Description
Les raisons sont nombreuses qui découragent les citoyens d’exprimer leur avis sur une Union européenne dont, il est vrai, les mécanismes de participation imposent des procédures d’accès abstruses. Élèves, étudiants, parents, enseignants y acquiescent ou la dénigrent sans en rien savoir ou en en ayant une idée confuse, voire erronée[2]. Voilà qui augure bien de notre démocratie, déjà si mal en point. Tandis que les programmes scolaires et les médias qui nous alarment sur les conséquences du réchauffement climatique, sur la nécessité de protéger la nature, les manifestations de rue de collégiens et de lycéens se heurtent à la bulle des politiciens qui promettent de remédier à la dégradation climatique, mais s’emploient avant tout à préserver leurs intérêts, leurs prérogatives, les malversations qu’ils tentent de dissimuler à l’opinion publique. Voilà une rapide vision de la réalité qui préoccupe quelques citoyens responsables soucieux du bien commun.
Les solutions préconisées soulignent le rôle de l’éducation, la formation des enseignants, la création de programmes développant l’esprit critique, alimentant les connaissances qui joueront un rôle actif dans la sphère publique. Certains rétorquent que l’information circule sur le net, sur les réseaux, mais on est dans un tel imbroglio qu’il est difficile de distinguer le vrai du faux, l’important de l’anecdotique !
N’est-ce pas avant tout aux enseignants et aux parents de synthétiser, d’inculquer et de faire appliquer ce qui permettra de répondre à l’exigence démocratique et à favoriser une participation efficace de tous à la gestion de la cité ?
Hélas, ces revendications resteront des vœux pieux tant que les citoyens resteront les spectateurs passifs. L’assimilation des connaissances, des compétences et a fortiori leur appropriation ainsi que les expériences vécues permettront aux citoyens de s’impliquer. Mais un tel projet nécessite sa mise en œuvre active et répétée. Ce qui ne peut se faire que par une participation à la vie publique.
Cette participation débute dans la famille dès le plus jeune âge, en considérant l’enfant comme une personne, en l’éduquant et en l’instruisant. Les deux fonctions sont essentielles. Partagées entre les milieux familiaux et scolaires elles doivent favoriser l’écoute, l’expression verbale et l’expression écrite, le dialogue, la convivialité, la tolérance, l’esprit critique, la participation au cadre de vie, l’échange, la confiance.
Rappelons Montaigne : « Quoi de plus absurde que ces adultes qui veulent nous apprendre à participer sans nous exercer ni à parler ni à juger… ? ». L’importance de l’environnement familial dans le développement de compétences liées à la politique se manifeste par le fait que de nombreuses fonctions sont occupées par « des filles et des fils de » plongés dès leur plus jeune âge dans l’univers politique. Dès le début de la scolarité, l’école joue un rôle essentiel, en complément et en renforcement de la famille et de l’environnement.
Une opportunité à saisir par les enseignants ne serait-elle pas de participer à la mise en œuvre de projets communaux qui permettraient aux écoliers, aux étudiants (mais aussi aux adultes dans le cadre d’une éducation permanente) de comprendre les mécanismes de consultation, l’organisation d’un système communal de représentativité, tout en développant leur volonté d’être écoutés et leur implication dans la gestion de leur cadre de vie ? Ils apprendraient à s’informer, à comprendre le fonctionnement démocratique, à prendre la parole devant un auditoire. La commune est l’autorité publique de proximité par excellence et le premier lieu d’émergence des diverses démarches participatives. C’est là que tout doit être expérimenté pour être ensuite transféré au niveau européen. Une telle démarche pourrait solliciter des vocations. Le désir de s’impliquer davantage et d’approfondir les connaissances afin de jouer un rôle actif dans la société. Nous ne misons pas assez sur le potentiel créatif des individus.
[1] Texte rédigé pour l’AEPL (Association européenne de la Pensée libre) – Session de la téléconférence commune, sections Arlon-Suisse, préparatoire à la conférence sur l’Avenir de l’Europe : Exigence démocratique – Valeurs et droits, État de droit et sécurité, Bruxelles, 20 mars 2022.
[2] Il en est malheureusement de même pour d’innombrables thèmes de discussion !
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Informations complémentaires
| Année | 2025 |
|---|---|
| Auteurs / Invités | |
| Thématiques | École / Enseignement, Éducation à la citoyenneté, Esprit critique, Union européenne, Citoyenneté active, Démocratie et libertés fondamentales, Démocratie et société, Démocratie participative, Enjeux climatiques, Formation de l'esprit critique, Inégalités sociales, Transmission des valeurs |







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