Cheveux, poils et voiles : interactions en surfaces et profondeurs !

Dominique Van Neste

 

UGS : 2023014 Catégorie : Étiquette :

Description

Médecin basant sa culture de base sur le triangle aux 3 L (Louvain [UCL], Liège [ULg] et Université d’État à Lille), il s’est engagé comme un explorateur curieux progressant avec un outillage rudimentaire sur un terrain peu connu : le cuir chevelu et par extension, toutes les zones pileuses et leurs variabilité dans l’espèce humaine.

Suite à une première conférence à l’invitation du Cercle Peau et Société organisé par le département de dermatologie l’Université de Lyon (Professeur Jean Thivolet[1] au Circ, Lyon, 1994 ; #1), il partage son parcours dans le système « peau-cheveu »… une découverte originale vers la diversité interprétative de ces produits cutanés sur les plans symbolique, psychologique et sociétal.

Préambule – Dédicaces, thèse et hypothèses

L’auteur dédie ce travail à deux physiciens qui l’ont aidé dans le cheminement de sa pensée :

–    Ilya Prigogine (prix Nobel – Chimie en 1977) pour son intérêt dans le domaine du cheveu (#2). La presse généraliste fit écho de cet intérêt qu’avait l’ULB « à couper les cheveux en quatre » (#3).

–    Hubert Reeves, récemment disparu, concepteur de poussières d’étoiles et qui a manifesté un intérêt particulier dans le domaine (#4).

Thèse :

Si le poète a pensé, écrit et dit « vrai » en signalant :

« Ce qu’il y a de plus profond en l’homme, c’est la peau… »
Paul Valéry

alors l’auteur vous suggère de prolonger le cheminement avec ceci :

« Ce qu’il y a de plus profond en l’homme, c’est la peau et le cheveu est plus profond encore… »

En effet dans le langage courant, le nombre de références capillaires (cheveu, poil, etc.) sont légion. Si dans les faits, ces fibres n’ont rien d’important et ne sont pas un support vital, pourquoi tant d’intérêt ?

Pour l’auteur, elles seraient le reflet de l’intégration dans la société, la culture et les cultes d’un langage non verbal essentiellement à fonction identitaire (groupe, genre…) avec ses aspects parfois ambigus : inclusif ou exclusif ou les deux à la fois.

Question : est-ce que tout cela pourrait faire partie des moyens de communication d’espèces bien antérieures à l’apparition de l’humanité elle-même ?

Structure, fonction et notion de productivité

Au commencement, il y avait une racine…

Il serait opportun de préciser que cette racine est éminemment dynamique.

Dans la peau des hommes et des femmes il y a environ le même nombre de racines capables de fabriquer un poil ou un cheveu. On estime à un million le nombre d’unités folliculaires sur la totalité de la surface corporelle.

De petites zones en sont irrémédiablement dépourvues (paumes des mains et plantes des pieds). Pour le reste de la peau, l’évolution des espèces conduira, par inactivation de la plupart de ces racines, à l’aspect généralement moins velu des humains que d’aucuns auront qualifiés de « nus » (#5, #6). Si on se limite à la structure quantitative des follicules présents à l’intérieur de la peau, il existe une égalité femmes-hommes. La différence visible à la surface de la peau réside dans la fonctionnalité de ces organes : s’ils ne produisent pas, les follicules passent sous les radars. Cette activité fonctionnelle est conditionnée par des facteurs génétiques pré-établis (il y a des différences entre individus qu’ils soient garçons ou filles). Toutes les méthodes de mesure objective de la pilosité ont été assez laborieuses à mettre en œuvre. Parmi les très nombreuses propositions, la plus récente et la plus concise s’exprime en termes de productivité (#7).

Les facteurs de modulation les plus connus sont les hormones associées à la puberté. Les caractères sexuels secondaires attestent que la structure et les gènes pré-existent et que c’est l’activation de la productivité de ces structures sous divers changements de l’environnement interne et externe qui moduleront la perception de la « chose ». Cette chose complexe est visible, palpable, porteuse d’odeurs, elle forme une couverture discontinue de protection, composée de nombreux leviers capables de relayer des sensations…

Une fibre : produit universel-culturel trop mal perçu ?

Ces fibres très résistantes et quotidiennement renouvelées à la surface constituent un isolant (mécanique et thermique) plus ou moins parfait. Cette méthode de production-protection nous a inspiré l’idée du « système peau-cheveux » sur lequel nous avons travaillé depuis 1987 (#8, #9). Ce système donne un double avantage : éviter le dessèchement de la peau et résister à l’usure associée au frottement lors des déplacements. Quoi de mieux que d’inventer une couche protectrice carrément extérieure et en renouvellement permanent.

La nature aura ainsi inventé le survêtement non tissé protecteur et durable.

Pour le cuir chevelu, on estime la productivité globale[2] à environ une couverture complète toutes les trois semaines (#7). Sachant que ce processus perdure normalement ou idéalement pendant trois-cinq ans, on aurait ainsi produit une « couverture » dont la surface totale serait d’environ soixante fois la surface porteuse… un joli tapis !

Heureusement pour notre espèce, ceci ne concerne que le cuir chevelu. Ailleurs sur le corps des influences hormonales – dont les hormones sexuelles – donneront un signal pour la mise en route d’un productivité augmentée, mais bien plus discrète que sur le cuir chevelu.

La culture et la mode vont influencer la perception et la gestion que les humains voudront faire de ces annexes pilaires. Nous entrons de plein pied dans le processus de contrôle.

Cheveux et poils : marqueurs apparemment stables d’une normalité instable

On peut aisément imaginer que cette dynamique d’ordre physiologique offrait une toison dont la production était incompréhensible pour les premiers humains. Cette incompréhension est attestée dans les livres de médecine et, pour partie, dans les idées folkloriques promues pendant seconde moitié du XVIIe siècle (#10). Ces idées fausses étaient encore bien vivantes jusqu’à la seconde moitié du XXe siècle. Si ce fardeau s’est progressivement épuré au cours de ces cent cinquante dernières années, dans la culture populaire, il subsiste bien des mystères et interprétations nonfondées. Ainsi nous semble-t-il logique d’admettre que poils-cheveux furent et sont encore l’objet de spéculations et de conjectures d’ordre purement symbolique. Leur « peu d’utilité » apparente les a fait négliger un tant soit peu par la faculté même si des précurseurs avaient, il y a environ un siècle déjà, alerté le corps médical sur la notion de priorité du bien être du patient sur nos considérations philosophiques (#11).

Si nous savons par notre langage actuel[3] que le système pileux est profondément ancré dans notre culture (#12), nous savons aussi que les cultures préhistoriques ont laissé des traces visibles de ces perceptions (profils réassemblés avec l’accord des auteurs #13).

Figure 1.

N’est-ce pas émouvant de lire (sur les dessins reproduits ici) ce que nos ancêtres pensaient de leur image – tracé sur les parois de cavernes – il y a environ vingt-cinq mille ans ?

Sans paroles et sans mots, le passage du temps se lit sur les visages et s’accompagne de la dissipation de cette chevelure, abondante et glorieuse des temps jadis. Une source d’inspiration pour les esthéticiens et philosophes contemporains.

Hannah Arendt ne disait-elle pas qu’il n’y a pas d’être sans paraître ?

Contrairement aux affections ou maladies dites « internes », le caractère affichant du système peau-cheveux et du visage cadré par le cuir chevelu, a fait l’objet d’observations dites primitives (non historiques au sens premier du terme !) ou de traces originelles. Tout cette symbolique date de bien avant l’apparition de l’espèce humaine, telles les crinières animales, crêtes de coq rougeoyantes ou huppes garnies, etc.

 

 

 

 

 

 

Normalité et limites entre normal et pathologique ?

Sans entrer dans le domaine très complexe de la théorie et de la concrétisation de l’évolution, on peut estimer que la perception du système peau « couverture-pelage-cheveu-poil » aboutit après quelques millions d’années à des développements sur le plan symbolique. Très sommairement, on peut affirmer qu’il y a un lien évolutif entre la fabrication des écailles, des plumes, des poils… Et on peut aussi affirmer qu’à l’exception de traces évolutives nécessitant des technologies sophistiquées (#14, #15, #16) il est très hautement improbable de voir les trois à la fois au sein d’une même espèce.

Dans le journal Le Monde (#17), on pouvait récemment lire ceci :

« Les pratiques liées à la pilosité racontent l’adhésion à des codes, et les tabous de chaque époque, à la croisée de l’intime et de la sociabilité. Entre désir et dégoût selon les cultures, ces usages délivrent une mine d’informations sur les rapports de pouvoir, en particulier liés au genre, dans une société qui demeure profondément patriarcale. »

Ceci reste en ligne avec la pensée déjà exprimée dans l’Artichaut (#18) à savoir que le poil-cheveu sont des éléments d’interface : individu-société ; interne-externe ; sensible-non sensible ; perçu-jugé ; privé-public ; etc.

Toutes ces qualifications ont joué, jouent ou joueront encore longtemps, selon Jacques Rifflet (#19) leur rôle politico-religieux.

Toutefois un poil « attaché ou détaché » oscille conceptuellement entre le propre acceptable (dans certaines limites) et le sale que l’on rejette (par dégoût ou par dogme culturel) et reflète que tout n’est pas « que genré ». Dans la culture japonaise, on peut épingler que la représentation de la pilosité génitale est un interdit social passible d’emprisonnement sans discussion (#20). Dans cette même culture, il faut également se souvenir de l’ostracisation des aïnous – pour cause de pilosité abondante qui caractérise les habitants des îles du nord (peuplades qualifiés de ou considérés comme « sales ») par les moins poilus ou « imberbes » des îles du sud.

Processus culturels impliquant la chevelure et le passage du temps

Pour passer de « fil en aiguille » de la fibre produite par le vivant à la problématique du voile, nous renvoyons le lecteur intéressé à un autre travail (#18) dont nous reprenons de manière sommaire les points essentiels :

Les femmes dès l’Antiquité à nos jours

Dès l’Antiquité, c’est-à-dire bien avant l’apparition de l’islam, le port du voile était codifié dans toutes les cultures connues et s’applique, selon les circonstances, tant à la femme qu’à l’homme (statuaire et représentation des divinités anciennes toujours présente de nos jours).

Chez la femme, le port du voile sert à distinguer et identifier des catégories sociales ou des statuts spécifiques (vestale, statut marital, esclave ou prostituée…).

La tradition persane antique du purdah (rideau) qui mettait les femmes à l’abri du regard des hommes a été intégrée et diffusée par la culture arabo-islamique suite aux invasions arabes vers le VIIe siècle. Cet tradition sera largement répandue à partir du XIIe siècle pour pénétrer de manière plus spectaculaire nos contrées pendant le dernier quart du XXe siècle avec une connotation « revendicatrice » tant sur le plan religieux que sur celui des communautés.

Dans la société grecque antique, l’épouse était tenue de se couvrir la tête. La sculpture de déesses représentant le mariage, le foyer ou la famille sont le plus souvent voilées, alors que les déesses célibataires comme Diane ou Vénus, ne le seraient pour ainsi dire jamais.

Dans la Rome antique, le symbole du voile est étroitement associé au mariage : le verbe nubere signifie « voiler » et « se marier », nupta, littéralement « voilée » signifie « épouse », nuptiae « mariage » a donné en français noces et fêtes nuptiales.

Le geste de voiler la femme dans les cérémonies antiques du mariage se retrouve également dans les temps plus récents au moment d’entrer dans les ordres religieux. Ce rituel atteste l’abandon de séduction et des vanités terrestres en même temps qu’il consacre l’union exclusive de la religieuse à son dieu et de l’épouse à son mari. Cette forme d’engagement « unilatéral » est appelée à céder du terrain du moins dans le monde civil avec la prise de conscience féministe.

Dans l’Ancien Testament la femme – éventuellement fiancée – porte le voile, tantôt opaque, tantôt translucide. Dans la culture juive actuelle, le port d’une prothèse capillaire par la femme mariée soustrait l’exposition de sa chevelure au public. Le port du voile ou le port des chapeaux, fichus, voilettes ou mantilles par les femmes lors des cérémonies religieuses ou de la visite de lieux sacrés auraient une fonction de réserve/respect analogue envers l’autorité patriarcale, fût-elle civile, sacrée ou de nature divine.

Pour l’auteur, la sacralisation de ces pratiques remonterait à l’apôtre Paul, habitué aux coutumes gréco-romaines concernant le port du voile. Il aurait transposé le geste et sa symbolique dans le registre sacré (sacer = «séparé »). Par la même opération, il imposerait un code de conduite de nature divine infériorisant la femme, créée de l’homme, et voilée par respect pour lui qui déambulerait nu-tête pour glorifier l’œuvre du créateur (pour plus de détails voir #18).

Les hommes dès l’Antiquité à nos jours

Chez l’homme, ce seront les tonsures qui assureront la distinction de classe, de fonction avec ou sans consécration.

En Égypte, dans les classes sociales élevées, la tonte intégrale était la règle. On pense qu’elle faisait partie d’un comportement hygiénique à forte connotation de classe et facilitait le port de prothèses. Hérodote (IVe siècle avant notre ère) avait noté que la tonte était arrêtée en cas de deuil. La repousse des cheveux[4] accompagnait le deuil chez les Égyptiens contrairement aux coutumes des cultures environnantes (hébraïque, grecques). En dehors du deuil, la présence de cheveux ou de poils était un identifiant de statut (enfant rasé avec conservation d’une longue mèche sur une des deux tempes, barbe postiche symbolisant le pouvoir pharaonique).

Depuis, les styles « identifiants » varient à l’infini au travers des siècles et des continents selon les cultures chacun jouant le rôle de séparateur/rassembleur selon un code social ou professionnel bien spécifique (soldats anglo-normands représentés sur la broderie de Bayeux, tribus indigènes des Amériques, les GI’s américains actuels, beatniks, rastas, punks ou skinheads…).

Les tontes font encore partie de rites de passage qu’elles soient glorifiantes (baptêmes estudiantins, revendications féministes et autres, etc.) ou infamantes (femmes tondues pour motif de collaboration).

Sans entrer dans le détail des signes dermatologiques « convictionnels », tout le monde se souviendra des tonsures consistant à raser une partie des cheveux d’un clerc. Signe de renonciation au monde, elle est aussi, avec la prise d’habit et le changement de nom, un élément d’un rituel de mort et de renaissance.

Depuis les Romains, il permet aux clercs de se distinguer des barbares et des soldats pour autant que le crâne ne soit pas entièrement rasé, marque infâmante des esclaves à Rome. Diverses variantes de tonsure accompagneront le schisme entre églises d’Orient et d’Occident (jusque 1966) pour devenir facultatives en 1972.

Au fil des temps, la tonsure romaine s’est réduite à un cercle de quelques centimètres de diamètre. Lors de la cérémonie de l’ordination, elle est préfigurée par la coupe de quelques mèches de cheveux[5].

Un rituel tout à fait analogue se pratique lorsqu’en Asie, des profanes se consacrent pendant un temps limité à la pratique des rites bouddhistes. À ce propos, rappelons-nous la symbolique de la perte de la force physique de Samson au moment où Dalila lui coupa quelques mèches de cheveux et n’oublions pas, comme le rapporte un article scientifique publié par le département de dermatologie de l’Université de New-York que les femmes pratiquantes de l’islam ont également des sentiments, des sensations parfaitement humaines. Elles se posent des questions par rapport au port du voile comme cause éventuelle de leur alopécie et qu’elles ont des doutes sérieux sur la compétence du corps médical à prendre pleinement soin de leur situation et de leur souffrance (#22)… !

Conclusions

Cette aventure a commencé par une dédicace à deux physiciens dont on peut deviner qu’ils avaient des étoiles plein la tête.

Ainsi l’auteur vous propose de terminer ce bref essai par une belle histoire sur une constellation en rapport avec des astronomes touchés par la grâce capillaire.

Dans les temps anciens (IVe siècle avant notre ère), il faut se souvenir de l’amour de Bérénice et de l’investissement affectif dans sa belle chevelure[6]. Par l’offrande de sa chevelure à la déesse de l’amour, Bérénice ne pouvait pas manifester plus clairement ses sentiments. Au retour de la guerre, son époux trouvant Bérénice dépourvue de sa chevelure en fut choqué et entra dans une colère folle. Il ignorait combien son épouse tenait à sa survie par amour. Le don de la chevelure des femmes dans des rites hindouistes[7] se double tristement d’un aspect vénal, puisque leurs cheveux alimenteront directement le circuit commercial des fabricants de prothèses capillaires.

On aura compris, entre contrôle social, technique de camouflage et démonstration individuelle, la gestion (ou la non-gestion) de la masse capillaire (cheveu ou poil), racontera toujours quelque chose sur la personne humaine.

Les cheveux et les poils, tout en étant à l’extérieur de l’humain, sont en réalité, bien plus profonds qu’il ne semblent. Agir sur cet élément sculptural, porté par la peau vers l’extérieur, donne une idée de ce que nous sommes à l’intérieur. On peut espérer que par les cheveux symbole de force, on exprime aussi un modèle de sagesse et de beauté

En pratique, nos autorités, nos éducateurs ne devraient-ils pas connaître ces dimensions ?

Ne serait-il pas sage d’entamer avec les porteurs de telles sculptures, une discussion sur le fond avant d’imposer une forme ?  

 

Références

#1    Tilles, G., « Histoire des Journées dermatologiques de Paris », dans Annales de dermatologie et de vénéréologie, 2013, 140S, S713-S761, https://www.sfdermato.org/media/image/upload-editor/files/1-s2_0-S015196381301497X-main.pdf.

#2    Halloy, J., Bernard, B. A., Loussouarn, G., and Goldbeter, A, « Modeling the dynamics of human hair cycles by a follicular automaton », dans National Library of Medecine, Proc. Natl. Acad. Sci., Usa, 2001, 97:8328-8333. Reference id# 401238 2942, https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/10899998/.

#3    Poncin, J., « L’Ulb coupe les cheveux en quatre », dans Le Soir, Bruxelles, 18 juillet 2000.

#4    Reeves, H., voir curriculum vitae et publications sur Wikipedia.

#5    Dawkins, R., The greatest show on earth, The evidence for evolution, Éd. Black Swan, 2010.

#6    Morris, D., Le Singe nu, Paris, Grasset, 1968 ; La Femme nue, Paris, Calmann-Lévy, 2005.

#7    Van Neste, D., « Exhaustive analysis of scalp hair regression: subjective and objective perception from initial hair loss to severe miniaturisation and drug-induced regrowth », dans Plastic and Aesthetic Research, 2021, Res 8:16 doi: 10.20517/2347-9264.2020.220, https://www.oaepublish.com/articles/2347-9264.2020.220.

#8    Van Neste, D., Lachapelle, J. M., et Antoine, J. L.,. Trends in human hair growth and alopecia research, Klumer Academic, Lancaster, UK, 1989, reference id# 883006 4761.

#9    Dawber, R., et Van Neste, D., 2004. Hair and Scalp Disorders. Common Presenting Signs, Differential Diagnosis and Treatment, Londres et New York, Martin Dunitz, Taylor & Francis group, London and. reference id# 881048 4740, 2004. https://www.taylorfrancis.com/books/mono/10.3109/9780203490273/hair-scalp-disorders-dominique-van-neste-rodney-dawber.

#10  Bartholyn, T., Anatomia ofte ontledinge des menschlicken lichaams, 1656.

#11  Sabouraud, R., Diagnostic et traitement des affections du cuir chevelu, Paris, Masson, 1932.

#12  Monestier, M., Les Poils. Histoires et bizarreries, Paris, Le Cherche-midi, 2002.

#13  Schmitt, D., et Noly, V., L’Homme et sa peau, Lyon, Arppam-Édition, 1995. reference id# 870034 4681.

#14  Van Neste, D., « Question de langue et de poil », dans Dermatologie Actualité, Dermactu, 2015, http://dermactu.be/fr/.

#15  Dhouailly, D., Sun, T.-T., « The mammalian tongue filiform papillae : a theoretical model for primitive hairs », dans Trends in human hair growth and alopecia research, Éd. D Van Neste, J.-M. Lachapelle, J.-L. Antoine, Kluwer Academic Publisher, Dordrecht, 1989, pp 29-34.

#16  Di-Poï, N., Milinkovitch, M., « The anatomical placode in reptile scale morphogenesis indicates shared ancestry among skin appendages in amniotes », dans Science Advances, 2016, 24, vol 2, Issue 6. doi: 10.1126/sciadv.1600708. https://www.science.org/doi/10.1126/sciadv.1600708.

#17  Legros, C., « Aux racines des batailles du poil, une histoire politique de désirs et de dominations », dans Le Monde, 14 juillet 2023.

#18  Van Neste, D., Cheveu, poil et voie : un trio symbolique, dans L’Artichaut, 2015, 33, 1.

#19  Rifflet, J., Les mondes du sacré : Laicité, ésotérisme des origines à nos jours et leur influence sur la politique internationale, Parole et Silence-Éd. Mols, coll. « Autres Regards », 2009.

#20  Guilbert, X., Article 175, du9, l’autre bande dessinée, https://www.du9.org/dossier/article-175/.

#21  Michel, O., « L’incroyable odyssée du cheveu indien », dans Le Figaro-International, 7 juillet 2011.

#22        Alhanshali, L, Bawany, F, Buontempo, M.G., Shapiro, J., Lo Sicco, K., « Understanding perceptions of hair loss in hijab-wearing women: a pilot survey study », dans International Journal of Women’s Dermatology, 9(4):p e115, December 2023. doi: 10.1097/JW9.0000000000000115. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC10653569/.

[1] Histoire de la Dermatologie : une évolution sociétale induite par la révolution technologique (#1).

[2] Après coupe à ras, les cheveux ayant un diamètre de 40 à 90 µm de diamètre (dont quatre-vingt-cinq pour cent sont en croissance avec une vitesse moyenne d’environ 330 µm par jour) sont capables de recouvrir complètement la surface ainsi définie endéans trois semaines. Il suffirait de disposer de manière jointive et à plat sur la surface initialement rasée tout ce qui aurait poussé dans cet intervalle de temps.

[3] Dans le chapitre « Poils sur les langues », on répertorie outre les quarante-huit locutions dans divers pays, des aphorismes, pensées, etc. (nombres entre parenthèses) qui ont trait au cheveu (34), au poil (30), barbe (25) et moustache (7) sans pointer le nom de villages et villes de France ayant trait à cet appendice capillaire (le chevelu, le chauve, etc.) ni les perruques toujours d’actualité pour les juges anglais.

[4] L’idée magique associée à cette repousse survient après la chute du cheveu-poil, mais aussi après la coupe ou un arrachage. Biologiquement, à chaque cycle, le follicule se reconstruit quasi complètement pour régénérer l’organe. Un rêve de jeunesse permanente… une utopie qui flatterait tout scientifique qui s’inspirerait du cheveu-poil et de son follicule pour faire repousser de novo un organe malade, un membre amputé…

[5] Qui se souvient de ces gestes tendres de l’enfance, de rites de passage, d’ouvrages en cheveux, ou de reliques sacralisées… L’auteur vous offre la pensée d’un « grooming » professionnalisé (chez les coiffeuses-coiffeurs) pour primates dits évolués… et surtout, n’oublions pas la distinction entre médecins, barbiers barbants et barbiers chirurgiens …une limite de compétences qui a mis longtemps avant d’être tracée avec clarté !

[6] Bérénice personnage historique dont le nom et la chevelure se retrouvent dans Comae Berenices serait, selon Wikipedia, une « étoile géante de teinte orangée ». Distante de quelque cent septante années-lumière de notre planète, Conon de Samos a proposé ce mythe pour sauver la tête de quelques officiants au temple d’Aphrodite. Bien plus tard, la chevelure de Bérénice fut qualifiée de « Constellation » dès le XVIe siècle par Mercator, Tycho Brahé, etc.
Son nom fait référence à la reine Bérénice qui – par un rite juratoire – offrirait sa belle et longue chevelure à la déesse de l’amour si son époux revenait indemne de la guerre.

[7] Rites pratiqués dans les temples de Tirupati déjà mentionnés dans un ouvrage de l’auteur écrit en collaboration avec le professeur de dermatologie à l’Université d’Oxford (#9) et qui nous a été rappelé avec le qualificatif de « black diamond business » dans Le Figaro-International (#21).

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