous avez vu, comme moi, une émission de RTL-TVI Jean-Claude Defossé, L’intégration est un échec. Il y a beaucoup à dire là-dessus. Heureusement que dans la même émission, des exemples d’intégration complètement réussie sont montrés. C’est fort bien, mais enfin le titre est quand même important. J’ai pourtant deux reproches à faire à cette émission : il n’y a aucune définition de l’intégration, selon quels critères peut-on dire qu’une intégration est un échec ou une réussite  ? Et la seconde critique bien plus importante que la première est : quelle est la part de responsabilité de nos élites politiques, de nos élites académiques, des entreprises par rapport à cette question de l’intégration et par rapport à la question de la place de l’islam dans nos pays, dans nos institutions ?

Personnellement, j’ai la faiblesse de croire que si la Belgique avait été un pays laïc clairement défini, tout se serait passé autrement. On dit que l’État est neutre, mais pour moi, l’État est neutralisé, ce qui fait qu’il cesse d’être neutre. Il est juste bon pour payer les cultes et les cours de religion, mais il ne peut pas s’en mêler : et moi j’appelle cela être neutralisé plutôt que neutre. C’est un débat qui devrait s’ouvrir et apparemment on annonce des débats dans ce sens-là au sein des divers parlements de notre pays.

Nous sommes un certain nombre de citoyens dans ce pays à vouloir lancer, ces débats, les faire avancer, mais parallèlement à expliquer que dans cet ensemble d’islams au pluriel, tout s’est passé comme si l’islam de conception wahabite devait absolument s’imposer dans ce pays. Et finalement cette conception-là est en train de s’imposer parce qu’on fait beaucoup de choses et que l’on dépense beaucoup d’argent pour que cela arrive. Le résultat des courses, c’est que l’islam populaire des primo-arrivants a disparu et que de plus en plus de musulmans subissent l’influence de cette conception de l’islam basée sur ce qu’on appelle l’« islam englobant ». Et je me pose vraiment la question, est-ce que l’islam conservateur, cet islam dit englobant, cher aux Frères musulmans et autres salafistes, a sa place dans une démocratie comme la nôtre ?

Et donc par rapport aux questions que je me pose et que je vous pose, si selon nous, ce n’est pas le cas, ce que l’on propose c’est ce que nous appelons un islam libéral. Pas seulement un islam libéral, mais un islam libéral et humaniste qui met l’accent sur l’éthique et le spirituel plutôt que sur le prescriptif. Un islam qui part de l’idée qu’il faut séparer très clairement, dans un pays comme le nôtre, le domaine de la foi (qui est celui de Dieu souverain pour les croyants) du domaine du droit qui est celui du peuple souverain. Victor Hugo a dit en son temps : « L’État chez lui, la religion chez elle ! » La transformation de ceci aujourd’hui dans nos pays au XXIe siècle c’est : « Le domaine de la foi, c’est le domaine de Dieu. Et le domaine du droit, tout ce qui relève du prescriptif, tout ce qui relève de l’organisation de la Cité, tout ce qui relève de l’organisation des relations entre les individus, c’est le domaine du peuple souverain confié à des représentants dûment désignés ». Cet islam libéral, je voudrais insister sur le fait que ce n’est pas une invention d’aujourd’hui : un jour que je parlais de cela à Gérard Deprez, il m’a dit qu’il faudrait que nous trouvions une autre dénomination parce que, tout le monde va croire que par opposition à l’islam plus ou moins proche du parti socialiste, il voulait créer un islam proche du PRL. Il ne s’agit pas du tout de cela. Les mots mêmes d’« islam libéral », la première fois que j’en ai entendu parler, c’était dans la bouche de Dalil Boubakeur, qui d’ailleurs en a fait l’objet d’un livre sous forme d’interview L’Islam de France sera libéral. L’islam libéral, c’est bien cela. L’islam conservateur, ce sont toutes les autres panoplies plus ou moins liées à cette conception de l’islam considéré comme englobant. Et on peut dire qu’il y a un problème avec cette conception de l’islam.

Comment les musulmans d’ici se situent par rapport à tout cela ? D’abord, il n’y a pas d’enquête sociologique pour le dire. Mais nous observons tous les jours qu’effectivement on va vers cette conception conservatrice de l’islam qui, quelque part, prépare quand même le terrain vers une radicalisation. Et c’est pourquoi je pense qu’il est urgent que l’on ait ce genre de débat entre nous.

Je voudrais très rapidement aborder trois points :

– Le premier devrait intéresser particulièrement les gens de cette maison. Il y a quelques années, quand Philippe Vincke est devenu le recteur, nous avons été à deux doigts de créer un Institut d’humanisme musulman, nous avions fait le montage y compris financier, et l’objectif était d’étudier les courants de pensée, la pensée libre et la pensée humaniste, dans les traditions musulmanes. Les courants philosophiques tels que le mutaziliste, etc. que beaucoup de musulmans, de nos jours, ignorent complètement.

À peine quelques siècles après la mort du prophète, il s’est trouvé des musulmans pour se poser la question de savoir si le Coran était créé ou incréé, et ils avaient le courage intellectuel de répondre qu’il était créé –Malika peut apporter des éclaircissements par ce que l’on peut comprendre par là. Aujourd’hui, cette question est devenue tabou, inutile de le vous le dire.

Ce projet que nous avions, avec Philippe Vincke, a été, en quelque sorte, saboté par le monde politique, par certains responsables politiques, qui estimaient que ce n’était pas à nous, mais à l’Exécutif des musulmans d’organiser ce genre d’enseignement et, finalement, c’est l’UCL, l’Institut Galilée et la Faculté Saint-Louis qui ont reçu un budget de trois cents mille euros pour dispenser une instruction pour former les cadres de l’islam belge dans le respect de la foi des croyants. Il y a eu un débat académique en interne pour dire qu’il n’incombait pas à une université de dispenser de l’enseignement dans le respect de la foi.

Pour nous, les gens de cette maison du libre examen, notre projet de création d’un Institut d’humanisme musulman était, très clairement, d’introduire le libre examen dans l’islam, notamment dans l’examen de ce textes dits sacrés, parce que pour nous, il n’y a pas de textes sacrés, mais il y a des textes sacralisés. Mais comment arrive-t-on à cela ? Comment peut-on étudier ces textes avec les approches contemporaines ? Malika en a parlé. Nous avions voulu faire ça dans cette maison, mais, malheureusement, cela n’a pas abouti.

– La deuxième chose c’est qu’au mois d’avril, toujours dans cette université, mon ami Michel Claise et moi-même avons donné une conférence intitulée Islam politique ou démocratie musulmane ? Subir ou choisir ?

Il y a un siècle et demi, dans notre pays, la démocratie chrétienne est née contre la volonté de la hiérarchie catholique, du pape, du haut clergé. À ce moment-là s’est posée la question d’un conflit entre un Dieu souverain et le peuple souverain. C’est dans ce sens-là que j’évoquais tout à l’heure la nécessité de séparer le domaine de la foi, qui est celui de Dieu souverain, du domaine du droit, qui est celui du peuple souverain. C’est dans cet esprit-là que nous parlons d’une démocratie musulmane qui s’oppose à l’instrumentalisation de l’islam à la fois dans le domaine politique, c’est-à-dire l’islamisme, mais aussi dans le domaine économique, mercantile telle que le business du halal, des choses comme ça.

Voilà des débats qu’il est urgent de lancer, à mon avis.

– Dernière chose, je vais vous étonner en vous disant que Malika et moi, nous avons un point commun, c’est que tout les deux, nous sommes signataires de ce document pour la convergence musulmane citoyenne contre la radicalisation. Ma signature m’a valu d’être invité par Jean-Paul Hecq qui anime et produit l’émission Et Dieu dans tout ça à la RTBF, une émission radiophonique, en même temps que trois autres signataires du texte. Quand Jean-Paul Hecq m’a dit : « On ne s’attendait pas à ce que quelqu’un comme vous signe ce texte, pourquoi l’avez-vous fait ? » J’ai répondu : « Pour que l’on me pose la question ». C’est effectivement ce qu’il s’est passé et j’ai expliqué pourquoi j’ai signé ce texte qui, d’ailleurs, est un texte admirable. Il est écrit par Michaël Privot, que je connais depuis longtemps, et par Fatima Zibouh. J’ai précisé qu’en fait la vraie question était de savoir ce que chacun entendait par « citoyenneté » parce que l’on sait à quoi cela mène, on le voit maintenant. Mais la vraie question qui reste posée c’est : « Où commence la radicalisation quand la religion est instrumentalisée ? »

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Informations complémentaires

Année

2015

Auteurs / Invités

Chemsi Chéref-Khan

Thématiques

Islam, Lutte contre les intégrismes, radicalisation, Politique, Vivre ensemble