De 1964 à la création du Centre d’Action laïque

En 1964, La Pensée et les Hommes est cofondatrice de la Fondation pour l'Assistance morale aux détenus.

En 1965, la RTB nous accorde annuellement, pour les émissions télévisées, vingt-six rediffusions, une par émission.

Certains sujets tels que la contraception, l'éducation sexuelle, en bref tout ce qui touchait à la sexualité ne pouvait être diffusé à une heure où l'âme de l'enfant téléspectateur risquait la souillure : l'émission se trouvait alors reportée après les dernières informations du soir. Cette publicité indirecte était, sur le plan de l'audience, on ne peut plus profitable. Aujourd’hui, ce mode de gestion regrettable se trouve officiellement abandonné.

En 1966, nous célébrons (avec un peu de retard) le dixième anniversaire de notre existence. Un grande séance publique est organisée à la RTB avec un concert sur le thème Mozart et la musique maçonnique. L’orchestre est dirigé par Edgard Doneux.

L’affaire du Vicaire

La pièce de l’auteur suisse Rolf Hochgut intitulée Le Vicaire avait fait scandale à Paris. Elle mettait directement en cause la passivité du pape Pie XII sous l'occupation nazie au sujet des persécutions antisémites.

Alors que des troubles se produisent dans le théâtre qui met en scène la pièce à Bruxelles, un débat sous le signe des deux émissions (la RTCB et La Pensée et les Hommes) fut proposé à Albert Zech, directeur des émissions catholiques. Cette rencontre s’est déroulée sur antenne le 13 avril 1965. Du côté catholique, il y avait l'historien Léon Halkin et l'abbé Zech ; pour les laïques, ont pris la parole l’historien John Bartier et Georges Van Hout. Le débat, petit à petit, s'est orienté vers les causes historiques de l'antisémitisme. S'est alors produit, en direct, un événement tout à fait imprévu : Albert Zech, avec une émotion bouleversante, a reconnu la responsabilité historique de l'Église catholique dans l’histoire de l'antisémitisme. Tout en la distinguant très nettement de la monstruosité nazie, il a déploré l'influence que l'Église d'autrefois avait pu exercer sur les attitudes du présent. Et ce fut, cette fois, contre les paroles sincères de l'abbé Zech que réagirent les intégristes catholiques de la bonne presse…

Il est alors décidé, entre la RTCB et La Pensée et les Hommes, d’organiser un débat annuel. Cette tradition s’est perpétuée jusqu’en 1975.

Toujours à propos du Vicaire, le Vrije Woord (notre équivalent flamand) n’avait pas obtenu l'autorisation d'aborder le sujet à la BRT. La Pensée et les Hommes lui a alors accordé l'hospitalité dans sa propre tribune, permettant ainsi à nos amis flamands de s'exprimer à la fois sur Le Vicaire et sur la censure.

Le même genre d'interdiction devait intervenir deux fois encore : La Pensée et les Hommes a ainsi dépanné le Vrije Woord en lui prêtant un film sur Ce que je crois de Jean Rostand et une production sur Bruegel, philosophe humaniste.

L’hommage aux victimes laïques de l’incendie de l’Innovation

En juin 1967, La Pensée et les Hommes entend rendre un hommage particulier aux victimes laïques de l'incendie de l'Innovation. Ces personnes non croyantes avaient bien été comprises dans l'hommage national, rendu par l'État belge dans une cérémonie à caractère religieux. Comme certaines victimes étaient connues comme membres de l’obédience maçonnique mixte Le Droit Humain ou comme des athées ou des agnostiques déclarées, notre association organisa un hommage particulier. Cet événement a pris une grande importance dans le mûrissement d'une conscience d'appartenance laïque.

De son propre hommage, La Pensée et les Hommes conserve un « logo » : la chouette du tétradrachme athénien (gardant les yeux ouverts dans les ténèbres).

Depuis 1955, grâce au rôle privilégié des médias, La Pensée et les Hommes était, aux yeux de l'opinion publique, le principal organisme laïque apparent. Comme en témoigne le courrier que nous recevions, il résulta de cette situation de nombreux appels réclamant des interventions dans quantité de problèmes individuels ou collectifs. Ce fut notamment le cas pour l’hommage aux victimes de l’incendie de l’Innovation.

Les responsables de La Pensée et les Hommes ont toutefois toujours refusé de pousser leur mission plus loin qu'ils ne l'avaient définie. Les dossiers ont chaque fois été transmis aux groupements laïques compétents (mais ces groupes faisaient défaut pour certaines matières). Les responsables de notre association, notre président Robert Hamaide en tête, s'efforcèrent alors d'impliquer les milieux laïques dans la création d'un organisme coordinateur et représentatif. Une première prospection « sur le terrain » fut entreprise dès 1967, mais elle n’aboutit pas.

La création du Centre d’Action laïque

À la suite de nombreux contacts, un regroupement de toutes les associations laïques est enfin organisé en 1969. C'est avec un profond soulagement et un vibrant enthousiasme que notre association participe le 29 mars 1969 à la création du CAL (Centre d’Action laïque), dont Robert Hamaide (qui avait décliné la présidence pour éviter toute confusion) devient le premier vice-président. La structure de base du CAL s'inspirait de celle qui avait permis la mise en place de La Pensée et les Hommes une quinzaine d’années plus tôt : elle associait par cooptation de tous les groupements reconnus comme laïques.

<< Décembre >>
Lu Ma Me Je Ve Sa Di
  1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24 Christmas Eve
25 Christmas Day 26 Boxing Day 27 28 29 30 31

 



2017 - REVUE 106

AMORETUM.
L'ÉCOSYSTÈME DES AMOUREUX DU BONHEUR



2017 - REVUE 107

CONCILIER ISLAMITÉ ET CITOYENNETÉ EN WALLONIE.

COMMENT ? AVEC QUI ?

 

Design by panda - Powered by CMSimple-xh