Des versets sataniques

Willy De Winne

 

UGS : 2016008 Catégorie : Étiquette :

Description

Le pourquoi de cette analyse

De plus en plus de jeunes chrétiens européens se convertissent à l’islam, rejoignent les rangs des combattants de l’État islamique et se laissent entraîner à commettre des actes de terrorisme barbare dans leur pays, jusqu’à même égorger un prêtre pendant sa célébration eucharistique… ! Pour eux, l’existence d’un État catholique, opulent et puissant, exige la mise en place d’un État islamique pour les croyants musulmans confrontés également à l’État d’Israël hostile et expansionniste. Tâchons d’y voir un peu plus clair pour promouvoir un esprit de conciliation œcuménique entre les confessions et la paix mondiale.

Le livre saint de chacune des trois grandes religions monothéistes comporte des versets proclamant des comportements archaïques que la morale universelle réprouve. En ce qui concerne l’islam, le dernier né des monothéismes, c’est Salman Rushdie qui a eu le courage de les dénoncer comme sataniques et, ce faisant, il a gravement risqué de perdre la vie. Les deux autres monothéismes ne sont pas en reste pour avoir propagé la même violence guerrière.

Le Pentateuque, le livre saint des Juifs, est tout aussi moralement inacceptable par les consciences d’aujourd’hui lorsqu’il raconte, que pour tenir sa promesse de la « terre promise », Yahvé a ordonné son peuple de chasser et d’exterminer avec son aide divine, les hommes, les femmes et les enfants des sept tribus nommément citées. Leur seul tord consistait à habiter paisiblement la prétendue « terre promise par Yahvé à son peuple élu ». Cet appel au génocide se situe après le mythe tout aussi immoral qui raconte comment Moïse, leur plus grand prophète, est aussitôt après sa naissance abandonné sur un petit radeau aux crocodiles du Nil par ses parents juifs. Il n’a la vie sauve que grâce à une princesse de la cour de Pharaon qui le recueille et le sauve. Adopté et élevé comme un prince égyptien, Moïse n’hésitera cependant pas à obéir à son dieu en se faisant l’instrument de Yahvé organisant l’exode de son peuple et la mort de son père adoptif, le pharaon et de son armée, noyés et engloutis par la mer Rouge comme le film grandiose de Cecil.-B. De Mille nous l’a si bien montré.

Le livre saint du christianisme, tout en adoptant, « le Premier » et devenu ensuite « l’Ancien » Testament, n’est pas en reste pour la violence clairement imposée par leur messie qui l’annonce clairement et tout de go : « Je n’apporterai pas la paix sur la terre mais la guerre. » Satan n’aurait pas pu mieux dire !

Comme le nationalisme, ces trois religions engendrent la haine et la guerre. Toutes, elles ont été, ou le sont encore de nos jours, des machines de guerre.

Voyons un peu plus dans le détail, comment tout cela est annoncé par Jésus de Nazareth dans la perspective de sa prédication, sa mort et sa résurrection et finalement sa parousie et son règne imminents sur la terre.

Un faux prophète se reconnait à ses fruits

Comment faut-il qualifier le prophète qui réalise pleinement sa prophétie de funeste augure et qui en même temps se montre incapable de réaliser sa prophétie de bon augure ? Voici deux prophéties faites par Jésus de Nazareth qui, par leur simple énoncé, illustrent la contradiction dans la question posée.

Sa prédiction de mauvais augure

« Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre : ‘ je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. Oui, je suis venu séparer l’homme de son père, la fille de sa mère, la belle-fille de sa belle-mère : on aura pour ennemis les gens de sa propre maison ’. »

Matthieu 10/34, 35 

« Pensez-vous que je sois venu apporter la paix sur la terre ? Non, vous dis-je, mais la division. Car désormais cinq dans une maison seront divisés, trois contre deux, et deux contre trois ; le père contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère. »

Luc 12/50 à 53

Sa prédiction de bon augure et à très court terme

« Car le fils de l’homme doit venir dans la gloire de son père, avec ses anges, et alors il rendra à chacun selon ses œuvres. Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point, qu’ils n’aient vu le fils de l’homme venir dans son règne. »

Matthieu 16/27-28

« Mais dans ces jours, après cette détresse, le soleil s’obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière, les étoiles tomberont du ciel, et les puissances qui sont dans les cieux seront ébranlées. Alors on verra le fils de l’homme venant sur les nuées avec une grande puissance et avec gloire. Alors il enverra les anges, et il rassemblera les élus des quatre vents, de l’extrémité de la terre jusqu’à l’extrémité du ciel. Instruisez-vous par une comparaison tirée du figuier. Dès que ses branches deviennent tendres, et que les feuilles poussent, vous connaissez que l’été est proche. De même, quand vous verrez ces choses arriver, sachez que le fils de l’homme est proche, à la porte. Je vous le dis en vérité, cette génération ne passera point, que tout cela n’arrive. »

Marc 13/24 à 30

Ses critères pour reconnaître les vrais et les faux prophètes

C’est Jésus lui-même qui définit les critères :

« Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtements de brebis, mais au dedans ce sont des loups ravisseurs. Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues sur des chardons ? Tout bon arbre porte de bons fruits, mais le mauvais arbre porte de mauvais fruits. Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre porter de bons fruits. Tout arbre qui ne porte pas de bons fruits est coupé et jeté au feu. C’est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. »

Matthieu 7/15 à 20

« Ou dites que l’arbre est bon et que son fruit est bon, ou dites que l’arbre est mauvais et que son fruit est mauvais, car on connaît l’arbre par le fruit. Races de vipères, comment pourriez-vous dire de bonnes choses, méchants comme vous l’êtes ? Car c’est de l’abondance du cœur que la bouche parle. L’homme bon tire de bonnes choses de son bon trésor, et l’homme méchant tire de mauvaises choses de son mauvais trésor. Je vous le dis : au jour du jugement, les hommes rendront compte de toute parole vaine qu’ils auront proférée. Car par tes paroles tu seras justifié, et par tes paroles tu seras condamné. »

 Matthieu 12/33 à 37

Mais à force d’avoir tellement incité les foules à se méfier de faux prophètes, Jésus ne devait pas s’étonner que la méfiance et l’incrédulité ne se retournent contre lui-même et contre ses apôtres. L’idée de ne pas être cru à son tour l’a sans doute tellement agacé qu’il a jeté l’anathème présomptif et collectif contre ces foules trop prudentes et incrédules à son égard et à l’égard de ses disciples :

« Ne prenez ni or, ni argent, ni monnaie, dans vos ceintures ; ni sac pour le voyage, ni deux tuniques, ni souliers, ni bâton, car l’ouvrier mérite sa nourriture. Dans quelque ville ou village que vous entriez, informez-vous s’il s’y trouve quelque homme digne de vous recevoir, et demeurez chez lui jusqu’à ce que vous partiez. En entrant dans la maison, saluez-la et, si la maison en est digne, que votre paix vienne sur elle, mais si elle n’en est pas digne, que votre paix retourne à vous. Lorsqu’on ne vous recevra pas et qu’on n’écoutera pas vos paroles, sortez de cette maison ou de cette ville et secouez la poussière de vos pieds. Je vous le dis en vérité : au jour du jugement, le pays de Sodome et de Gomorrhe sera traité moins rigoureusement que cette ville-là. Voici, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme les serpents, et simples comme les colombes. Mettez-vous en garde contre les hommes, car ils vous livreront aux tribunaux, et ils vous battront de verges dans leurs synagogues, vous serez menés, à cause de moi, devant des gouverneurs et devant des rois, pour servir de témoignage à eux et aux païens. »

Matthieu 10/10 à 17

Cette menace rancunière d’anathème prévisionnel et collectif, qui s’adresse à tous les concitoyens de sa ville de Capharnaüm, parce qu’ils sont coupables d’incrédulité, préfigure l’intolérance des futures églises chrétiennes persécutant ceux qui pensent autrement :

« Et toi, Capharnaüm, seras-tu élevée jusqu’au ciel ? Non. Tu seras abaissée jusqu’au séjour des morts, car, si les miracles qui ont été faits au milieu de toi avaient été faits dans Sodome, elle subsisterait encore aujourd’hui. C’est pourquoi je vous le dis : au jour du jugement, le pays de Sodome sera traité moins rigoureusement que toi. »

Mt 11/23,24

Si sa prédiction du glaive apportant la guerre parmi les hommes, s’est magistralement et malencontreusement réalisée et continue à produire ses effets en ce XXIe siècle, il faut malheureusement constater que la prédiction de Jésus annonçant sa parousie toute proche ne s’est pas réalisée, ni pendant la génération en cours, ni pendant les deux millénaires suivants. Et faut-il dès lors, selon sa propre suggestion, couper tous les arbres ne portants pas de fruits ou dont les fruits sont toxiques ? À chacun d’apprécier ce commandement contestable et primaire !

Au sujet de sa parousie en gloire et royauté qui devait se faire très vite après sa crucifixion, Jésus entend prévenir ses suiveurs, comme le rapporte Matthieu :

« Veillez donc, puisque vous ne savez pas quel jour votre Seigneur viendra. Sachez-le bien, si le maître de la maison savait à quelle veille de la nuit le voleur doit venir, il veillerait et ne laisserait pas percer sa maison. C’est pourquoi, vous aussi, tenez-vous prêts, car le fils de l’homme viendra à l’heure où vous n’y penserez pas. Quel est donc le serviteur fidèle et prudent, que son maître a établi sur ses gens, pour leur donner la nourriture au temps convenable ? Heureux ce serviteur, que son maître, à son arrivée, trouvera faisant ainsi !

Je vous le dis en vérité, il l’établira sur tous ses biens. Mais, si c’est un méchant serviteur, qui dise en lui-même : ‘ Mon maître tarde à venir ’, s’il se met à battre ses compagnons, s’il mange et boit avec les ivrognes, le maître de ce serviteur viendra le jour où il ne s’y attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas, il le mettra en pièces, et lui donnera sa part avec les hypocrites : c’est là qu’il y aura des pleurs et des grincements de dents. »

Matthieu 24/42 à 51

Par cette mise en garde et la menace de punition sévère, Jésus prévient qu’il entend revenir sur terre en gloire et royauté après sa mort sur la croix et qu’en attendant il sera interdit aux hommes qui le suivent, de vivre normalement. Ni plus ni moins ! Au contraire ils devront se figer dans une vénération ininterrompue de sa personne. Voilà plus de deux millénaires que les fidèles auraient dû rester en attente prosternée de leur Dieu attendu en parousie. Le complexe de supériorité et d’orgueil dont souffre d’évidence Jésus, le charpentier de Nazareth, et ses exigences d’une sévérité inapplicables et non fondées, décrédibilisent encore davantage ce faux prophète. Par sa parabole des dix jeunes filles (Mt 25/1 à 13). Il fait la même mise en garde pour que ses suiveurs veillent à être prêts à l’accueillir lors de son retour inopiné. Sa mégalomanie s’exprime par l’exagération de ses exigences.

Pour prouver sa nature et son autorité divines et convaincre son auditoire de croire en lui, Jésus n’a pas lésiné à faire des miracles qui ont parfois étonné par leur caractère quelque peu bizarre, comme par exemple lorsqu’il était encore enfant, il fabriquait des figurines d’oiseaux en terre glaise qu’il faisait ensuite s’envoler en tapant des mains (évangile « apocryphe » de saint Thomas) ou lorsqu’il a voulu éluder l’impôt comme nous le rapporte Matthieu :

« Lorsqu’ils arrivèrent à Capharnaüm, ceux qui percevaient les deux drachmes s’adressèrent à Pierre, et lui dirent : ‘ Votre maître ne paie-t-il pas les deux drachmes ? ’. – ‘ Oui ’, dit-il. Et quand il fut entré dans la maison, Jésus le prévint, et dit : ‘ Que t’en semble, Simon ? Les rois de la terre, de qui perçoivent-ils des tributs ou des impôts ? de leurs fils, ou des étrangers ? ’ Il lui dit : ‘ Des étrangers ’. Et Jésus lui répondit : ‘ Les fils en sont donc exempts. Mais, pour ne pas les scandaliser, va à la mer, jette l’hameçon, et tire le premier poisson qui viendra, ouvre-lui la bouche, et tu trouveras un statère. Prends-le, et donne-le-leur pour moi et pour toi ’. »

Matthieu 17/24 à 27

Pour convaincre et recruter de nouveaux suiveurs, Jésus n’hésite pas à leur faire des promesses que, par un affreux anachronisme, on pourrait qualifier de « promesses électorales », et dont voici un exemple :

« Les disciples furent encore plus étonnés, et ils se dirent les uns aux autres : ‘ Et qui peut être sauvé ? ’ Jésus les regarda, et dit : ‘ Cela est impossible aux hommes, mais non à Dieu, car tout est possible à Dieu ’. Pierre se mit à lui dire : ‘ Voici, nous avons tout quitté, et nous t’avons suivi ’. Jésus répondit : ‘ Je vous le dis en vérité, il n’est personne qui, ayant quitté, à cause de moi et à cause de la bonne nouvelle, sa maison, ou ses frères, ou ses sœurs, ou sa mère, ou son père, ou ses enfants, ou ses terres, ne reçoive au centuple, présentement dans ce siècle-ci, des maisons, des frères, des sœurs, des mères, des enfants, et des terres, avec des persécutions, et, dans le siècle à venir, la vie éternelle ’. »

Luc 18/27 à 30

Les évangiles ne nous renseignent pas sur d’éventuelles récompenses au centuple reçues par les disciples pendant le siècle en cours.

Une autre contradiction dans le chef de Jésus de Nazareth se situe d’une part dans son amour déclaré pour tous les hommes, y compris même ses ennemis, et d’autre part dans sa haine féroce envers les docteurs de la loi, qu’il qualifie de « serpents, race de vipères » et qu’il voue d’avance au feu éternel. Que cette haine fût réciproque ne doit étonner personne. Voici un extrait de l’évangile de Luc, qui illustre bien cette détestation a priori, que Jésus porte envers son hôte pharisien qui l’a aimablement invité à dîner. Le voilà qui se montre d’emblée agressif et méprisant envers son hôte, sans que celui-ci n’ait prononcé la moindre remarque ou posé la moindre question désobligeante à son égard :

« Pendant que Jésus parlait, un pharisien le pria de dîner chez lui. Il entra, et se mit à table. Le pharisien vit avec étonnement qu’il ne s’était pas lavé avant le repas. Mais le Seigneur lui dit : ‘ Vous, pharisiens, vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, et à l’intérieur vous êtes pleins de rapine et de méchanceté. Insensés ! celui qui a fait le dehors n’a-t-il pas fait aussi le dedans ? Donnez plutôt en aumônes ce qui est dedans, et voici, toutes choses seront pures pour vous. Mais malheur à vous, pharisiens ! Parce que vous payez la dîme de la menthe, de la rue, et de toutes les herbes, et que vous négligez la justice et l’amour de Dieu, c’est là ce qu’il fallait pratiquer, sans omettre les autres choses. Malheur à vous, pharisiens ! Parce que vous aimez les premiers sièges dans les synagogues, et les salutations dans les places publiques. Malheur à vous ! Parce que vous êtes comme les sépulcres qui ne paraissent pas, et sur lesquels on marche sans le savoir ’. Un des docteurs de la loi prit la parole, et lui dit : « Maître, en parlant de la sorte, c’est aussi nous que tu outrages. ’ Et Jésus répondit : ‘ Malheur à vous aussi, docteurs de la loi ! Parce que vous chargez les hommes de fardeaux difficiles à porter, et que vous ne touchez pas vous-mêmes de l’un de vos doigts. Malheur à vous ! Parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes que vos pères ont tués. Vous rendez donc témoignage aux œuvres de vos pères, et vous les approuvez, car eux, ils ont tué les prophètes, et vous, vous bâtissez leurs tombeaux. C’est pourquoi la sagesse de Dieu a dit : Je leur enverrai des prophètes et des apôtres, ils tueront les uns et persécuteront les autres, afin qu’il soit demandé compte à cette génération du sang de tous les prophètes qui a été répandu depuis la création du monde, depuis le sang d’Abel jusqu’au sang de Zacharie, tué entre l’autel et le temple. Oui, je vous le dis, il en sera demandé compte à cette génération. Malheur à vous, docteurs de la loi ! Parce que vous avez enlevé la clef de la science, vous n’êtes pas entrés vous-mêmes, et vous avez empêché d’entrer ceux qui le voulaient.’ Quand il fut sorti de là, les scribes et les pharisiens commencèrent à le presser violemment, et à le faire parler sur beaucoup de choses, lui tendant des pièges, pour surprendre quelque parole sortie de sa bouche. »

 Luc 11/37 à 54

Faut-il s’étonner ensuite que le clergé de son temps l’ait unanimement désapprouvé avant même d’exiger plus tard sa mise à mort pour blasphème ? Était-il seul à avoir raison et en droit de mépriser globalement tout le clergé de son temps ? Car c’était tout de même ce même clergé qui était chargé d’instruire et de faire appliquer la loi dont Jésus avait déjà assuré qu’il n’était pas venu pour l’abolir, mais pour l’accomplir, comme nous le rapporte Matthieu.

« Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes, je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir. Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu’à ce que tout soit arrivé. Celui donc qui supprimera l’un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux, mais celui qui les observera, et qui enseignera à les observer, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux. »

 Matthieu 5/17 à 19

Pour faire la démonstration de sa toute-puissance et pour convaincre ses disciples qu’ils disposeront à leur tour de cette même capacité à faire des miracles, à la condition toutefois de lui vouer une foi absolue, Jésus se venge miraculeusement sur un figuier qui ne porte pas de fruits :

« Et, les ayant laissés, il sortit de la ville pour aller à Béthanie, où il passa la nuit. Le matin, en retournant à la ville, il eut faim. Voyant un figuier sur le chemin, il s’en approcha, mais il n’y trouva que des feuilles, et il lui dit : ‘ Que jamais fruit ne naisse de toi ! ’ Et à l’instant le figuier sécha. Les disciples, qui virent cela, furent étonnés, et dirent : ‘ Comment ce figuier est-il devenu sec en un instant ? ’ Jésus leur répondit : ‘ Je vous le dis en vérité, si vous aviez de la foi et que vous ne doutiez point, non seulement vous feriez ce qui a été fait à ce figuier, mais quand vous diriez à cette montagne : Ôte-toi de là et jette-toi dans la mer, cela se ferait. ’ »

Matthieu 21/17 à 21

Cette démonstration de puissance surnaturelle utilisée pour se venger d’un figuier sans fruits, ne peut, évidemment, que ternir la majesté de l’image divine que Jésus revendique. Quant à la capacité de faire des miracles en son nom ou à les susciter indirectement par le canal de l’intercession, cette capacité est toujours reconnue officiellement en ce XXIe siècle par l’Église catholique romaine lorsqu’elle proclame la canonisation de l’un ou l’autre pape ou d’une Mère Thérèsa reconnus pour avoir été à l’origine d’au moins deux miracles obtenus grâce à leur intervention posthume personnelle.

Une autre contradiction d’importance dans la prédication de Jésus, se situe dans le domaine de la justice où Jésus s’est présenté comme le réformateur voulant dépasser le précepte juif « œil pour œil, dent pour dent » en le remplaçant par « ne jugez pas afin de ne pas être jugé » comme nous le rapporte Marc :

« Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l’autre. Si quelqu’un veut plaider contre toi, et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. Si quelqu’un te force à faire un mille, fais-en deux avec lui. Donne à celui qui te demande, et ne te détourne pas de celui qui veut emprunter de toi. Vous avez appris qu’il a été dit : ‘ Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi ’. Mais moi, je vous dis : ‘ Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre père qui est dans les cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes ’. »

 Marc 5/38 à 45

« Ne jugez point, et vous ne serez point jugés ; ne condamnez point, et vous ne serez point condamnés ; absolvez, et vous serez absous. »

Luc 6, verset 37

Jésus, en prêchant la clémence et la miséricorde envers les pécheurs, veut néanmoins faire une exception d’une sévérité extrême et à exécution immédiate à l’endroit de ceux qui scandalisent les enfants. Il l’exprime ainsi :

« Et quiconque reçoit en mon nom un petit enfant comme celui-ci, me reçoit moi-même. Mais, si quelqu’un scandalisait un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on suspendît à son cou une meule de moulin, et qu’on le jetât au fond de la mer ».

Matthieu 18/5 et 6

Il était bien prévisible que, face à des commandements aussi contradictoires, le clergé de l’Église catholique allait se trouver confrontée, à des dilemmes de choix moral entre un excès de clémence et une sévérité extrême. L’histoire des Églises chrétiennes montre, d’une part, qu’elles ont su juger avec sévérité en condamnant les hérétiques à mort sur le bûcher, et, d’autre part, à préférer le pardon et la clémence envers ses propres clercs. Les nombreux scandales de pédophilie qui secouent l’Église catholique depuis déjà quelques décennies en sont la preuve patente. Trop souvent les évêques ont choisi de suivre le commandement de Jésus en ne jugeant pas, en ne condamnant pas et en absolvant les prêtres pédophiles de leur diocèse, ce qui les a conduits de plus en plus dans la tourmente. Monseigneur Barbarin vient d’en faire la pénible et infâmante expérience. C’est au nom de la miséricorde, vertu érigée prioritairement par le catholicisme romain, que l’Église catholique se croit autorisée à juger et à pardonner les crimes de pédophilie de ses prêtres et de ceux qui les couvrent de leur silence. Cet excès de miséricorde fonde et alimente la loi du silence qui comporte l’impunité des criminels et ouvre la voie aux récidives. Dans un État de droit, tous les inculpés de crime, les prêtres y compris, doivent être jugés comme tout le monde en cour d’assises.

Le précepte « œil pour œil, dent pour dent » qui est à la base de la justice moderne du monde démocratique, ne doit évidemment pas être compris littéralement, bien sûr, mais dans son sens de la proportionnalité. Ce qui veut dire, par exemple, qu’un crime doit être puni plus lourdement qu’un simple délit correctionnel et qu’il doit donner lieu au dédommagement des victimes. Ce principe de la proportionnalité exige une justice punitive qui évite les deux extrêmes, à savoir : l’impunité > et < la vengeance.

Les quatre évangiles canoniques nous montrent un Jésus qui veut à tout prix convaincre et gagner à sa version du message divin un maximum de nouveaux adhérents. Et, pour y parvenir, il n’hésite pas à brandir la menace du feu éternel et la promesse d’un sauvetage par lui. Ce cercle vicieux de la culpabilisation et de la rédemption constitue le motif central de l’orthodoxie qu’il professe. Matthieu nous raconte comment il tente en vain de convaincre un homme riche de donner tous ses biens aux pauvres et de le suivre afin de recevoir après sa mort la vie éternelle. Matthieu nous rapporte ses paroles :

« Et voici, un homme s’approcha, et dit à Jésus : ‘ Maître, que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle ? ’ Il lui répondit : ‘ Pourquoi m’interroges-tu sur ce qui est bon ? Un seul est le bon. Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements ’. ‘ Lesquels ? ’ lui dit-il. Et Jésus répondit : ‘ Tu ne tueras point ; tu ne commettras point d’adultère ; tu ne déroberas point ; tu ne diras point de faux témoignage ; honore ton père et ta mère ; et tu aimeras ton prochain comme toi-même ’. Le jeune homme lui dit : ‘ J’ai observé toutes ces choses, que me manque-t-il encore ? Jésus lui dit : ‘ Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi ’. Après avoir entendu ces paroles, le jeune homme s’en alla tout triste, car il avait de grands biens. Jésus dit à ses disciples : Je vous le dis en vérité, un riche entrera difficilement dans le royaume des cieux. Je vous le dis encore, il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu ’. Les disciples, ayant entendu cela, furent très étonnés, et dirent : ‘ Qui peut donc être sauvé ? ’ Jésus les regarda, et leur dit : ‘ Aux hommes cela est impossible, mais à Dieu tout est possible ’. »

Mais le cercle vicieux de la culpabilisation et la rédemption ne fonctionne pas cette fois-ci ! Plutôt que d’admettre l’échec de la conversion, Matthieu se croit obligé d’avoir recours à un procès d’intention à l’égard de l’homme riche en le décrivant comme « tout triste », alors qu’en toute vraisemblance l’homme riche s’est sans doute félicité d’avoir échappé à une arnaque.

Il y a aussi la parabole des talents qui illustre cette véritable obsession à recruter de nouveaux suiveurs :

« Il en sera comme d’un homme qui, partant pour un voyage, appela ses serviteurs, et leur remit ses biens. Il donna cinq talents à l’un, deux à l’autre, et un au troisième, à chacun selon sa capacité, et il partit. Aussitôt celui qui avait reçu les cinq talents s’en alla, les fit valoir, et il gagna cinq autres talents. De même, celui qui avait reçu les deux talents en gagna deux autres. Celui qui n’en avait reçu qu’un alla faire un creux dans la terre, et cacha l’argent de son maître. Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint, et leur fit rendre compte. Celui qui avait reçu les cinq talents s’approcha, en apportant cinq autres talents, et il dit : ‘ Seigneur, tu m’as remis cinq talents, voici, j’en ai gagné cinq autres ’. Son maître lui dit : ‘ C›est bien, bon et fidèle serviteur, tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup, entre dans la joie de ton maître ’. Celui qui avait reçu les deux talents s’approcha aussi, et il dit : Seigneur, tu m’as remis deux talents, voici, j’en ai gagné deux autres ’. Son maître lui dit : ‘ C’est bien, bon et fidèle serviteur, tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup, entre dans la joie de ton maître ’. Celui qui n’avait reçu qu’un talent s’approcha ensuite, et il dit : ‘ Seigneur, je savais que tu es un homme dur, qui moissonnes où tu n’as pas semé, et qui amasses où tu n’as pas vanné, j’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre, voici, prends ce qui est à toi ’. Son maître lui répondit : ‘ Serviteur méchant et paresseux, tu savais que je moissonne où je n’ai pas semé, et que j’amasse où je n’ai pas vanné, il te fallait donc remettre mon argent aux banquiers, et, à mon retour, j’aurais retiré ce qui est à moi avec un intérêt. Ôtez-lui donc le talent, et donnez-le à celui qui a les dix talents. Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l’abondance, mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il a. Et le serviteur inutile, jetez-le dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grincements de dents’. »

Mt 25/14 à 30

Cette obsession du recrutement à tout prix amène Jésus à se décrédibiliser en voulant justifier la plus parfaite injustice en matière de rémunération des nouvelles recrues.

« Car le royaume des cieux est semblable à un maître de maison qui sortit dès le matin, afin de louer des ouvriers pour sa vigne. Il convint avec eux d’un denier par jour, et il les envoya à sa vigne. Il sortit vers la troisième heure, et il en vit d’autres qui étaient sur la place sans rien faire. Il leur dit : ‘ Allez aussi à ma vigne, et je vous donnerai ce qui sera raisonnable ’. Et ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers la sixième heure et vers la neuvième, et il fit de même. Étant sorti vers la onzième heure, il en trouva d’autres qui étaient sur la place, et il leur dit : ‘ Pourquoi vous tenez-vous ici toute la journée sans rien faire ? ’ Ils lui répondirent : ‘ C’est que personne ne nous a loués ’. ‘ Allez aussi à ma vigne ’, leur dit-il. Quand le soir fut venu, le maître de la vigne dit à son intendant : ‘ Appelle les ouvriers, et paie-leur le salaire, en allant des derniers aux premiers. ’ Ceux de la onzième heure vinrent, et reçurent chacun un denier. Les premiers vinrent ensuite, croyant recevoir davantage, mais ils reçurent aussi chacun un denier. En le recevant, ils murmurèrent contre le maître de la maison, et dirent : ‘ Ces derniers n’ont travaillé qu’une heure, et tu les traites à l’égal de nous, qui avons supporté la fatigue du jour et la chaleur ’. Il répondit à l’un d’eux : ‘ Mon ami, je ne te fais pas tort, n’es-tu pas convenu avec moi d’un denier ? Prends ce qui te revient, et va-t’en. Je veux donner à ce dernier autant qu’à toi. Ne m’est-il pas permis de faire de mon bien ce que je veux ? Ou vois-tu de mauvais œil que je sois bon ? Ainsi les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers’. »

Mt 20/1 à 16 

Cette volonté à vouloir convaincre et convertir à tout prix, fait dire à Jésus qu’il veut faire de ses disciples « des pécheurs d’âme », obsession qui sera reprise plus tard par l’Église de Rome dans la pratique de sa devise d’évangélisation, le fameux compelle intrare par laquelle elle tentera de convertir l’humanité entière si nécessaire par la force et avec le support de la sainte Inquisition.

Et que faut-il penser de ces paroles qui voudraient nous faire croire à la Providence divine ?

« C’est pourquoi je vous dis : ‘ Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? Regardez les oiseaux du ciel, ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n’amassent rien dans des greniers, et votre père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? Qui de vous, par ses inquiétudes, peut ajouter une coudée à la durée de sa vie ? Et pourquoi vous inquiéter au sujet du vêtement ? Considérez comment croissent les lis des champs, ils ne travaillent ni ne filent. Cependant je vous dis que Salomon même, dans toute sa gloire, n’a pas été vêtu comme l’un d’eux. Si Dieu revêt ainsi l’herbe des champs, qui existe aujourd’hui et qui demain sera jetée au four, ne vous vêtira-t-il pas à plus forte raison, gens de peu de foi ? Ne vous inquiétez donc point, et ne dites pas : Que mangerons-nous ? que boirons-nous ? de quoi serons-nous vêtus ? Car toutes ces choses, ce sont les païens qui les recherchent. Votre père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu, et toutes ces choses vous seront données par-dessus. Ne vous inquiétez donc pas du lendemain, car le lendemain aura soin de lui-même. À chaque jour suffit sa peine.’ »

Faire croire aux hommes que Dieu les nourrit et qu’ils ne doivent par conséquent pas s’inquiéter pour demain, est une insulte à la mémoire de tous ceux qui sont morts de faim et de maladie pendant les grandes catastrophes, comme par exemple la mort récente de milliers d’enfants au Biafra et au Soudan. Aucun dieu n’est venu sauver les innombrables victimes des famines millénaires. Faire croire le contraire est faire preuve de perversité ! Dés lors aucun père aimant ses enfants ne leur fera croire de telles fausses promesses providentielles et il les incitera au contraire à se soucier sérieusement de leur formation professionnelle afin d’être capable de prévoir à leur propre subsistance, dans un monde dur et concurrentiel.

Tout aussi inadéquat et excessif est son enseignement pour faire face à la tentation :

« Si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la ; mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie, que d’avoir les deux mains et d’aller dans la géhenne, dans le feu qui ne s’éteint point. Si ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-le ; mieux vaut pour toi entrer boiteux dans la vie, que d›avoir les deux pieds et d’être jeté dans la géhenne, dans le feu qui ne s’éteint point. Et si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le ; mieux vaut pour toi entrer dans le royaume de Dieu n’ayant qu’un œil, que d’avoir deux yeux et d’être jeté dans la géhenne, où leur ver ne meurt point, et où le feu ne s’éteint jamais ».

Marc 9/43 à 48

L’automutilation n’est d’évidence pas le bon remède pour contrer la tentation, qui par ailleurs est un moteur essentiel pour notre vitalité. Car triste serait en effet notre vie si nous n’étions pas constamment stimulés par des désirs et des tentations. Lorsque nous en sommes privés par une dépression nerveuse, l’absence de désirs et de tentations peut conduire au suicide. Par ailleurs, ce commandement de se mutiler pour contrer la tentation est le fruit d’un esprit primaire qui oublie que si notre main peut tuer et dérober, elle nous sert aussi à soigner et à sauver. Il vaut donc mieux la garder intacte.

Son père et sa mère, qui avaient déjà dû subir au temple de Jérusalem une cinglante rebuffade en public de la part de Jésus-enfant qu’ils avaient cherché pendant trois jours – il leur avait froidement rappelé devant témoins qu’ils n’étaient que ses parents adoptifs et que son vrai père était aux cieux ! – ils s’étaient, plus tard, rendu compte à la synagogue de Capharnaüm, de son état d’exaltation étant « hors de sens »…

« Les parents de Jésus, ayant appris ce qui se passait, vinrent pour se saisir de lui, car ils disaient : ‘ Il est hors de sens ’. Et les scribes, qui étaient descendus de Jérusalem, dirent : ‘ Il est possédé de Béelzébul ; c’est par le prince des démons qu’il chasse les démons ’. »

Marc 3/21, 22

Les évangiles parlent très peu de saint Joseph, mais assez pour nous placer devant la contradiction fondamentale qui concerne la nature humaine ou divine de Jésus de Nazareth, le fils du charpentier. C’est l’Évangile selon Matthieu qui nous place devant cet oxymore. Dans son premier chapitre, il nous assure que Jésus est un homme pour la bonne raison que sa généalogie le prouve. Matthieu cite les quatorze générations entre Abraham et la déportation à Babylone, ensuite quatorze générations jusqu’au roi David, et enfin encore quatorze générations jusqu’à « Joshua ben Joseph », pour prouver que Jésus est de sang royal et que, par conséquent, il est un homme, ce qui sera confirmé des siècles plus tard par le prophète Mohamed. À lire les Évangiles apocryphes et canoniques chrétiens, on peut se faire une vague image du charpentier, continuellement obligé de subir les frasques et l’irrespect de ce fils, qui au lieu de se consacrer à la tâche de charpentier, se laisse aller à vouloir dès son enfance faire la leçon aux docteurs de la loi. C’est lui, Joseph qui « s’est saisi de lui » parce qu’il le croyait mentalement dérangé à Capharnaüm. Ce scandale nous fait mieux comprendre Joseph, ce prétendu père adoptif et mari cocu consentant, titre qui à son époque prend une signification très lourde à porter. Cet oxymore, énoncé par Matthieu rend le schéma divin de l’Incarnation, imaginé par Dieu le père, quelque peu embrouillé, c’est-à-dire que Jésus ne peut pas en même temps être le fils naturel de Joseph et avoir comme géniteur, l’Esprit Saint ! Cela fait trop désordre !

Quant à Marie, les dogmes catholiques de l’Incarnation, impliquent pour elle, d’être reconnue après force controverses comme theotokos ou mère de Dieu, et des siècles plus tard après une longue période de « Dormition de la Vierge », sa « Conception Immaculée » (1854), sa « Virginité Perpétuelle » et son « Assomption » (1951) .

À constater ces incohérences et complexités dans le dogme de l’Incarnation de Jésus et de sa prédication, on comprend mieux le prêtre Arius qui entendait reconnaitre Jésus comme un nouveau grand prophète dans la lignée des prophètes du premier testament et à le vénérer en cette qualité. L’arianisme chrétien s’opposait à un retour rétrograde à un polythéisme à trois dieux et permettait surtout d’éviter le schisme sans réelle cause, entre les authentiques monothéistes juifs – dont Jésus lui-même – et la nouvelle secte des judéo-chrétiens trinitaires, schisme dont les conséquences historiques désastreuses étaient pourtant déjà bien prévisibles et qui ont sans doute inspiré le rédacteur de l’Apocalypse après la prise de Jérusalem en l’an 90 par les légions de Titus. Malheureusement, au concile de Nicée en l’an 325, l’arianisme fut condamné et persécuté comme hérétique. Il s’est néanmoins maintenu en vie clandestinement jusqu’à ce que, tel un phénix, il ressuscite de ses cendres quelques siècles plus tard, sous la forme de l’islam, le troisième grand monothéisme, venu restaurer la foi hébraïque en un Dieu unique et un, tout en vénérant Jésus comme son avant-dernier grand prophète précédant le prophète Mohammed.

En ce XXIe siècle, la conflagration idéologique et terroriste qui secoue la planète entière, devrait faire réfléchir tous les fidèles des trois grands monothéismes et surtout leurs magistères, qui croient et vénèrent le seul et donc le même dieu.

Si Ponce Pilate ne s’était pas laissé influencer par la foule hurlante et hostile, et s’il avait maintenu son jugement initial et son bon sens en renvoyant ce pauvre innocent, illuminé pathologique, – il se prenait pour un vrai dieu « incarné » – dans sa famille avec « un bon coup de pied au cul », l’histoire mondiale eût été toute autre et bien plus heureuse. Mais du point de vue de Dieu le père, c’eût été l’échec complet de son plan savamment imaginé et exécuté jusque-là. (Selon un scénario original et particulier de roman policier qui a sans doute inspiré la série de télévision Columbo où, dès le début, on connait chaque fois le criminel échafaudant son plan qui devra lui permettre de commettre un crime parfait.)

Quant à Dieu le Père, la non-exécution du sacrifice planifié de son fils le ramenait à un statu quo ante, c’est-à-dire – et qui sait – à la damnation pérennisée des hommes ? Si le sang du Christ n’était pas versé, la rédemption des péchés n’était sans doute pas acquise ? On peut même se demander si Dieu le père a laissé à Ponce Pilate, oui ou non, la liberté de conscience et de jugement dont dépendait la réussite ou l’échec de son plan aux voies impénétrables ? Abracadabrantesque !

C’est Salvador Dali qui nous fait comprendre simplement et tacitement, mais avec grand talent, comment, selon cette satanique doctrine, le tout-puissant Dieu le père contemple sans réagir depuis son trône céleste l’agonie de son fils.

Est-il nécessaire de montrer davantage le caractère satanique, ubuesque et pervers des Évangiles pour nous convaincre qu’il est urgent de les corriger ou de les considérer – ainsi que tous les autres livres saints – comme étant l’expression d’une mythologie tout aussi dépassée et morte, que par exemple la grandiose mythologie de l’Égypte pharaonique ? Il est temps de supprimer et de dépasser ces inepties sataniques, car elles constituent le terreau sur lequel vivent les terroristes fondamentalistes de tout cru et de tout bord ?

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Informations complémentaires

Année

2016

Auteurs / Invités

Willy De Winne

Thématiques

Catholicisme, Lutte contre les fausses croyances et les fausses sciences, Questions et options philosophiques, politiques, idéologiques ou religieuses, Religions