Notre devise

« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n’est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d’être. »

Henri POINCARÉ

But

« L’association a pour objet de contribuer à la diffusion et au rayonnement des principes de laïcité, de tolérance, de fraternité humaine, de progrès social et scientifique, de libre examen auxquels ses fondateurs sont unanimement attachés.

L’association poursuivra la réalisation de cet objectif par tous les moyens qu’elle jugera utiles et notamment par l’organisation d’émissions radiophoniques et télévisées de philosophie et de morale laïques, et l’édition de publications périodiques destinées à faire mieux connaître ces émissions. 

Elle pourra en outre organiser ou participer à l’organisation de conférences, congrès, centres d’études ou de documentation, ainsi que de toutes autres initiatives qui lui paraîtront utiles à la réalisation de ses objectifs. »

Le Conseil d'administration

Historique

Avant 1940, il n’existait pas de monopole pour la diffusion radiophonique. Coexistaient donc des postes émetteurs locaux qui vivaient de ressources publicitaires (Radio Schaerbeek, Radio Conférences, Radio Chatelineau, etc.) et dont le fonctionnement était semblable au Radio Belgique de Théo Fleischman, ancêtre de l’INR.

Trois organismes, gérés chacun par un parti politique traditionnel, assuraient la programmation d’une journée hebdomadaire de radio, information exclue.

Après la Libération, en 1945, la loi sur les moyens audiovisuels se modifie en profondeur. Le monopole de la diffusion par les ondes est confié à l’Institut national de Radiodiffusion (INR). Cet Institut n’a pas reconduit dans la participation à ses programmes l’action des organismes politiques extérieurs qui existaient avant la guerre. En contrepartie, l’INR a décidé d’organiser des tribunes politiques, syndicales, interprofessionnelles et religieuses. La programmation de ces « tribunes » relevait de Commissions consultatives et leur gestion était confiée à des associations reconnues.

Dès 1945, le conseil d’administration de l’INR accordait à la Radiotélévision religieuse catholique (RTC) le droit de diffuser annuellement cinquante-deux émissions radio de trente minutes. Ces émissions étaient indépendantes de la retransmission des services et des événements religieux et venaient s’ajouter à l’information sur les faits religieux préparée par les services de l’INR eux-mêmes. La diffusion de ces émissions était programmée à une heure de grande écoute en ces temps où la concurrence des ondes ne faisait pas rage : elle était placée dans la grille chaque dimanche à 19 heures.

À cette époque, aucun groupe structuré ne représentant la laïcité, l’Institut produisait directement les émissions dites de « philosophie et morale laïques ». De 1945 à 1955, en radio, la lecture d’une conférence de dix minutes a été diffusée chaque jeudi, à 18 heures. La programmation de ces émissions était déterminée par un fonctionnaire répertorié comme « libre penseur ». Les conférenciers étaient souvent choisis dans le milieu laïque, mais les programmes et les interventions se trouvaient hors de tout contact avec les associations laïques existantes (La Ligue de l’Enseignement, l’Union des Anciens Étudiants de l’ULB, l’Extension de l’ULB, l’Union rationaliste, etc.).

Le contrat a été exécuté loyalement par l’INR. Mais au dynamisme d’une radio catholique, animée par des personnes engagées dans la propagande doctrinale et utilisant des techniques bien adaptées – dont la diffusion des émissions se situait le dimanche à 19 heures, entre l’émission enfantine « Radio-Jeunesse » (de grande écoute) et les informations sportives – ne correspondait qu’une simple conférence de dix minutes, programmée le jeudi à 18 heures et gérée par un journaliste plus motivé par sa fonction professionnelle que par la défense des idéaux de la laïcité.

Au sein des associations laïques existantes, aucune revendication n’avait été émise. En 1955, l’on n’imaginait guère l’importance qu’allaient prendre au fil du temps les médias dans la vie publique.

Par ailleurs, la télévision fonctionnait régulièrement depuis 1953 et la RTC avait obtenu dès le départ le droit de diffuser vingt-six émissions annuelles de trente minutes.

En 1955, Robert Hamaide, grand maître national (1954-1957) du Grand Orient de Belgique, obtient du Conseil de gestion de l’INR (le 28 mars 1955), et grâce à une coalition politique majoritaire favorable, l’installation d’une Commission consultative pour la programmation des émissions laïques francophones. Une décision similaire était prise pour les émissions flamandes. Conformément à la recommandation du Conseil, les membres de la Commission consultative avaient été choisis dans des secteurs représentatifs des milieux laïques. La charge financière de l’entreprise est supportée par la Fondation Magnette-Engel-Hiernaux, émanation du Grand Orient. Le président de la Commission consultative est Robert Hamaide, la production des émissions est prise en charge par Georges Van Hout qui, sous le pseudonyme de Jean le Paillot, produisait depuis 1953 d’importants programmes radio à l’INR (Radio-Jeunesse, Au Fil du Temps).

Les membres de la commission consultative, qui représentent divers secteurs des milieux attachés à la laïcité, se répartissent de la manière suivante :
– René EVALENKO, pour l’Institut Émile Vandervelde ;
– Fernand JANSON, pour l’Association des Professeurs de Morale laïque ;
– Robert LECLERCQ, pour l’Université libre de Bruxelles ;
– Jean PEETERS, pour la Libre Pensée.

Peu de temps après viennent s’y adjoindre :
– Lucia DE BROUCKÈRE, pour l’Extension de l’Université libre de Bruxelles ;
– Walter MONDO, pour l’Union Rationaliste.

Le très abondant courrier échangé avec les auditeurs allait nécessiter la mise en place d’un secrétariat permanent.

Pour marquer clairement la différence avec la structure de gestion antérieure, les émissions ont été intitulées La Pensée et les Hommes. Ce titre est suggéré par Carlos Roty, professeur de diction au Conservatoire de Bruxelles. Par la suite, le nom La Pensée et les Hommes désignera également l’association constituée aux fins de gérer les émissions, dont les statuts initiaux seront votés le 30 juin 1961.

Par rapport aux émissions produites par l’INR, les choses se modifient en profondeur. Le changement de ton, de forme, le choix des sujets (qualifiés d’agressifs par les autorités catholiques), allaient valoir à l’émission un succès d’adhésion de la part des laïques, de curiosité dans les milieux chrétiens, de fureur dans la presse bien pensante, de scandale chez les intégristes. Grâce à l’intérêt soulevé, la durée des émissions passait de dix à vingt minutes.

En 1956, la durée des émissions en radio passe de vingt à vingt-cinq minutes. Un changement important se produit aussi dans la forme des enregistrements. Il y avait (et il y a toujours) un responsable représentant l’INR, ou la RTBF aujourd’hui, lors de l’enregistrement ou d’une diffusion en direct (situation exceptionnelle de nos jours) ; mais, avant 1956, l’INR exigeait que le texte des interventions fût préalablement écrit. Cette contrainte se trouva levée après la généralisation de l’enregistrement sur magnétophone, puisque la bande magnétique fournissait un contrôle préventif.

La même année, pour la première fois, la censure s’abat sur une de nos émissions en radio : interdiction nous est notifiée de diffuser un texte de Bernard Shaw (Les Aventures d’une jeune négresse à la recherche de Dieu). Dans son ouvrage, Bernard Shaw figure, non pas un Dieu unique, mais divers dieux, opposés, contradictoires, tous présents sous un même nom dans la Bible : dieu de vengeance et de colère, dieu nationaliste (Genèse, Exode), dieu ergoteur et ratiocinateur (livre de Job), dieu de découragement et de lassitude (Ecclésiaste), etc. Le texte de Shaw ne fut pas autorisé à passer sur antenne, car il était jugé « outrageant les convictions d’autrui ».

Toujours en 1956, le conseil d’administration de l’INR accorde l’accès de la télévision à La Pensée et les Hommes (pour six émissions annuelles). La toute première émission (présentation et définition) montra successivement les visages de Sélim Sasson (pour la présentation de l’émission et des deux autres participants), Robert Hamaide (pour l’affirmation de l’objectif laïque), Georges Van Hout (pour la description des objectifs de programmation). Après cette diffusion, Sélim Sasson, qui travaillait à l’INR fut officieusement averti des risques qu’il prenait pour le renouvellement futur de son contrat avec l’institution.

Le succès de nos émissions fut décisif. Il n’y avait aucune concurrence entre les chaînes belges (trois au total dont deux francophones). Le programme quotidien francophone belge ne couvrait que quatre heures et n’abordait jamais les problèmes éthiques. Les moyens techniques de production étaient donc on ne peut plus simples : les émissions se faisaient en direct. Dans sa programmation, La Pensée et les Hommes traitait toute espèce de sujet, au-delà de ce qui était strictement « philosophique et moral », mais dans une perspective libre-exaministe. Elle fut la première, avant la presse écrite, la radio-télé officielle, et en opposition avec les lois en cours, à introduire des dossiers jugés brûlants à l’époque sur
– l’information contraceptive,
– l’éducation sexuelle,
– l’interruption volontaire de grossesse,
– la peine de mort,
– le tiers monde,
– l’objection de conscience,
– la mort dans la dignité,
– les droits de la femme, etc.

Aujourd’hui, tous ces thèmes de réflexion peuvent sembler banals, vu l’évolution des mentalités et la constante adaptation des mœurs à la vie sociale. Mais, dans les années 1950, ces choix étaient nouveaux et qualifiés de « provocateurs » par les milieux conservateurs.

L’audience de nos émissions atteint bientôt à quinze pour cent de l’audience globale (ce qui constitue un chiffre énorme pour ce genre d’émissions). D’emblée, elle dépasse le volume des spectateurs des émissions religieuses. Surtout, la télévision permettait aux catholiques de mieux connaître et peut-être de mieux comprendre ces agnostiques, ces athées, ces libres penseurs, ces anticléricaux dont, auparavant, ils se trouvaient séparés par les cloisons de la presse, de l’enseignement, des relations de société. Le travail de diffusion de ces années-là a très certainement accéléré diverses prises de décision en matière sociale et éthique et a ouvert la voie à un pluralisme vécu.

En 1957, la durée de nos émissions en radio passe de vingt-cinq à trente minutes et le nombre annuel des émissions télévisées atteint le chiffre de dix-huit.

Souvent, les auditeurs faisaient appel à notre association pour obtenir le texte de nos productions, afin de pouvoir y réfléchir plus à loisir. Au départ, la communication de ces textes était opérée sous la forme d’envoi postal de documents stencilés. À la suggestion de Claude Barrèges, fut décidée la création d’un bulletin mensuel reprenant le texte des émissions diffusées en radio.

En 1957, la Conférence des Évêques de Belgique publie un communiqué de presse dans lequel elle dénonce la malfaisance de l’émission radiophonique La Pensée et les Hommes et la qualifie de « blasphématoire et sacrilège ». Elle exige aussi réparation et mise au pas d’une tribune qui offense les convictions les plus sacrées de la majorité des Belges. Cette réaction avait été déclenchée par un exposé fait sur antenne par Jacqueline Marchand (de l’Union rationaliste de France), spécialiste de l’histoire du christianisme, au sujet des Origines sociales du christianisme.

Le pouvoir de la Conférence des Évêques était, en ces temps, bien étendu. Peu de temps après, à l’occasion d’une démarche accomplie par Robert Hamaide et par Georges Van Hout auprès de M. Born, président (PSC) du conseil d’administration de la RTB, celui-ci déclara « ne pouvoir soutenir les revendications laïques, puisque l’épiscopat belge les avait condamnées ». Nos représentants ne manquèrent pas de lui rétorquer qu’ils ne voyaient pas en vertu de quel droit la Conférence des Évêques dirigeait les décisions de gestion d’un organisme public. Ce fut en vain.

Ce qui choquait avant tout dans certains milieux, c’était l’expression publique d’une pensée libérée sur le plan religieux et qui pouvait, désormais, être reçue par n’importe qui. La Pensée et les Hommes produisait des émissions de réflexion libre en un temps où l’Index de l’Église catholique interdisait encore certains livres, où une cote catholique était attribuée aux films, où la lecture d’un journal de conviction non catholique était un péché à avouer en confession, où le vote électoral était orienté en « chaire de vérité », où dans les villages et les patronages, on espionnait chacun pour vérifier si le regard ne dépassait jamais le champ des œillères protectrices.

Comme thèmes dénoncés précisément en raison de leur agressivité suspectée, on dénombre par exemple l’origine de la vie, l’origine des espèces, l’origine de l’homme, la structure de l’espace, la cosmologie de l’univers, l’au-delà, le miracle, l’historicité du Christ, etc. Ces sujets étaient évidemment traités avec toute la rigueur scientifique et toute l’honnêteté voulue dans les universités catholiques ; mais, comme on avait considéré les textes de la Bible au temps des guerres de religion, ils ne pouvaient être communiqués qu’aux lettrés suffisamment formés pour séparer leur foi de la connaissance scientifique. On serait aujourd’hui étonné si l’on étudiait l’état d’ignorance « crasse » où se trouvait le public ordinaire des années 1955-1958.

Le courrier des auditeurs témoignait toutefois de l’intérêt apporté à nos messages : nous recevions des lettres d’injures, de controverse, mais aussi des déclarations d’approbation et des témoignages chrétiens à notre écoute qui disaient : « Nous sommes chrétiens – et parfois catholiques –, nous restons fidèles à notre foi, mais nous sommes heureux de vous entendre : votre présence va obliger nos prêtres à changer de langage ».

Pour la reprise de la saison radiophonique en 1958, nous décidons de traiter le thème « Philosophie et chanson populaire ». On y programme, entre autres, le chansonnier anarchisant Léo Ferré avec sa composition Monsieur Tout Blanc. L’INR avait déjà diffusé ce disque ; mais l’auditeur n’imaginait pas qui pouvait être ce « Monsieur Tout Blanc ». Un peu plus averti, le préposé au contrôle de l’INR estima qu’on se trouvait en présence du cas d’« offense à un chef d’État étranger », sanctionnée par les règlements ; l’affaire fut discutée devant le chef du service littéraire, lequel s’en référa au directeur des émissions parlées, lequel transféra la responsabilité finale au directeur général faisant fonction. Celui-ci, apprenant que le disque avait déjà été diffusé sur les antennes, considéra loyalement qu’il ne pouvait s’opposer à une rediffusion sous prétexte qu’elle était laïque. La diffusion entraîne le traditionnel courrier de protestation : la presse bien pensante s’indigne, deux questions parlementaires sont posées par le PSC au ministre compétent…

Un mois plus tard, survient la mort de Pie XII ! Selon l’usage, la radio n’émet que de la musique sérieuse, dite « de circonstance » ; sur la mire de la télévision précédant l’information, on ajoute un fond musical. Le régisseur de service, informé, grâce à l’« affaire », qu’il existait un disque évoquant le pape défunt, en toute bonne foi et en parfaite ignorance, fait entendre au téléspectateur, en attente, Monsieur Tout Blanc de Léo Ferré.

Et deux ans plus tard, dans un classique télescopage de l’histoire, la presse bien pensante désignait encore La Pensée et les Hommes comme « ces incroyants qui ne respectent rien et qui avaient osé diffuser Monsieur Tout Blanc le jour de la mort de Sa Sainteté le pape Pie XII » !

Le bulletin, qui ne reproduisait que des textes d’émissions, se mue en une revue culturelle : elle reprend des textes d’émissions, mais édite aussi des textes originaux.

Les quatre premières années d’occupation d’un terrain gardé jusqu’alors par les seuls catholiques allaient amener une réaction où, avec la complicité de politiciens de droite, de journaux obscurantistes ou réactionnaires, on s’efforça de contenir ou d’annihiler la percée laïque.

La thèse défendue à l’époque par les milieux bien pensants reposait sur l’idée selon laquelle la notion de laïcité dépassait largement l’application qui en avait été faite, que la laïcité recouvrait tout ce qui ne relevait pas de la cléricature, que les associations sociales, culturelles, familiales de toute provenance, du moment qu’elles se trouvaient fondées hors de l’autorité immédiate de l’Église catholique, devaient se trouver représentées dans la gestion des émissions « non religieuses ». Bref, on minimisa l’importance du message des laïques engagés et on tenta de les dissoudre dans la masse des laïcs passifs.

Pour les premières années de présence en radio et en télévision, nous avons pu compter sur la collaboration régulière de John Bartier, Roger Chif, Serge Creuz (dessins), Maurice Deliens (dessins et décors), Albert Deman, Fernand Lefèvre, Francine Plumart, Edgard Polomé, Edgard Poot (régie), Claire Préaux, Jacques Rifflet, Paul Tapie, Paul Twisselmann, Marthe Van de Meulebroeke, Jacques Van Hollebeeck (films et photos)

Pour toutes les décisions qui seront prises à partir de 1961, la laïcité doit énormément à Robert Wangermée, directeur général de la RTB depuis 1960 et par la suite, administrateur-directeur général jusqu’en 1984.

En 1961, le nombre d’émissions annuelles télévisées passe de dix-huit à vingt-six.

Comme nous l’avons rappelé plus haut, l’association sans but lucratif La Pensée et les Hommes est fondée le 30 juin 1961. Ses statuts sont publiés dans les annexes du Moniteur belge le 6 juillet 1961 (acte n° 2866). Les membres fondateurs de notre association sont Lucia de Brouckère, René Evalenko, William Fraeys, Jules Haché, Robert Hamaide, Fernand Janson, André Koeckelenbergh, Robert Leclercq, Walter Mondo, Georges Papy, Jean-Omer Piron, Raymond Renard, Frantz Roquet, Pierre Vanbergen, Georges Van Hout. Le siège social est situé au 87 avenue René Comhaire, à Bruxelles.

L’article 3 des statuts définit les buts de l’association de la manière suivante :

« L’association a pour objet de contribuer à la diffusion et au rayonnement des principes de laïcité, de tolérance, de fraternité humaine, de progrès social et scientifique, de libre examen auxquels ses fondateurs sont unanimement attachés. L’association poursuivra la réalisation de cet objectif par tous les moyens qu’elle jugera utiles et notamment par l’organisation d’émissions radiophoniques et télévisées de philosophie et de morale laïques, l’édition de publications périodiques destinées à faire mieux connaître ces émissions. Elle pourra en outre organiser ou participer à l’organisation de conférences, congrès, centres d’études et de documentation, ainsi que de toutes autres initiatives qui lui paraîtront utiles à la réalisation de ses objectifs. »

En sa séance du 1er juin 1961, le conseil d’administration de la RTB reconnaît le principe de l’égalité d’accès aux médias pour les catholiques et les laïques et garantit l’accès pour les israélites et les protestants en tant que groupes culturels. Ce droit d’accès reconnu est égal ou proportionnel à l’importance numérique pour chaque groupe.

La portée de cette décision est primordiale pour l’histoire de la laïcité : au-delà des partis politiques, pour la première fois dans l’histoire de la Belgique, une instance officielle reconnaît des droits égaux aux organisations laïques et aux organisations catholiques.

Le conseil d’administration de la RTB supprime la Commission consultative, en place depuis 1955. Il confie la totalité de la gestion pour les émissions de radio et de télévision à un organisme extérieur, reconnu comme représentatif de la Communauté laïque, l’Asbl, constituée sous le nom de l’émission elle-même, La Pensée et les Hommes. Enfin, il reconnaît l’égalité des droits en durée, fréquence, budget, moyens de production et localisation dans les programmes, pour la tendance religieuse catholique et pour la tendance laïque.

Cette victoire, obtenue après cinq ans de lutte, est historiquement significative. Pour la première fois, dans une démocratie occidentale, un organisme public de radio-télévision reconnaît une association comme représentative de la communauté laïque et lui accorde des droits identiques à ceux de la communauté religieuse catholique. Les laïques flamands n’allaient obtenir cette reconnaissance que quelque vingt ans plus tard ; les laïques de France ne l’ont pas encore obtenue à ce jour…

En 1962, le conseil d’administration de la RTB accorde, sur le deuxième programme radio, cinquante-deux émissions annuelles de trente minutes à La Pensée et les Hommes ; les émissions religieuses catholiques disposaient de cette ouverture à l’antenne depuis une dizaine d’années.

Le conseil d’administration de la RTB, institution francophone dont dépendaient cette année-là les émissions en langue allemande, charge La Pensée et les Hommes de la gestion des émissions radiophoniques de philosophie et morale laïques à destination de la Communauté germanophone (une émission mensuelle de trente minutes), dont l’animatrice sera pendant très longtemps Annie Kestelyn.

En 1962, La Pensée et les Hommes lance les premières émissions (radio et télévision) consacrées à la contraception et au planning familial. Le sujet restait tabou dans les médias : le traiter était pragmatiquement passible du Code pénal. Comme le docteur Lagroua Weill-Hallé avait évoqué ces questions à la télévision française, La Pensée et les Hommes l’invite à Bruxelles. L’émission, la première en Belgique à aborder publiquement le sujet, déclenche des réactions en chaîne. Mme Lagroua Weill-Hallé est reçue dans les milieux laïques belges. La Famille heureuse est fondée. Tous les médias publics s’emparent du sujet : l’interdit est levé ; et, peu après, les articles du Code pénal relatifs à l’information sur les moyens contraceptifs se trouvent réformés. Aucun responsable de la télévision officielle n’aurait pris le risque de programmer un pareil sujet. Il s’est trouvé libéré par le coup d’audace de La Pensée et les Hommes.

La Pensée et les Hommes est cofondatrice de l’Asbl La Famille heureuse.

Son siège social est transféré au 40 boulevard Clovis à Bruxelles.

Parmi les sujets pour lesquels La Pensée et les Hommes va militer, avec des moyens de diffusion extrêmement puissants pour l’époque et compte tenu du vide antérieur, relevons :
– l’assistance morale à l’armée ; 
– l’assistance morale aux détenus ;
– l’assistance morale généralisée ;
– le droit à l’interruption volontaire de grossesse ;
– la suppression du recours à la divinité dans le serment prononcé en justice ;
– la reconnaissance nationale de la laïcité, au même titre que les institutions religieuses (ici, c’est le Conseil d’administration de la Rtb qui avait donné l’exemple), etc.

Dans les feuilles bien pensantes, à l’agenda de la radio-télévision, l’émission était, ou bien annoncée « à proscrire absolument », ou était bien purement et simplement ignorée. Parfois La Libre Belgique, reprise par Vers l’Avenir et L’Appel des Cloches, n’hésitaient pas, pour mieux les dénoncer, à falsifier certains de nos textes d’émission et à récidiver lors de la publication des droits de réponse (voir la revue La Pensée et les Hommes, 6e année, n° 5, octobre 1962).

Ayant conclu une émission sur Ingmar Bergman (1961) par la phrase : « Aide-toi, car le ciel ne t’aidera pas ! », Georges Van Hout eut droit à un éreintement sur deux colonnes dans La Libre Belgique où il fut présenté comme le « monsieur Homais » de la radio-télévision. Lorsque, pour la première fois, il fut question de contraception à la télévision, Georges Van Hout est qualifié comme suit par le même plumitif : « ce Monsieur qui n’aime pas les enfants, encore qu’il fasse profession de vivre de ceux des autres » (il était alors préfet d’athénée).

Les représentants des radio-télévision laïque, catholique, israélite et protestante adhèrent à un accord sur le droit de diffuser tout message valable, quelle que soit son inspiration sociale, morale ou philosophique, quitte à le présenter sans ambiguïté et à informer pleinement le public de manière à ne pas le surprendre ou le choquer sans avertissement.

La déclaration commune affirmait :

Le progrès ne résulte pas de la restriction de la liberté de penser ou de s’exprimer librement, mais bien de la connaissance adéquate de la réalité, permettant à l’homme de fonder son jugement et de motiver son action.

Dans une société pluraliste, toute information, toute croyance sincère, toute œuvre d’art doit pouvoir être communiquée, quel que soit son engagement particulier.

Toute « censure » au sens strict est d’ailleurs interdite par notre Constitution ; elle est, de plus, contraire à l’esprit de nos lois et de nos mœurs politiques et sociales.

Cet accord, rendu public au cours d’une conférence de presse, mettait fin à un conflit en cours à la RTB à propos de la diffusion des films Jules et Jim et À bout de souffle. Les milieux de la RTB ne virent pas cet accord aussi favorablement qu’on pourrait l’imaginer : la querelle en cours prenait fin et parmi les journalistes, chaque camp s’estimait « grugé ». Cette fois, le Conseil d’administration reporta la diffusion d’À bout de souffle, initialement prévue pour le 13 novembre 1963.

Revu aujourd’hui, le texte n’énonçait que des évidences. Il va de soi que, sans cet accord, les principes de la programmation auraient évolué exactement de la même façon, quoique plus lentement au début. Son plus grand mérite aura été de nous épargner une « guerre des ondes » inutile et de contraindre dès lors les politiciens à découvrir d’autres terrains de conflit pour justifier leur vigilance.

À la RTB, en télévision, le dépôt d’un texte écrit avant la diffusion de l’émission était obligatoire, comme il l’était en radio avant 1956. Lorsqu’au cours d’un débat – ô combien spontané ! – un participant s’écartait de son rôle, il s’attirait les observations du préposé qui même, parfois, menaçait de couper l’antenne. L’extension de l’enregistrement par magnétoscope allait officiellement et de facto supprimer cette contrainte.

Lorsque Franco fait garrotter le communiste Grimau (1963) La Pensée et les Hommes se propose de diffuser un éditorial télévisé à ce sujet. Il lui est opposé l’article 25 de la loi du 18 mai 1960, l’émission étant considérée comme une offense à l’égard d’un chef d’État étranger. L’exécution de Grimau a alors été remplacée par l’évocation de l’assassinat juridique de Francisco Ferrer (1909), dans la même Espagne accablée par une autre tyrannie. Et dans le contexte d’indignation où l’exécution de Grimau avait plongé l’opinion publique en Belgique, tout le monde a compris l’allusion. Par contre, en 1975, c’est en toute liberté que Max Gallo est venu parler à nos antennes des crimes de Franco.

Nous avons connu quantité de censures humiliantes sur les mots. Le Dictionnaire philosophique de Voltaire, notamment, fut expurgé, ad usum delphini. Les expressions telles que coucher avec… ont dû être supprimées ; nombre de verbes à l’indicatif furent remplacés par des conditionnels. Le préposé de la RTB possédait une certaine habileté dans le décalage des modalités adverbiales : le certainement devenait probablement, et assurément engendrait peut-être, etc. Nous avons subi ces mesquineries sans trop sourciller : si elles ne changeaient guère le sens, le fait de les accepter nous permettait quand même de diffuser nos textes. Pour preuve que La Pensée et les Hommes avait raison sur ce point : aujourd’hui, une telle censure est devenue impensable.

Le nombre d’abonnés à la revue dépasse le nombre de trois mille.

De manière discrète, se constitue un groupe informel comprenant des catholiques progressistes et des laïques engagés. Les participants conviennent de se rencontrer plusieurs fois par an pour discuter, en toute franchise, des problèmes sur lesquels il convient d’éclaircir les positions. Ce groupe et ceux qui en sont issus par essaimage ont fonctionné durant neuf ans ; il s’y est établi des relations d’estime, de respect mutuel et parfois d’amitié.

En 1964, La Pensée et les Hommes est cofondatrice de la Fondation pour l’Assistance morale aux détenus.

En 1965, la RTB nous accorde annuellement, pour les émissions télévisées, vingt-six rediffusions, une par émission.

Certains sujets tels que la contraception, l’éducation sexuelle, en bref tout ce qui touchait à la sexualité ne pouvait être diffusé à une heure où l’âme de l’enfant téléspectateur risquait la souillure : l’émission se trouvait alors reportée après les dernières informations du soir. Cette publicité indirecte était, sur le plan de l’audience, on ne peut plus profitable. Aujourd’hui, ce mode de gestion regrettable se trouve officiellement abandonné.

En 1966, nous célébrons (avec un peu de retard) le dixième anniversaire de notre existence. Une grande séance publique est organisée à la RTB avec un concert sur le thème Mozart et la musique maçonnique. L’orchestre est dirigé par Edgard Doneux.

La pièce de l’auteur suisse Rolf Hochgut intitulée Le Vicaire avait fait scandale à Paris. Elle mettait directement en cause la passivité du pape Pie XII sous l’occupation nazie au sujet des persécutions antisémites.

Alors que des troubles se produisent dans le théâtre qui met en scène la pièce à Bruxelles, un débat sous le signe des deux émissions (la RTCB et La Pensée et les Hommes) fut proposé à Albert Zech, directeur des émissions catholiques. Cette rencontre s’est déroulée sur antenne le 13 avril 1965. Du côté catholique, il y avait l’historien Léon Halkin et l’abbé Zech ; pour les laïques, ont pris la parole l’historien John Bartier et Georges Van Hout. Le débat, petit à petit, s’est orienté vers les causes historiques de l’antisémitisme. S’est alors produit, en direct, un événement tout à fait imprévu : Albert Zech, avec une émotion bouleversante, a reconnu la responsabilité historique de l’Église catholique dans l’histoire de l’antisémitisme. Tout en la distinguant très nettement de la monstruosité nazie, il a déploré l’influence que l’Église d’autrefois avait pu exercer sur les attitudes du présent. Et ce fut, cette fois, contre les paroles sincères de l’abbé Zech que réagirent les intégristes catholiques de la bonne presse…

Il est alors décidé, entre la RTCB et La Pensée et les Hommes, d’organiser un débat annuel. Cette tradition s’est perpétuée jusqu’en 1975.

Toujours à propos du Vicaire, le Vrije Woord (notre équivalent flamand) n’avait pas obtenu l’autorisation d’aborder le sujet à la BRT. La Pensée et les Hommes lui a alors accordé l’hospitalité dans sa propre tribune, permettant ainsi à nos amis flamands de s’exprimer à la fois sur Le Vicaire et sur la censure.

Le même genre d’interdiction devait intervenir deux fois encore : La Pensée et les Hommes a ainsi dépanné le Vrije Woord en lui prêtant un film sur Ce que je crois de Jean Rostand et une production sur Bruegel, philosophe humaniste.

En juin 1967, La Pensée et les Hommes entend rendre un hommage particulier aux victimes laïques de l’incendie de l’Innovation. Ces personnes non croyantes avaient bien été comprises dans l’hommage national, rendu par l’État belge dans une cérémonie à caractère religieux. Comme certaines victimes étaient connues comme membres de l’obédience maçonnique mixte Le Droit Humain ou comme des athées ou des agnostiques déclarées, notre association organisa un hommage particulier. Cet événement a pris une grande importance dans le mûrissement d’une conscience d’appartenance laïque.

De son propre hommage, La Pensée et les Hommes conserve un « logo » : la chouette du tétradrachme athénien (gardant les yeux ouverts dans les ténèbres).

Depuis 1955, grâce au rôle privilégié des médias, La Pensée et les Hommes était, aux yeux de l’opinion publique, le principal organisme laïque apparent. Comme en témoigne le courrier que nous recevions, il résulta de cette situation de nombreux appels réclamant des interventions dans quantité de problèmes individuels ou collectifs. Ce fut notamment le cas pour l’hommage aux victimes de l’incendie de l’Innovation.

Les responsables de La Pensée et les Hommes ont toutefois toujours refusé de pousser leur mission plus loin qu’ils ne l’avaient définie. Les dossiers ont chaque fois été transmis aux groupements laïques compétents (mais ces groupes faisaient défaut pour certaines matières). Les responsables de notre association, notre président Robert Hamaide en tête, s’efforcèrent alors d’impliquer les milieux laïques dans la création d’un organisme coordinateur et représentatif. Une première prospection « sur le terrain » fut entreprise dès 1967, mais elle n’aboutit pas.

À la suite de nombreux contacts, un regroupement de toutes les associations laïques est enfin organisé en 1969. C’est avec un profond soulagement et un vibrant enthousiasme que notre association participe le 29 mars 1969 à la création du CAL (Centre d’Action laïque), dont Robert Hamaide (qui avait décliné la présidence pour éviter toute confusion) devient le premier vice-président. La structure de base du CAL s’inspirait de celle qui avait permis la mise en place de La Pensée et les Hommes une quinzaine d’années plus tôt : elle associait par cooptation de tous les groupements reconnus comme laïques.

Pour les émissions du deuxième programme, notre association ne souhaitait pas prendre la charge d’une émission hebdomadaire, comme le faisait la radio catholique, et ceci pour des raisons de disponibilité et de possibilités budgétaires. Toutefois, en 1970, elle se ravise et réclame la possibilité de programmer une émission hebdomadaire sur la deuxième chaîne. Le conseil d’administration de la RTB estime alors, à juste titre, qu’il ne convient pas de saturer une chaîne de divertissement par des programmes de tendance. Les émissions philosophiques et religieuses disparaissent simultanément du deuxième programme de radio.

La Pensée et les Hommes est cofondatrice de la Fondation pour l’Assistance morale laïque (1970).

Célébration du quinzième anniversaire de La Pensée et les Hommes en 1971. Un concert public est organisé à la RTB. Au programme : Mozart, sous la conduite d’Edgard Doneux.

En 1975, La Pensée et les Hommes est, au plan communautaire, reconnue « organisme d’éducation permanente » par le ministre de la Communauté française (Maurice Dehousse).

La revue atteint son maximum d’abonnés (environ quatre mille). Jean-Omer Piron en abandonne la direction, qui est confiée à Jacques Lemaire. À l’intérieur de l’association, un Conseil de rédaction et de programmation est mis en place pour évaluer et inspirer le contenu de la revue et des émissions.

Vingtième anniversaire, célébré en 1976. Nouvelle séance publique à la RTB : l’oratio maçonnique Carmen Secularæ de Philidor est exécuté dans la grande salle de la place Flagey sous la direction d’Edgard Doneux.

Création de l’Asbl Les Amis de La Pensée et les Hommes qui officialise une situation remontant à une quinzaine d’années : le soutien permanent apporté par un groupe de laïques actifs et sympathisants. De 1976 à 1978, cette association d’aides à nos activités est présidée par Georges Chevalier ; André Askenazi lui succéda. Aujourd’hui, la présidence en est assumée par Anne-Marie Geritzen.

À propos de la revue, constitution en 1976 d’un conseil de spécialistes en publicité, pour nous aider à assurer un apport de moyens favorables à l’équilibre financier de la revue.

Au cours de l’année 1979, les associations religieuses demandent la diffusion d’une émission radiophonique à caractère œcuménique, destinée aux malades et aux isolés. Dans un premier temps, les laïques sont exclus de ce type de productions.

Malgré un supplément d’engagement financier de notre part, La Pensée et les Hommes accepte la gestion parallèle d’une émission laïque hebdomadaire de trente minutes : Penser, c’est vivre, diffusée sur la troisième chaîne de la radio.

Le 17 septembre 1979, disparition de Robert Hamaide, président fondateur et président en charge de notre Asbl pendant vingt-quatre ans.

Pour fêter le vingt-cinquième anniversaire, en 1981, est représentée en séance publique à la RTB la pièce d’Euripide Les Troyennes, dans une adaptation de Jean le Paillot (Georges Van Hout) et de Paul Danblon. En 1954, cette œuvre avait également servi à commémorer en le vingtième anniversaire du Jeune Théâtre de l’ULB. Pour la même occasion, la régie des Postes édite un timbre commémoratif dont le thème iconographique concerne la chouette athénienne ; on y retrouve aussi une représentation du « flambeau » du CAL.

Après un accord passé avec l’ULB, le siège de l’association est transféré au 105 avenue Buyl, sur le campus de l’Université.

L’autonomie culturelle, affirmée par la Constitution belge et concrétisée par les lois de 1980, allait donner aux émissions flamandes des moyens infiniment plus considérables que ceux dont nous disposons. L’association correspondant à La Pensée et les Hommes est Het Vrije Woord, géré par l’Humanistisch Verbond.

Par une politique de concentration dans l’utilisation des instruments de production, la Belgische Radio Televisie, qui deviendra la Vlaamse Radio Televisie, a sauvegardé un important potentiel de création culturelle ; par ailleurs, alors que la reconnaissance complète de la laïcité et de ses droits à l’antenne n’ait été consacrée que quelque vingt ans après la décision francophone, le conseil d’administration de la BRT prenait la décision la plus équitable qui aurait pu s’imaginer, mais qui n’a jamais été adoptée à la RTB : sur le budget global de la BRT, il est attribué par émission produite une part égale à celle qui serait théoriquement revenue à la BRT.

L’intégration du message télévisuel dans la vie quotidienne a considérablement réduit l’intérêt du public pour la chose écrite en général. La situation actuelle de la presse en témoigne. Dès lors nombre d’abonnements à la revue s’est progressivement réduit jusqu’au nombre de mille sept cents (1984), ce qui malgré tout reste appréciable pour une revue culturelle francophone en Belgique.

Pour assurer la permanence de la revue et la pérennité de sa diffusion, les dix numéros mensuels ont été transformés en trois livraisons par an, sous forme de dossiers thématiques. Jusqu’en 2002, ces trois volumes annuels ont été édités par les Éditions de l’Université de Bruxelles. Depuis, leur impression et leur diffusion sont assurées par les éditions « Espace de Libertés », qui dépendent du CAL.

En collaboration avec l’Union des Anciens Étudiants de l’ULB et l’Extension de l’Université de Bruxelles, nous avons organisé à Namur, les 29 et 30 novembre 1984, un colloque sur le thème « Naissance, Vie, Mort. Quelle liberté ? ».

Sans aucune compensation financière, la RTBF charge La Pensée et les Hommes d’une émission bimensuelle de dix minutes en télévision. Cette émission passe tard sur les écrans, puisqu’elle est diffusée après le journal télévisé de fin de soirée.

En 1984, La Pensée et les Hommes atteint sa production annuelle maximale, avec

– 52 émissions radio (30 min.) sur le premier programme ;
– 52 émissions radio (30 min.) sur le deuxième programme ;
– 12 émissions radio (30 min.) sur le programme en langue allemande ;
– 26 émissions télévisées (30 min.) sur le programme de la RTBF ;
– 26 rediffusions télévisées (30 min.), sur Tele 21 ;
– 26 émissions télévisées (10 min.) sur le programme de la RTBF (après le JT2) ;
– 3 dossiers de 150 pages chacun, diffusés par abonnement et par vente au numéro.

Parmi les collaborateurs réguliers, citons Jacques Cels, Jacques Dossogne, Thierry Genicot, Anne-Marie Geritzen, Georges Goriely, Gilbert Hottois, Fernand Lefèvre, Jacques Lemaire, Nicole Rosel, Raymond Trousson, Marc Wilmet, Marthe Van de Meulebroeke, Jacques Van Hollebeek (films et photos).

En collaboration avec l’Union des Anciens Étudiants de l’ULB et l’Extension de l’Université de Bruxelles, nous organisons à Bruxelles les 2 et 3 décembre 1988 un colloque ayant pour titre « Le français et les Belges ».

Compte tenu de l’autonomie culturelle des Communautés, La Pensée et les Hommes décide de transférer la gestion des émissions en langue allemande, dénommées Wir und die Zeit, à l’association Humanistische Präzens, siégeant à Eupen. Elle continue toutefois à soutenir financièrement les émissions en radio en les garantissant contre d’éventuels déficits.

La multiplication des chaînes par le câble a créé une concurrence écrasante dans le choix des programmes. Depuis longtemps, la radio a cédé la prééminence à la télévision ; mais elle garde sa fonction, notamment pour la réception en écoute particulière (en voiture par exemple).

En 1955, le public belge recevait trois chaînes de télévision (dont deux francophones) ; en 1992, il en reçoit une trentaine (et parfois davantage), dont dix francophones. L’écoute des émissions de philosophie et morale laïques est dès lors tombée au voisinage de 40.000 auditeurs en moyenne. Ce qui reste malgré tout important puisque aucune réunion, aucun colloque ne rassemblera jamais une pareille audience.

En 1992, Anne-Marie Geritzen reprend la réalisation de l’ensemble des émissions radiophoniques, tant sur La Première que sur Radio 3 (RTBF) jusqu’en 2014.

En mars 1993, Georges Van Hout, estimant que ses trente-huit ans de prestations sont largement suffisants, décline un renouvellement possible de son mandat. Il est remplacé, au poste de président, par Jacques Lemaire.

En juin 1993, notre association met sur pied une séance d’hommage à Georges Van Hout, cofondateur de l’association, en charge de diverses fonctions depuis 1955. Le titre de président fondateur honoraire lui est conféré.

En 1994, l’ULB met à notre disposition les locaux du 5 avenue Victoria, sous les frondaisons du Bois de la Cambre et dans le voisinage immédiat du Centre d’études des religions et de la laïcité de l’Université.

À la demande du CAL, un accord est passé en 1996 entre le CAL, le Centre laïque de l’audiovisuel et La Pensée et les Hommes, pour la diffusion, en fin des émissions télévisées de trente minutes, d’une bande-annonce des activités laïques.

Pourquoi s'abonner ?

1. Dans l’ensemble des publications laïques, La Pensée et les Hommes occupe une place originale : notre revue se veut un pôle de réflexion approfondie. Elle sollicite la collaboration des meilleurs spécialistes et propose toujours, en dehors de toute polémique agressive, un éventail de solutions ou de perspectives auxquelles les laïques peuvent se rallier. Lire La Pensée et les Hommes, c’est se tenir au courant des grandes données intellectuelles de notre temps, c’est s’offrir la possibilité d’un choix raisonné sur les questions que nous pose notre monde, notre vie.

2. Il est plus avantageux de s’abonner que de se procurer les ouvrages à la pièce  (l’achat des volumes séparés revient à 60 € min., sans les frais de port).  Avec un abonnement annuel à 40 € pour la Belgique et 50 € pour l’étranger (ou davantage pour un abonnement de soutien), vous recevez les ouvrages chez vous, par la poste, et vous serez ainsi assurés de ne manquer aucun numéro.

3. En apportant un soutien à la revue de La Pensée et les Hommes, c’est à l’ensemble des activités de notre association que vous témoignez votre attachement, c’est le travail de tous, en radio et à la télévision, que vous soutenez et que vous encouragez…

Comment s'abonner ?

En effectuant un versement au profit du compte de La Pensée et les Hommes Asbl en indiquant la communication « abo 2021 ».

Le prix de l’abonnement annuel s’élève à 40 € (Belgique),  
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